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nature

  • Ciels de Provence

    En ce dernier mois d’été, la Drôme nous a prodigué chaleur et lumière à profusion, avec quelques orages en soirée. Avant de vous raconter mes lectures et autres découvertes, voici  quelques ciels de Provence. Je vous en avais déjà montré ici, mais rien de moins lassant à mes yeux que les peintures célestes, du matin au soir.

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    Plus d’une fois, le ciel s’habillait différemment côté montagne et côté plaine : devant la maison, l’azur envoyait paître les nuages, tandis qu’à l’arrière, ils moutonnaient encore au-dessus du paysage en silhouette.

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    J’hésite à choisir entre ces tableaux d’un soir, les voilà tous les deux. Un spot s’allume entre des champs de nuages, au-dessus des oliviers. Derrière les verticales d’un profil déjà dans l’ombre, de vastes trouées claires composent un décor changeant.

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    Course de cumulus ou concours du blanc le plus pimpant ? On en oublierait de regarder, en bas, les courbes douces de la Drôme provençale et les lignes d’abricotiers, d’oliviers, de lavandes et de vignes.

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    D’une minute à l’autre, certains soirs proposent un festival de nuances. Zoom sur un nuage poudré, avant de remarquer que derrière lui s’élance une piste lumineuse.

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    Qui dialogue le mieux avec les nuages, si ce n’est l’arbre ? Quelle noblesse dans ce grand pin penché sur ses terres ! Entre deux champs de lavandes taillées, les couronnes des arbres en bord de route répondent aux rondeurs du ciel et de la terre.

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    Pour terminer, voici un coucher de soleil à grand spectacle. Le paysage se dore, se cuivre à ses derniers feux. Tout semble s’éteindre ensuite, quand tout à coup la toile immense se remet à flamboyer – le peintre du ciel a mis toute sa fougue dans ce moment magique. Et puis vient la nuit.

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    Merci pour vos passages et commentaires en mon absence. A jeudi pour un billet de lecture & à bientôt sur vos blogs.

  • Montagne magique

    En passant d’Andalousie en Estrémadure, en direction de Ségovie, nous voyons de part et d’autre de la route des herbes déjà fort sèches et des cultures blondies. Le vert des arbres semble d’autant plus intense. Là où on a déjà moissonné, les balles de foin, rectangulaires, sont empilées sur le champ même, sans bâche protectrice.

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    Repérées sur la carte, des étendues d’eau nous ont attirés dans la province de Badajoz, vers l’Embalse de La Serena : c’est « le plus grand réservoir espagnol de nappe d’eau » (Wikipedia). Le paysage est magnifique, nous nous sommes arrêtés pour l’admirer et prendre des photos. 

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    De loin, j’avais repéré une colline boisée et je la gardais à l’œil, comme si j’avais découvert une mystérieuse pyramide, avant de découvrir sa forme parfaitement conique. Quelle ne fut pas ma surprise, plus nous nous en approchions, de découvrir que la route menait droit sur elle, en passant sur un pont !

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    En fait, le Cerro Masatrigo est une île au milieu du réservoir de la Serena. Du sud vers le nord, on la contourne par la droite, du nord vers le sud, par l’autre côté. Vous en trouverez de nombreuses photos sur la Toile, prises de la terre ou du ciel et à toutes les saisons. Inoubliable, cette « montagne magique » restera parmi les souvenirs marquants de notre voyage.

  • Vieux pommier

    marie gillet,aussitôt que la vie,listes de la colline et au-delà,journal,provence,marche,promenade,nature,observation,réflexion,mémoire,résilience,culture,littérature française,récit« J’avais devant moi une image parfaite du printemps : un magnifique vieux pommier en fleurs au milieu d’un pré d’un vert éclatant. J’étais heureuse de pouvoir éprouver cette joie de le voir et de n’en être point blasée. Cette beauté était là avant que j’arrive et si je n’étais pas venue, elle aurait quand même existé parce qu’elle est une vie en elle-même : les fleurs qui deviendront des fruits, les abeilles butinant pour nourrir leur reine féconde, emportant du pollen ailleurs et tout ce qui va avec, les saisons qui s’écoulent, la pluie, le vent, le soleil, les oiseaux, cette vie à laquelle je n’ai pas d’autre part que la contemplation. J’ai repris la marche mais sans me presser pour l’aller voir de près. Je me suis arrêtée à quelques pas pour le saluer encore, de loin encore, comme on le faisait à la Cour pour le Roi. »

    Marie Gillet, Aussitôt que la vie

  • Aussitôt que la vie

    « Marcher, c’est écouter, suivre une trace, sentir la douceur de la terre ou l’arête des pierres, boucler une boucle, aller en ligne droite ou faire un détour, chercher le chemin, trouver le chemin, revenir en arrière, repartir en avant… […] » Ainsi commence Aussitôt que la vie de Marie Gillet, qui vient de paraître.

