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Belgique - Page 3

  • Tobias Spierenburg

    Après avoir lu « Les brumes silencieuses de Tobias Spierenburg » par Gwennaëlle Gribaumont dans La Libre Arts du 4 mars dernier, où elle présente l’exposition en cours à la galerie Albert Ier, j’ai immédiatement cherché le site de cette galerie bruxelloise et j’y ai découvert un univers pictural très attirant. Un catalogue reçu m’avait un jour fait visiter une expo de loin, une critique le peut aussi. 

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    © Tobias Spierenburg, Roseaux II, huile sur toile, 80 x 200 cm.

    Né en 1977, d’une famille de peintres, cet artiste néerlandais à première vue paysagiste « déploie une peinture de l’effacement où l’arbre, dépouillé d’horizon, devient pure vibration. » (Citations tirées de l’article et du site de la galerie). Après l’immersion dans le paysage, où il prend parfois quelques photographies, c’est plus tard, dans l’atelier, que le souvenir fait naître la toile : « En peignant, j’essaie tout d’abord de rapprocher l’ambiance de ce souvenir le plus nettement possible, jusqu’à ce que l’image devienne diffuse, qu’il ne reste que de la lumière, et que je sois amené à chercher une autre harmonie de couleurs. »

    « […] et je peins couche après couche afin d’obtenir une profondeur indéfinissable, pour me rendre compte que ce que je peins, c’est mon état d’âme du moment. » Sensation de flottement, apesanteur, flou – « une esthétique de la disparition », écrit la critique, et aussi un appel à la contemplation, au calme, voire à la méditation. Ces jours-ci, le brouillard matinal nous y invite aussi, en ville.

    On peut lire sur le site de la galerie plusieurs textes de Tobias Spierenburg, artiste qui paraît « indifférent aux modes et aux prescriptions du marché ». Le peintre y parle de ses influences, de son art. Il peint aussi des dunes, des nuages. « Souvent, il faut tout un chemin pour accéder à une harmonie naturelle. J’emploie beaucoup de couches transparentes de peinture pour arriver à des couleurs plus subtiles. Ainsi je prends le temps de donner un caractère travaillé à mes peintures dans lesquelles j’essaie de créer des atmosphères poétiques, simples et silencieuses ».

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    © Tobias Spierenburg, Vallée I, huile sur toile, 92 x 65 cm

    Le site de la galerie Albert Ier offre de nombreuses illustrations. Sur celui de la galerie Jamault qui le représente en France, Tobias Spierenburg parle de son travail dans une petite vidéo. « Ses œuvres nous livrent un antidote à la saturation du monde, nous offrant la beauté de l’imperceptible, ce qui n’apparaît qu’à ceux qui acceptent de ralentir », écrit Gwennaëlle Gribaumont. 

    Exposition Tobias Spierenburg, Galerie Albert Ier, Bruxelles > 05.04.2026

     

  • Amis du patrimoine

    Ohé, amis du patrimoine ! Le nouveau gouvernement de la Région bruxelloise enfin formé, voilà que la presse nous informe d’une mesure qu’il a prévue : se passer de l’avis de la Commission royale des Monuments et des Sites, chargée de conserver et de protéger le patrimoine. Certains propriétaires s’en réjouissent, selon une info RTBF.

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    Dans Le Soir : « Un affront au patrimoine » : une mesure prévue par le nouveau gouvernement bruxellois crée la polémique.
    « Le gouvernement bruxellois prévoit de supprimer l’avis conforme de la Commission Royale des Monuments et des Sites (CRMS). Une trentaine d’associations dénoncent « un recul historique » et un risque de graves dérives. » (Le Soir Immo, 23/2/2026)

    Dans La Libre Belgique : « Supprimer l'avis conforme de la Commission royale des monuments et des sites : un feu vert à la bruxellisation 2.0 »
    « Le nouvel exécutif bruxellois a annoncé dans son accord de majorité son intention de supprimer l'avis conforme de la Commission Royale des Monuments et des Sites (CRMS). Si elle devait être confirmée, cette décision constituerait un recul historique pour la protection du patrimoine bruxellois. »
    « Protéger le patrimoine, ce n'est pas figer la ville : c'est garantir que son évolution reste respectueuse, durable et démocratique ! »
    « Bruxelles mérite mieux que la bruxellisation 2.0. »
    (La Libre Belgique, 23/2/2026)

