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Belgique

  • Suis-je le seul

    carême,maurice,nonante-neuf poèmes,poésie,littérature français,belgique,écrivain belge,cultureSuis-je le seul au monde
    A vouloir renverser
    Le temps comme on renverse,
    A table, un sablier ?
    Sans fin, je vais de l’ombre
    Au midi le plus franc
    Et, des branchages noirs,
    Entassés dans mon cœur,
    Montent de toutes parts
    Des oiseaux et des fleurs.

    Maurice Carême, Suis-je le seul au monde (Le Sablier, 1969) in Nonante-neuf poèmes

  • Poèmes de Carême

    Nonante-neuf poèmes, c’est le titre de l’anthologie consacrée à Maurice Carême (1899-1978) publiée l’an dernier dans la collection Espace Nord. Le poète belge « de l’enfance », sa grande source d’inspiration, n’est pas réservé aux enfants, comme on l’a parfois cru. Simplicité n’est pas simplisme, rappellent dans la postface Rony Demaeseneer, Christian Libens et Rossano Rosi, qui ont choisi les textes de ce recueil.

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    Maurice Carême au bord de la Dyle à Ottignies
    photo de Jeannine Burny © Fondation Maurice Carême 

    De l’instituteur-poète né à Wavre (dans le Brabant wallon, il y est enterré) et décédé à Anderlecht (commune bruxelloise) où il a enseigné pendant vingt-cinq ans, avant de vivre de sa plume, l’anthologie permet de découvrir ou redécouvrir une poésie de « clarté profonde », suivant l’intitulé d’un colloque organisé à Bruxelles en 1985. La fondation Maurice Carême assure sa promotion depuis 1975, je vous recommande son site.

    En lisant le premier poème, « A Ispahan », un sonnet, – « Où, qui, comment, pour qui, pourquoi ? » –, je me souviens de ce qui m’avait frappée, enfant, quand j’ai lu ou appris par cœur des vers de Maurice Carême : on pouvait donc jouer avec les mots et ça faisait de la poésie ! On pouvait aussi, à sa suite, associer des mots commençant par la même lettre, comme dans « Alphabet », pour s’amuser ou pour inventer le monde ; il était moins simple de trouver rimes et bon rythme, la musique. Pour un certain K, maître du jeu poétique, j’en cite juste une strophe :

    « I   c’est l’ibis berçant son île,
    J   le jardin sans jardinier,
    K   le képi du chef kabyle,
    L   le lièvre fou à lier. »

    Des fleurs et des animaux, des ciels et des soleils, des nuages, la nature entre sans frapper dans la poésie de ce contemplatif :

    « Le bois est tout bleu de jacinthes.
    On croit respirer en plein ciel.
    Les bouleaux sont comme des saintes
    Qui se penchent sur un missel. »
    (Jacinthes)

    Pas de lumière sans ombre, pas de vie sans inquiétude : le temps passe, on vieillit. Poignant « Cimetière militaire ». Impeccable « D’où venons-nous ? »

    « Qu’a-t-on perdu, qu’a-t-on gagné
    A l’étrange jeu de la vie ? 
    Ne perd-on, avec les années,
    Jusques à l’envie de gagner ? »
    (Le ciel s’est tu…)

    « Pendant que je vis, des gens meurent.
    Des gens vivront quand je mourrai.
    C’est tellement simple, mon cœur,
    Que tu ne le crois qu’à moitié. » (Ma rue)

    Un être reste, du début à la fin, l’axe premier de l’existence : la mère, « bénie entre toutes les femmes ». Lisez « La main de ma mère », c’est si juste, si beau. Maurice Carême ne craint pas de dire les émotions, il est de ceux qui osent écrire avec le cœur, parler d’amour, nommer la mort. Il nous emmène aussi dans le rêve et l’imaginaire – « La porte en feuilles mortes ».