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    Entre ciel et terre (source)

    Ce journal d’une marcheuse « entre Maures et Garlaban » en Provence, tenu durant le mois de février, est écrit « sur le tracé des mots », ceux qu’elle note dans son carnet « promeneur » – écrire et marcher sont inséparables pour la narratrice. Cette amoureuse des carnets précise qu’ils « ne servent pas pour la nostalgie seulement mais pour l’action d’écrire », ce sont « des herbiers de mots, des dictionnaires personnels, des bibliothèques de traces ».

    Des listes de mots à propos des fleurs, des arbres, des couleurs, aident à raconter le chemin, les imprévus, les paysages. Marie Gillet se promène « sur la colline et au-delà », comme indiqué en sous-titre : des phrases naissent ensuite de ses pas, où réapparaissent les mots des listes, balises pour rendre ce qu’elle a ressenti tout du long.

    Ce sont les observations d’une visuelle qui aime nommer les choses du monde vivant avec justesse (le blog Bonheur du jour en témoigne à sa façon). La promeneuse ne se limite pas à décrire. En avançant, elle marche avec ceux envers qui elle se sent redevable, par-delà les souffrances de son enfance. Le mistral ravive des souvenirs : « Dès que j’ai habité chez Mètou, j’ai appris à vivre comme on vit ici : avec le vent. »

    « Pendant longtemps, j’ai aimé sans me poser trop de questions cette nature que j’ai beaucoup fréquentée plus pour moi-même que pour elle. » A présent, la marcheuse regarde la nature autrement, attentive à la palpitation des choses, se refusant à cueillir quoi que ce soit, à prendre des photos, tout entière disponible pour les rencontres et les éblouissements du jour.

    Enfant, elle a beaucoup appris en accompagnant « le Chef ». Quand elle a pu se promener sans lui, elle lui rapportait des « butins » dans l’espoir d’un « satisfecit ». Elle ne connaissait pas encore la joie de marcher tranquillement, « gratuitement, pour le plaisir, pour la beauté du monde ». Le bonheur de répondre librement à l’appel du dehors, du champ, de la colline, des arbres.

    Le chêne occupe une place maîtresse dans la mémoire de celle qui a grandi en Ile de France. Après son installation dans le Var, près de Toulon, elle a découvert le chêne kermès, le chêne-liège et surtout le chêne vert au doux nom de « yeuse ». Là où elle vit, la couleur bleue, la préférée, offre tant de nuances qu’elle cherche toujours comment nommer exactement « le bleu du ciel et le bleu de la mer ». Le mot « azur » ne suffit pas.

    « L’air était pur et calme. Il allait faire très beau. Rien ne s’opposerait à la lumière. ». Dans le sac à dos de la marcheuse, en plus du carnet, il y a toujours un livre, pour accompagner les pauses, les moments de contemplation. Le texte s’interrompt parfois pour de courtes citations, comme cette troisième strophe des Arbres d’Yves Bonnefoy (dans Ce qui fut sans lumière) où bat le cœur du récit.

    Aussitôt que la vie doit son titre à un passage de l’Odyssée dont Marie Gillet s’est souvenue devant « une immense prairie d’asphodèles » sur une terre brûlée par un  incendie deux ans auparavant. Là aussi – dans le texte et devant les fleurs – les mots vibrent, indiquent une direction : laisser derrière soi ses propres enfers pour aller vers la lumière.

    Voici une œuvre d’une profonde sérénité, d’un grand calme intérieur, en contraste avec la tension dramatique de Nous, long roman d’un conflit familial. Tout en mouvement, regard, mémoire, accueil de ce qui se présente et méditation, Aussitôt que la vie est aussi, d’une autre manière, le journal d’une résiliente. En quelque deux cents pages, Marie Gillet nous invite à regarder la beauté où qu’elle soit et à retrouver dans la nature un chemin de vie.