    Sur le site de la CRMS, une lettre ouverte sur « Les paysages urbains historiques bruxellois, un patrimoine en danger » expose en quelques pages et quelques photos les enjeux. « La transition vers la ville de demain offre pourtant des opportunités pour l’amélioration des paysages urbains historiques, en conservant leur valeur patrimoniale et à condition de renoncer à des projets ponctuels et non coordonnés, où la tabula rasa fera tout disparaître. »

    L’an dernier, la polémique autour de la sculpture La Maturité de Victor Rousseau avait fait couler beaucoup d’encre. Celle qui a jugé que cette œuvre d’art publique n’était plus en phase avec la société actuelle et devait être remplacée est depuis peu « secrétaire d’État de l’Environnement et du Climat, de la Rénovation urbaine, du Patrimoine et de la Promotion de l’image de Bruxelles, au sein du gouvernement dirigé par Boris Dilliès. » (Wikipedia)

    Amies & amis du patrimoine, vous pouvez agir en signant la pétition pour sauver « l’avis conforme de la CRMS ». Ci-dessous la liste des associations signataires, que les particuliers sont bien sûr invités à soutenir en se manifestant ici : https://c.org/d2vLYxyXZK

    « Signez et partagez la pétition !
    Le patrimoine, ça nous regarde — aujourd’hui plus que jamais. » (Change.org)

    * * *

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    Textes & prétextes, 18 ans

     

  • Patrimoine belge

    La Fondation Roi Baudouin était l’invitée d’honneur de la Brafa 2026, à l’occasion de ses cinquante ans. Parmi ses différents objectifs au service du « vivre-ensemble », la FRB œuvre pour sauvegarder et pérenniser le patrimoine belge. Quelques-unes des pièces exposées sont présentées dans le communiqué de presse de la Brafa.

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    Cornelis de Vos, Portrait de Jan Vekemans, 1624,
    Huile sur panneau, 122 x 79 cm (FRB / 

    J’en ai choisi trois, ce portrait du XVIIe siècle d’un enfant de cinq ans pour commencer. Acquis en 2006, le Portrait de Jan Vekemans par le célèbre portraitiste Cornelis de Vos a été confié en dépôt au Musée Mayer van den Bergh d’Anvers. Il complète là une importante série de portraits de famille, qui était reconstituée à la Brafa par projection autour de ce tableau des autres portraits. Vous les trouverez sur le site du musée anversois et leur histoire ici.

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    Elisabeth De Saedeleer, Tapis de style Art Déco, 1924, Laine et cellulose,
    104 x 219 cm, FRB / Design Museum Brussels, Bruxelles
    (au-dessus du Fauteuil S3 d’Alfred Hendrickx pour la Sabena, 1958)

    La collection de la Fondation est riche de chefs-d’œuvre que vous pouvez admirer sur son site. Peinture, sculpture, orfèvrerie, bijoux, vases, objets d’art, mobilier, toutes les catégories de la création artistique y sont présentes, de l’art ancien à l’art moderne. J’ai aimé ce tapis de style Art Déco conçu par Elisabeth De Saedeleer (1902-1972), une artiste et designeuse que je ne connaissais pas. 

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    Maquette du Palais chinois de Laeken, 1903-1904, H. 1,8 m, Chine,
    Bois / Filaments à base de bois / Résine synthétique, restaurée en 2024-2025

    Enfin, quel plaisir de découvrir la belle maquette du Palais chinois de Laeken restaurée en 2024-2025 à l’initiative de l’ASBL Palais chinois et des Pays des Routes de la Soie, avec le soutien de la FRB. Réalisée par des artisans de Shanghai à l’échelle 1/10, cette maquette en bois fait rêver. On aimerait tant que ce bâtiment jadis appelé le « pavillon chinois » ainsi que la « Tour japonaise » de Laeken retrouvent leur splendeur d’antan après des années d’abandon. Vous trouverez sur le site de la China House son histoire, des photos et la présentation de la restauration prévue de 2026 à 2028.

