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Bruxelles

  • La Fonderie

    journées du patrimoine,2019,bruxelles,un lieu pour l'art,culturePour les Journées du Patrimoine 2019, La Fonderie (Molenbeek-Saint-Jean) sort exceptionnellement de ses réserves des pièces qui évoquent le travail d’une ancienne fonderie d’art bruxelloise de réputation internationale, la Compagnie des bronzes. On y prévoit aussi des visites guidées en langue des signes, comme dans beaucoup d’autres endroits.

    Ce musée bruxellois des industries et du travail expose jusqu’en octobre des photographies de Patrice Niset : « La Gueule de l’Emploi ». Le photographe montre en grand format les nobles « gueules », les gestes et les univers d’artisans et de travailleurs qui participent au dynamisme de la ville.

  • Patrimoine & art

    La brochure des prochaines Journées du Patrimoine, les 14 & 15 septembre à Bruxelles, est arrivée dans ma boîte aux lettres. Je la conserverai. Le thème de 2019 est très alléchant : « Un lieu pour l’art ». Endroits à visiter, conférences, promenades, concerts… Le choix est vaste pour qui s’intéresse au patrimoine bruxellois et aux arts, beaux-arts ou autres. Au fil des pages, j’ai noté quelques découvertes qui m’ont donné l’idée de ce billet.

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    En premier, un site passionnant consacré au patrimoine vivant de la forêt urbaine : « Wood Wide Web vous propose d’ouvrir vos yeux : regarder Bruxelles comme si c’était une forêt. » Complémentaire à l’Inventaire du patrimoine naturel qui présente les arbres remarquables de la région bruxelloise, Wood Wide Web a toutes sortes de documents et de photos à vous proposer, comme l’histoire d’un merisier « gardien d’une porte de la forêt de Soignes ». Savez-vous qu’il existe aussi des jumelages entre des arbres ?

    Le cinéma Palace vient de renaître, au boulevard Anspach. Depuis sa construction en 1913, il a connu plusieurs affectations. Arkadia y organisera des visites guidées. Le Palace est aussi sur le parcours d’un jeu de piste « sur les boulevards », pour lequel il faut s’inscrire. Les renseignements pratiques figurent dans la brochure ou sur le site des Journées du Patrimoine.

    Toutes sortes de promenades sont prévues, à pied, à vélo, en bus, sur les thèmes du cinéma, du théâtre, des musées et des galeries d’art, des sculptures dans l’espace public – « ces statues que tous voient, mais que personne ne regarde ! » –, des quartiers qui ont inspiré des peintres, sans oublier le street art – les fresques ne manquent pas dans la ville, notamment sur les personnages de bandes dessinées.

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    Les marionnettes de Toone

    Pourquoi pas un « voyage littéraire » sur les traces des écrivains à Bruxelles ? ou au musée Maurice Carême ? Ces Journées du Patrimoine permettent de découvrir les théâtres bruxellois sous un autre angle : histoire du bâtiment, visite des coulisses ou d’espaces d’ordinaire non accessibles au public. Le Théâtre royal de Toone, dans son impasse de l’îlot sacré, représentera Les trois mousquetaires à 16 heures, les deux jours.

    La musique n’est pas oubliée, que ce soit au Conservatoire ou à Flagey, au MIM ou au musée Charlier, entre autres. Poésie-concert aussi à la Bibliotheca Wittockiana : « Le quatuor de violoncelles de Bruxelles TetraCelli propose de vous faire voyager dans l’œuvre de Jean Cocteau. » Il est conseillé de réserver.

    Au Rouge-Cloître à Auderghem, les ateliers d’artistes seront ouverts au public. A Forest, j’aimerais bien visiter l’ancienne maison de Louise de Hem, peintre et sculptrice, dont je vous avais montré un pastel à l’occasion d’une exposition sur les peintresses belges. Après sa mort, son atelier est devenu celui du peintre Victor de Groux. Une restauration est annoncée pour bientôt.

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    Détail du sgraffite de Privat-Livemont au 17, rue Vogler (Inventaire du patrimoine architectural)

    A Schaerbeek, différents peintres ont travaillé à l’Atelier Vogler qui continue à accueillir des artistes. Sa façade avec vitrail et sgraffite art nouveau de Privat-Livemont « s’intègre parfaitement dans une enfilade de maisons de style éclectique ». Une promenade dans la commune sera dédiée aux « maisons et ateliers d’artistes à Schaerbeek ».

