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Bruxelles

  • Le paon-du-jour

    Paon-du-jour.jpgDepuis des années, les papillons ont quasi disparu sur notre terrasse. J’en aperçois parfois un blanc, la piéride du chou, très commune. Un jour, j’ai pu identifier un grand, sombre et spectaculaire gamma, pendant qu’il se reposait contre la vitre.

    Et voici que par une journée très ensoleillée de ce mois de mars, annonçant le printemps, un paon-du-jour est venu visiter les fleurs du laurier-tin : quelle merveille de revoir un si beau papillon ! Une splendeur, comme le dit son nom en grec, aglais io.

  • Un poumon vert

    En ce 19 mars, veille du printemps, les signes du renouveau se multiplient dans mon jardin suspendu, dans les jardinets le long des trottoirs et bien sûr au parc Josaphat. C’est un mercredi après-midi : sous un ciel parfaitement bleu (depuis quelques jours dans le Nord, tandis qu’il pleut dans le Sud), les enfants y sont nombreux.

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    Sur la grande pelouse du tir à l’arc, l’appel de l’herbe est déjà irrésistible, qu’on s’y installe seul, en couple ou en famille. On lit, on scrute son téléphone, on bavarde, on regarde et on est regardé par ceux qui se promènent dans les allées ou se sont installés sur un banc. A gauche de la résidence Brusilia qui domine le quartier de ses trente-cinq étages, vous pouvez voir la flèche de l’église Saint-Servais, en haut de l’avenue Louis Bertrand.

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    Quelques arbres sont déjà en fleurs, j’en aperçois un par-dessus les buissons autour de cet abri. Son toit est soutenu par des colonnes en rocaille imitant des troncs. Une trentaine d’ouvrages de ce type ont été construits dans le parc schaerbeekois au début du XXe siècle, avant la première guerre mondiale, et contribuent à son charme.

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    Ce duo-ci a préféré s’asseoir sur l’herbe un peu plus loin, à l’écart. C’est une bonne place pour admirer les arbres encore dénudés, mais qui offrent déjà ce joli flou printanier au bout des branches, bien visible sur un ciel d’azur.

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    Plus loin, le grand talus au massif de forsythia attire toujours par ses couleurs et ceux qui s’y installent ont une belle vue sur les étangs. Sur la gauche de la photo, on voit que la floraison du magnolia rose pâle a commencé, celle du rose plus foncé, juste à côté, pas encore.

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    En continuant, on arrive au bout des étangs vers la « cascade », où l’eau ne coule plus depuis le percement d’une avenue en amont. On traverse sur quelques pierres plates dans l’eau avant de remonter de l’autre côté du parc. Un ruisseau le traverse mais l’alimentation en eau des étangs circule en circuit fermé.

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    Du jaune, du blanc, que ces couleurs printanières réjouissent le regard au milieu de tout ce vert! Près de la statue de l’élagueur, verdi lui aussi, un groupe d’enfants aux gilets vert fluo découvrent les sculptures du parc avec une guide, un feuillet à la main.

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    Et nous voilà cette fois en bas de la grande pelouse du tir à l’arc. D’ici, on voit bien que le parc s’étire en dessous du boulevard Lambermont, dont on aperçoit les maisons. Au centre de la pelouse, des poubelles dédiées, dans des bacs en bois, invitent au tri sélectif des déchets.

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    Si on traverse l’avenue Louis Bertrand vers le Crossing, le club de football local, on accède à l’autre partie du parc, le Parc de la Jeunesse. Sur cette dernière photo, prise tout près de la chaussée de Haecht et où on retrouve en haut le boulevard et ses maisons, je vous montre le terrain de football pris d’assaut par les enfants en ce mercredi après-midi. Le parc Josaphat est vraiment le poumon vert des Schaerbeekois.