  • De Moore à Rodin

    C’est au Middelheim, parc de sculptures d’Anvers, que j’ai vu pour la première fois les personnages à la fois humains et abstraits, aux formes organiques, du sculpteur anglais Henry Moore (1898-1986). Vous avez sans doute déjà vu l’une de ses figures allongées souvent monumentales, sa « forme signature », comme celle du jardin de la Fondation Gianadda à Martigny. La galerie Boon de Knokke exposait à la Brafa deux petits formats attachants qui datent de la même époque, Mère allongée et enfant de 1979 et Femme assise et enfant de 1980 (ci-dessous).

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    © Henry Moore, Femme assise et enfant, 1980, bronze,
    15 x 12,5 x 21 cm, Boon Gallery

    Lors d’éditions précédentes de la Brafa, j’ai découvert l’art de Goudji (°1941), orfèvre et sculpteur français d’origine géorgienne. Ce Toro de fuego en argent martelé et repoussé, jaspe, aventurine, sodalite, agate (42,5 x 27 x 11,5 cm) illustre bien sa manière qui ajoute à la technique de la dinanderie l’incrustation de pierres dures dans le métal. Non seulement pour la cape colorée de ce taureau imaginaire, mais aussi pour ses cornes, ses yeux, sa langue. D’autres pièces sont montrées sur les sites d’Ary Jan et de la galerie Capazza.

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    Goudji, Toro de fuego,1941, argent martelé et repoussé, jaspe, aventurine, sodalite, agate,
    42,5 x 27 x 11,5 cm, galerie Ary Jan

    La nature et le temps, les éléments sculptent la matière minérale. Nous avons observé à la galerie Stone (Pays-Bas), spécialisée dans les cristaux, fossiles et météorites, des pyrites de grande taille aux étonnants cristaux cubiques. Curiosité naturelle, ce lapis lazuli veiné de blanc, très décoratif, se dressait sous un fossile impressionnant.

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    Stone Gallery

    Revenons à l’art avec un sculpteur symboliste belge, George Minne (1866-1941), dont on connaît de nombreuses figures agenouillées, comme celles de la fameuse fontaine de Gand, sa ville natale. Ce sont souvent des adolescents graciles. J’ai été ravie de découvrir chez Thomas Deprez cette Baigneuse en bois de buis, très bien présentée sur une sellette entre des chaises art nouveau (Horta ?). Vous la verrez sous différents angles sur le site de la galerie et en grand sur celui de la Tribune de l’art.

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    Au milieu : George Minne (1866-1941), Baigneuse I, 1899, Buis - 40 cm, Thomas Deprez Fine Arts

    Enfin, Univers du Bronze propose toujours de belles choses pour les amateurs, notamment des sculptures animalières parmi lesquelles figurait un chat couché, un petit bronze de Steinlen comme je les aime. Mais ce qui m’a le plus impressionnée, c’est cette magnifique Tête de Balzac par Rodin (1840-1917), « avant dernier état », dite aussi « Variante S1652 » (détails dans le dossier de presse (pdf) de la galerie).

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    Auguste Rodin, Tête de Balzac, avant dernier état, Bronze à patine brun vert richement nuancé
    19,4 x 18,5 x 18,2 cm 
    Épreuve ancienne signée "A Rodin", fonte au sable et travail probable d'Auguste Griffoul vers 1897-1903)

    Ce bronze à patine brun vert richement nuancée  était présenté entre deux versions d’une tête de femme : Hanako, une actrice populaire japonaise qui s’est produite dans toute l’Europe au début du XXe siècle. Masque d’Hanako, patine verte à l’antique sur un socle de marbre aux veines mordorées, est la plus ancienne (1920-25) de ces deux fontes posthumes qu’on pouvait comparer avec une Tête  à la patine plus foncée. Le musée Rodin compte une cinquantaine de portraits d’Hanako dans divers matériaux et techniques.

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    Auguste Rodin, Masque d'Hanako, étude type E 1907-1908,
    bronze patiné vert à l'antique, 17,9 x 11,4 x 11,9, Univers du Bronze

    De Moore à Rodin, j’ai suivi ici l’ordre de ma visite à la Brafa. A part Goudji, ces artistes ont tous connu deux siècles. Quelle riche période pour l’art dans les dernières années du XIXe siècle et le début du XXe !