    A Saint-Josse-ten-Noode, place Rogier, Belfius art gallery, « la plus grande collection privée d’art belge du pays », propose un parcours à la découverte des femmes artistes dans l’art belge sous le titre « Women. Underexposed » – il faut s’inscrire au préalable. J’espère que cette exposition sera encore accessible par la suite.

    Si vous souhaitez prolonger ce week-end des 14 et 15 septembre par la lecture, les Halles Saint-Géry, « point info des Journées du Patrimoine », abriteront un marché aux livres, avec des promotions spéciales. Sur le site, une carte permet de situer tous les lieux dédiés à l’art de cette édition 2019. Bon week-end aux amoureux d’histoire, d’architecture et des arts !

  • Trois critères

    collection#1,exposition,bibliotheca wittockiana,2019,collection privée,art,peinture,sculpture,culture« Enfin, je n’ai jamais eu de coup de foudre pour une œuvre, mais des chocs émotionnels avec un contrepoids légèrement supérieur, celui de la raison. C’est ainsi que toute décision d’achat d’une œuvre d’art impliquait que celle-ci réponde à trois critères : être originale, provoquer une émotion, et si possible, être intemporelle. »

    Mot du collectionneur, Collection # 1, Bibliotheca Wittockiana, Woluwe Saint Pierre, 29.05.19 > 15.09.2019

     

    Collection#1©Bibliotheca Wittockiana - Camille DE TAEYE, Sans titre,1984, acrylique sur toile

  • Collection #1

    La Bibliotheca Wittockiana expose jusqu’au 15 septembre une collection d’art privée – le titre Collection # 1 en laisse espérer d’autres. Le collectionneur, qui préfère le terme « assembleur », a gardé son anonymat, mais il a écrit un mot aux visiteurs pour présenter sa passion. Il a voulu que sa famille, son épouse et ses quatre enfants, grandissent « dans le beau, la simplicité et le raffinement en excluant ce qu’on appelle communément le luxe, et ce pour leur apprendre à voir. »

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    Entrée de la Bibliotheca Wittockiana

    Entrons dans l’arène avec Toro, toreador de Miquel Barceló, une belle lithographie originale en noir, à côté d’un collage très coloré. Bref préambule au grand mur couvert de 45 œuvres, dans « la tradition des cabinets de curiosités », selon les commissaires de l’exposition. « Il faut essayer de bien voir ce que l’on regarde », écrit leur « assembleur » qui dit n’avoir « aucun instinct de possession ».  Une telle présentation n’y aide pas. Il faut isoler chaque œuvre, se reporter aux légendes fournies avec un schéma, ou alors laisser l’œil et l’esprit flâner, s’arrêter à ce qui attire et puis s’enquérir d’une signature ou d’un titre.

    Même s’il est petit, Paysage à Fontvieille d’André Marchand, attire l’attention dans son cadre doré, entre un dessin géométrique pour une affiche et une aquarelle aux couleurs solaires de Michel Carrade. Des peintres très connus (Jacques Villon, Asger John, Valerio Adami, Jean Fautrier…) voisinent avec des noms que je ne connais pas, des lithographies avec des gouaches, des dessins avec des eaux-fortes, des huiles…

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    © André Marchand, Paysage à Fontvieille, 1943, huile sur panneau (Collection particulière)

    Noëlle Koning fait chanter les couleurs, dit un article sur cette artiste belge inspirée par le bush australien. Pas de titre pour cette peinture, ni pour celle, pas loin, de Camille de Taeye : ce pourrait être « Des hauts et des bas de soie », un des bons mots proposés sur le site qui lui est consacré. En haut du mur, une eau-forte de Pierre Soulages (années 50), au-dessus d’une gouache de Jacques Germain, un peintre dont la signature revient souvent dans cette collection.

    Sur ce grand mur rouge, j’ai aimé Violoniste et piano de Jean Pougny – j’admire toujours quand un univers s’impose dans un petit format (23,5 x 23,5 cm pour cette huile marouflée sur papier) – et adoré ces Oiseaux volant vers le Sud d’Alex Kosta, acrylique et gouache, où apparaissent encore certains caractères sur le papier imprimé (encollé sur toile). Les photos étant interdites, je ne peux malheureusement pas vous les montrer (les illustrations viennent du musée ou de la Toile).