  • L'escalier oublié

    la libre belgique,journal,opinion,simone falanca,l'escalier des juifs,mont des arts,bruxelles,louis titz,aquarelle,histoire,massacre,antisémitismeLe 3 février, une opinion publiée dans La Libre m’a beaucoup intéressée, à propos d’un lieu bien connu dans le centre de Bruxelles, le Mont des Arts. Simone Falanca, auteur et journaliste d’investigation italien, actuellement basé en Belgique, y parle de « L’escalier oublié du Mont des Arts, une histoire enfouie sous le béton ». Au départ, il s’agit d’une aquarelle mise en vente chez Horta le mois dernier : « Rue Ravenstein Bruxelles, vue de l’escalier des Juifs en 1906. Signée et datée: Louis Titz 1906. »

    L’histoire du Mont des Arts et de ses transformations au cours des siècles comporte donc un « escalier des Juifs » méconnu. L’auteur a mené l’enquête et raconte comment « cet escalier avait plus qu’un rôle pratique : il était l’artère d’une communauté ancrée dans la vie économique et sociale de Bruxelles. » J’ai appris ainsi un épisode peu glorieux du XIVe siècle, le massacre de Bruxelles, qui a mis fin brutalement à « la présence juive sur cette colline ». Je l’ignorais.

    Louis Titz, Rue Ravenstein Bruxelles, vue de l’escalier des Juifs, aquarelle, 1906. 

  • Lu dans La Libre

    L’actualité n’est pas drôle ces temps-ci, c’est le moins qu’on puisse dire. Aussi je lis le journal dans l’espoir de mieux comprendre le monde. Souvent, avouons-le, on respire mieux en arrivant aux pages du sport, pour l’un, de la culture, pour l’autre. Voici donc un billet de lecture d’un autre genre, si ça vous tente.

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    « Dans un environnement qui privilégie la célébrité au détriment des expériences réelles, qui a droit à la parole ? Quelles voix sommes-nous prêts à écouter dans un monde saturé de médias ? » (BPS22). « Off Voices » est le titre de l’exposition actuelle, à Charleroi, de « l’artiste sud-africaine blanche Candice Breitz, née en 1972, qui vit et travaille à Berlin » (La Libre). Guy Duplat la présente dans le journal du week-end dernier. C’est le « premier solo show » de Candice Breitz en Belgique. En 2020 elle était à Bonn, en 2022 à Londres.

    A ses vidéos d’accouchements projetées à l’envers – « chaque nouveau-né, dans ce dispositif, semble arraché aux bras de sa mère avant d’être réintroduit lentement dans l’utérus » –, elle donne des noms, eux aussi inversés, de grands dirigeants populistes comme « Pmurt, Nitup, Oranoslob, etc. », pour « continuer à imaginer un monde libéré des chaînes du patriarcat » (Installation Matriarcat utopiste). Sa série « Ghost » où elle a blanchi les peaux noires de cartes postales « exotiques » pour questionner « le privilège blanc » a été critiquée, vue par certains comme un « effacement ».

    Après les nouvelles sportives, le menu culturel du week-end dernier était copieux : « Je doute de moi et cela me rassure... », un grand entretien avec Stéphane De Groodt, si « sympa » – l’adjectif qui lui est le plus souvent associé, signale Francis Van de Woestyne. Un texte d’opinion ensuite, signé Aurélia Gervasoni, étudiante en droit, qui a pris conscience d’être privilégiée par rapport à « la personne qu’elle aime », de nationalité colombienne, pour une demande de visa vers les Etats-Unis (Pmurt, encore). Frédéric Beigbeder ne manque pas d’air, qui déclare à Jacques Besnard : « J’ai l’impression d’être le Claude Lévi-Strauss de la teuf » ! Expo, Musique, Humour… De bonnes pages.

    Lundi, un article inspiré par l’AFP, « De Paris à New York, les grands musées en pleine mutation », était illustré par une photo de deux jeunes femmes prenant la pose pour se photographier au Louvre, devant La Joconde toute petite à l’arrière-plan. Je me pince en lisant que « 80% des 30000 visiteurs quotidiens (limités par une jauge) viennent voir le chef-d’œuvre de Leonard de Vinci et… faire des selfies. » Le Prado de Madrid interdit toute prise de photo, cela paraît la meilleure des solutions pour les musées qui attirent les foules.