    Le poète jongleur de mots, qui sait n’être « ni Villon ni Verlaine », sans « art poétique », aime citer ses poètes préférés :

    « Laissons rêver Apollinaire
    D’aller aux îles Samoa
    Avec les quatre dromadaires
    De Pedro d’Alfaroubeira
    Et regardons fuir les nuées
    Et danser les fleurs de lilas
    Qui meurent comme des fumées
    Dans les yeux verts de notre chat. »
    (Laissons rêver Apollinaire)

    Enfin, je ne voudrais pas taire le grand rire de Maurice Carême : « Savez-vous ce qui est comique ? », « Le crayon bizarre », « Les canards », « L’heure du crime », « Ponctuation »… Ce ne sont pas poèmes de carême.

    « Rien à dire ?
    Si pardi !
    Qu’il faut rire,
    Rire ici,
    Rire au chien,
    Au hibou,
    Rire à rien,
    Rire à tout,
    Aux nuages,
    Aux vieux houx,
    Rire en sage,
    Rire en fou. (…) »
    (Rire)

    Je n’ai jamais visité la « maison blanche » du poète à Anderlecht, maison-musée de la Fondation Maurice Carême : ce serait pourtant une jolie façon de prolonger la lecture de ces Nonante-neuf poèmes, un jour ou l’autre.

  • Boutiques

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    Les Galeries Royales Saint-Hubert, juste à côté de la Grand-Place, honoraient aussi le tapis de fleurs, en exposant des photos des tapis précédents sous la grande verrière de l’architecte Jean-Pierre Cluysenaar. Ces Galeries ont fêté l’année dernière leurs 170 ans et on y célébrera en septembre leur jumelage avec la galerie Vivienne.

    C’est un de mes endroits préférés à Bruxelles. J’en ai même rêvé.

    Avec le temps, les boutiques changent, de plus en plus de chocolatiers belges réputés veulent attirer les millions de passants qui y flânent à toutes les saisons.

     

     

     

    bruxelles,galeries royales saint-hubert,boutiques,librairie,tropismes,galerie des princes,patrimoine,cultureCorné, devenu Corné Port-Royal, y occupe un bel emplacement dans la Galerie de la Reine (ci-contre), mais ce n’est pas le plus ancien : vous trouverez Neuhaus, fondé en 1857, fournisseur de la Cour de Belgique, un peu plus loin dans la même galerie.

     

     

    bruxelles,galeries royales saint-hubert,boutiques,librairie,tropismes,galerie des princes,patrimoine,cultureL’an dernier, les gardiens du patrimoine se sont émus du démontage d’étagères anciennes (1900) qui étaient classées. Une nouvelle boutique de la maison Dandoy de la rue au Beurre (célèbre fabricant belge de biscuits et de spéculoos) s’est installée au début de la Galerie du Roi, avec un très beau décor.

     

     

     

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    Elle occupe l’ancien emplacement de la Librairie des Galeries, librairie d’art qui a dû fermer. Il reste aux amoureux des livres – et encore pour très longtemps, j’espère – l’excellente librairie Tropismes, dans la Galerie des Princes, où l’on découvre, feuillette et achète des livres dans une atmosphère incomparable. Irrésistible.

  • Un tapis de fleurs

    Les touristes étaient encore plus nombreux que d’habitude sur la Grand-Place de Bruxelles le 17 août dernier : depuis 1971, le tapis de fleurs y est un événement bisannuel très apprécié. On le réalise aux alentours de l’Assomption (celui-ci du 16 au 19 août 2018). Près d’un million de bégonias sont mis en place en quatre heures environ. Cette année, le dessin était d’inspiration mexicaine, aux couleurs de Guanajuato.

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    Rue du Marché aux Herbes : à droite, entrée des Galeries royales Saint-Hubert ;
    1e rue à gauche, rue de la Colline, menant à la Grand-Place de Bruxelles

    En entrant sur la Grand-Place par la rue de la Colline, où les commerces de souvenirs et pour touristes grignotent année après année les vitrines disponibles, on découvre aux pieds de l’Hôtel de Ville (XVe siècle) le grand tapis de fleurs (77 mètres sur 24) que chacun veut regarder de près : commentaires, photos et selfies vont bon train.