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    Collection #1 © Proux & Malottaux – Obey, Make art not war, 1970, sérigraphie

    Autre découverte pour moi, les petites sculptures en fer blanc peint de Roland Roure, « comme une jonglerie entre les souvenirs d’enfance, les pages du dictionnaire, et l’art populaire » (galerie Mirabilia), un artiste qui « considère la forme “jouet” comme le poète considère la forme “sonnet”, comme le peintre “la peinture à l’huile”, un moyen d’expression. »

    Beaucoup de lithographies originales dans cette collection et une prédilection pour Picasso – trois affiches de son exposition Poteries Fleurs Parfums à Vallauris en 1948 – qui se manifeste aussi dans les Cahiers d’art exposés dans les vitrines et dans cette eau-forte biffée de ses débuts, Le repas frugal (1904 création, 1913 biffure).

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    © Frans Masereel, Grand-Place, Bruxelles, 1961, gravure sur bois

    Changement d’ambiance dans le coin salon aménagé sur un côté de la salle : les œuvres y sont mises en valeur par le décor plus intime et l’espace entre elles. Une aquarelle de Chadwick où on reconnaît les lignes anguleuses du sculpteur ; une gravure magique de Masereel, Grand-Place, Bruxelles (ci-dessus), où des colombes s’échappent des cages du marché aux fleurs : deux admirables lithographies de Spilliaert ; Lieu complexe d’Albert Bitran. Entre autres.

    A l’opposé, un autre recoin met en valeur une lithographie d’une sculpture en inox intitulée L’anneau, d’Emile Gilioli, présentée juste à côté dans une vitrine. Une belle gouache de Poliakoff, Composition verte et bleue (1960), est accrochée là entre deux fenêtres. Dans la vitrine suivante, une sympathique boîte Art Déco de bonbons Becco et un vase en céramique de la même période signé Susie Cooper, d’un joli vert doux.

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    © Susie Cooper, Vase vert en céramique, vers 1930 (Collection particulière)

    La vue de Notre-Dame de Paris du Bruxellois Piet Volckaert est accrochée un peu haut pour bien la regarder ; une gouache de Dora Maar, dont l’œuvre vient d’être montrée au Centre Pompidou, un peu bas. A nouveau, comme devant le grand mur au début, j’ai pensé aux Salons d’antan où il devait être difficile pour certaines œuvres de s’imposer, vu leur position.

    Même si l’expo se poursuit à l’étage, je termine avec une grande huile inattendue et facétieuse de Lionel Vinche : Chagall rabbin joue le ventriloque avec un évêque romain. Ce Belge autodidacte, faussement naïf, a été exposé ici en 2015. Vous le voyez, il y a un peu de tout dans cette exposition estivale hors des sentiers battus. Si la curiosité vous mène à la Bibliotheca Wittockiana, je vous souhaite un coup de cœur pour l’une ou l’autre œuvre de cette collection particulière. Ou, comme pour moi, d’y découvrir des artistes que Collection # 1 m’a donné envie de mieux connaître.

  • Collectionner

    building a dialogue,exposition,art,peinture,bruxelles,banque nationale de belgique,deutsche bundesbank,art contemporain« Lorsque les banques centrales allemande et belge, respectivement dans les années 1950 et 1970, ont pris la décision de commencer à collectionner des œuvres d’art contemporaines, elles n’avaient aucune intention d’entrer dans un débat esthétique et sociologique sur les rapports entre l’art et la vie. Mais on ne peut nier qu’une collection d’art dans un environnement de travail est bien éloignée de l’idée du white cube. Pour les deux institutions, comme à l’époque pour bien d’autres entreprises que l’on qualifiait de « mécènes », il s’agissait à la fois de démontrer leur engagement en faveur des artistes de leur pays et d’offrir à leurs collaborateurs l’opportunité de se frotter aux créations de leur temps. En retour, les artistes ont pu ainsi toucher un public nouveau et élargi, à l’écart des lieux classiquement dédiés à l’art. »

    Catalogue Building a Dialogue, National Bank of Belgium, Deutsche Bundesbank, Bruxelles, 2019 > 15.9.2019