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  • Enseigner

    akira mizubayashi,une langue venue d'ailleurs,récit,autobiographie,apprentissage,japon,france,montpellier,paris,tokyo,culture,extrait« Je commençai donc à enseigner le français. Gagner ma vie en enseignant le français, l’objet d’une passion indestructible, c’était le bonheur. Dans un pays comme le Japon où, dans le contexte de l’hégémonie excessive de l’anglais, le français, comme d’ailleurs d’autres langues, n’a pas véritablement le statut de « langue vivante » dans les collèges et les lycées, le cours de français en université, dans toute sa gamme allant de la grammaire élémentaire à l’analyse de textes littéraires, était pour moi – et il l’est toujours – moins l’occasion solennelle de donner des connaissances que le moment de rencontre avec des jeunes gens où je mettais tous les moyens en œuvre pour transmettre mon amour du français, ma passion inépuisable pour cette langue, pour la littérature bâtie sur elle ou en elle, et enfin pour tout l’univers social et humain qui n’est tel que par la médiation de la langue qui m’habite mais que je contemple, en même temps, de l’extérieur. Mon rôle consiste en effet, non pas à instruire les étudiants en les dotant de connaissances fatalement fragmentaires, mais plutôt à susciter et provoquer chez eux le désir de sortir d’eux-mêmes pour aller à la rencontre de l’espace de ces connaissances mêmes. »

    Akira Mizubayashi, Une langue venue d’ailleurs

  • Ensemble

    gallay,les jardins de torcello,roman,littérature française,venise,torcello,jardins,nature,culture,extrait« La porte de la maison rose était grande ouverte, à l’intérieur les furettes faisaient ami-ami avec le chat. Maxence leur a mis des colliers anti-tiques.
    Aurélia a raison, c’est le monde des Bisounours ici. Jess sourit. Si Colin lui redemande ce qu’elle aime le plus dans la vie, elle répondra : le vivant, sous toutes ses formes, animale et végétale. Et pas seulement, elle aime aussi ce qui porte le vivant, l’eau, les pierres.
    Elle veut passer sa vie à comprendre comment tout fonctionne ensemble, le près et le lointain, le terrestre et le marin, l’animal, le végétal et l’humain, le soleil et la neige, et le vent. »

    Claudie Gallay, Les jardins de Torcello

    Panorama de l'île de Torcello dans la lagune de Venise,
    avec le campanile de la cathédrale Santa Maria Assunta (Photo Godromil / Wikimedia)

  • Pour toujours

    Barnes The Only Story.jpg« Un premier amour détermine une vie pour toujours : c’est ce que j’ai découvert au fil des ans. Il n’occupe pas forcément un rang supérieur à celui des amours ultérieures, mais elles seront toujours affectées par son existence. Il peut servir de modèle, ou de contre-exemple. Il peut éclipser les amours ultérieures ; d’un autre côté, il peut les rendre plus faciles, meilleures. Mais parfois aussi, un premier amour cautérise le cœur, et tout ce qu’on pourra trouver ensuite, c’est une large cicatrice. »

    Julian Barnes, La seule histoire

  • S'interroger

    hustvedt,les mirages de la certitude,essai,littérature anglaise,états-unis,neurosciences,problématique corpsesprit,cerveau,pensée,critique,biologie,philosophie,expérience,questions,culture,extrait« On peut donc à bon droit s’interroger : pourquoi se soucier de ce qu’est l’esprit ? Il est manifeste que beaucoup de gens vivent leur vie sans gâcher une minute de sommeil à se poser cette question. Or elle est importante, me semble-t-il, parce que la solution qu’on lui apporte a, de manière plus ou moins visible, des conséquences dans de nombreuses disciplines. Par exemple, si les problèmes mentaux relèvent du cerveau et non de l’esprit, pourquoi avons-nous la psychiatrie pour soigner l’esprit et la neurologie pour le cerveau ? Pourquoi pas une seule discipline consacrée au cerveau ? Chaque jour nous apporte des informations nouvelles en provenance des confins de la science du cerveau, de la génétique et de l’intelligence artificielle, et le contenu de ces rapports est déterminé par la façon dont chaque savant comprend le problème corps/esprit. 
    Il est devenu évident à mes yeux que définir l’esprit est une nécessité cruciale dans de nombreuses sortes de recherches. »

    Siri Hustvedt, Les mirages de la certitude

  • Un jour

    stifter,le sentier dans la montagne,nouvelle,littérature allemande,xixe,folie,santé,nature,montagne,bois,bonheur,amour,culture,extrait« A mi-chemin entre la grande falaise et la prairie de la Cloche, se trouvait une large pierre plate sur laquelle Tiburius aimait à se reposer. Là, le sol était sec et sur les grands troncs élancés, le soleil faisait de magnifiques jeux d’ombre et de lumière.

    Un jour, Tiburius aperçut, de loin, quelqu’un déjà installé à sa place favorite. C’était, lui sembla-t-il, une vieille femme comme les peintres en placent souvent dans leurs tableaux de forêts. Quelque chose de blanc, posé à ses pieds, devait être un ballot. En s’approchant, il reconnut son erreur. »

    Adalbert Stifter, Le sentier dans la montagne