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    L'Hôtel de Ville, Grand-Place de Bruxelles

    Peut-être avez-vous l’occasion d’admirer ce genre d’installation éphémère près de chez vous ? La Grand-Place de Bruxelles, inscrite depuis 1998 au Patrimoine mondial de l’Unesco, fournit un magnifique écrin au tapis de fleurs et les Bruxellois aussi ne manquent pas d’en faire le tour pour admirer le dessin du tapis sous tous les angles et en même temps lever les yeux vers les belles façades tout autour. Une entrée payante permet de l’admirer du haut du balcon de l’Hôtel de Ville, paré de décorations florales pour l’occasion.

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    De face, 1 à 7, Grand-Place de Bruxelles

    Depuis leur restauration, les façades des maisons 1 à 7, du « Roy d’Espagne » au « Renard » – chacune de ces anciennes maisons de corporation porte un nom – ont retrouvé leur splendeur : « Plus de 30.000 feuilles d’or ont été déposées par des artisans pour redonner aux statues, médaillons et autres éléments décoratifs leur brillance originelle. » (BrusselsLife.be)

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    En haut du Roy d'Espagne, Grand-Place de Bruxelles

    Seule façade de la Grand-Place sans pignon, la « Maison du Roy d’Espagne » est surmontée d’une balustrade portant des statues de personnages mythologiques, devant une tour-lanterne octogonale. Se détachant sur un beau ciel d’azur et de nuages, la jeune femme jouant de la trompette tout au-dessus a fière allure.

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    La Maison du Roi, Grand-Place de Bruxelles

    Dos à l’Hôtel de Ville, on a un beau point de vue sur la « Maison du Roi », reconstruite au XIXe siècle dans le style néo-gothique. Des bannières reprenant quelques affiches « Belle époque » (dont « L’abeille d’or » admirée à Flora’s Feast) invitent à visiter l’exposition actuelle du Musée de la Ville de Bruxelles, situé dans cette maison prestigieuse : une collection particulière d’affiches cédées aux archives de la Ville en 1934 (des originaux et des fac-similés, à voir jusqu’au 3 septembre).

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    En montant sur un des perrons de la « Maison des Ducs de Brabant » (en réalité, on compte sept maisons derrière cette façade baroque monumentale du XVIIe siècle), on a une belle vue de la Grand-Place et de son tapis de fleurs – certains n’hésitent pas à y grimper sur le garde-fou en pierre bleue pour prendre une meilleure photo d’ensemble (comme l’auteur de celle-ci) avant de la quitter.

    Deux jours plus tard, deux activistes ont fait irruption sur le tapis de fleurs, à la manière des Femen, pour protester contre l’enfermement d’enfants dans le nouveau centre fermé pour familles en situation irrégulière à Steenokkerzeel.

  • Rénovation

    estivales,2018,schaerbeek,promenade guidée,quartier des fleurs,maison ajoux,architecture,art déco,modernisme,culture,rénovationLa rénovation de l’immeuble au 416 du boulevard Lambermont, entre le quartier des Fleurs et le parc Josaphat, est à présent terminée ; il comporte cinq appartements (prix de vente : près de deux millions d’euros). Que de changements par rapport à la première façade montrée sur une photo ancienne !

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    D’abord maison bourgeoise de style éclectique d’inspiration Art nouveau (1912, E. Van Nooten), elle a été transformée en 1937 en maison de rapport de style Art Déco par l’architecte Adolphe Staatje. Le bas-relief en céramique entre les fenêtres du troisième étage est d’origine, et aussi « la remarquable grille du jardinet, à lignes Art nouveau, chapelet de boules et motifs de lances » (Inventaire du Patrimoine architectural).