    Voilà qui me ramène aux pages « Débats » de vendredi : « Les audioguides détournent-ils l’attention des visiteurs de musée ? » J’ai souvent renoncé à écouter un audioguide parce qu’il m’empêchait de bien regarder. En général, je n’arrive pas à faire les deux en même temps. Quand Geneviève Simon pose la question à Géraldine Barbery, responsable de la médiation culturelle aux MRBAB, celle-ci répond que « oui, cela éloigne de l’œuvre ou de l’intention de l’artiste, mais [que] cela apporte autre chose. » On peut lire au-dessus de sa petite photo : « On essaie de s’adapter à la diversité de la société. » Elle y explique la conception d’un commentaire audio « idéal ».

    En regard, je lis au-dessus de la photo d’Yves Depelsenaire, psychanalyste, essayiste : « Une œuvre d’art se découvre en silence, parce qu’elle dit quelque chose. » Pour lui, « les audioguides sont comme les GPS qui vous conduisent droit au but, vous interdisent de flâner et de découvrir des coins imprévus. » (On peut tout de même les interrompre.) Il recommande la lecture des Dialogues du Louvre de Pierre Schneider (1991). 

    Si j’ajoute que la double page suivante est consacrée à Pascal Quignard, à l’occasion de la publication de son dernier roman, Trésor caché (une rencontre avec Laurence Bertels), vous comprendrez pourquoi je reste abonnée à La Libre depuis tant d’années, heureuse d’y lire les nouvelles et d’y trouver encore des articles de qualité. Et vous, avez-vous un quotidien de prédilection ?

  • Beau petit catalogue

    Brafa Cucuel Femme au bord du lac.jpegLa galerie viennoise Sylvia Kovacek proposait une belle sélection d’œuvres à la Brafa 2025 et, cerise sur le gâteau, en plus de l’accueil sympathique, j’y ai reçu un catalogue de « highlights » que je feuillette avec grand plaisir. De petit format, très soigné, il contient une cinquantaine d’œuvres illustrées en pleine page avec leur notice détaillée en regard. Femme au bord du lac d’Edward Cucuel est une toile impressionniste assez séduisante – j’aime les couleurs du châle, la fleur rouge au corsage. 

    Edward Cucuel, Femme au bord du lac, vers 1910,
    huile sur toile, 80,7 x 64 cm / Galerie Sylvia Kovacek, Vienne

     

    Brafa Moll Bouquet automnal.jpegJ’avais été attirée d’abord par ce lumineux Bouquet automnal avec des asters de Carl Moll : le vase est posé devant une fenêtre ouverte, on y sent l’air passer, non ?  Puis par une vue vénitienne où la mer occupe quasi les deux tiers de la hauteur. Moll faisait partie de la Sécession Viennoise fondée par Josef Hoffman : le catalogue présente aussi plusieurs objets en argent du célèbre architecte du Palais Stoclet (article de La Libre Eco ce week-end).

    Carl Moll, Bouquet automnal avec des asters, vers 1912,
    huile sur carton, 33 x 31 cm / Galerie Sylvia Kovacek, Vienne

     

    Brafa Nolde Coquelicots.jpegEnfin, quel bel ensemble d’aquarelles d’Emil Nolde ! Ce sont principalement des fleurs, elles sont toutes illustrées sur le site de Sylvia Kovacek. J’y ai appris que Nolde, après que les nazis l’avaient placé au cœur de l’exposition de « l’Art dégénéré » en 1937, lui avaient interdit totalement de peindre en 1941. Nolde a ignoré cette interdiction* et surnommait ses petites aquarelles de cette période ses « peintures non peintes ». Il y a beaucoup à découvrir sur le site de la galerie viennoise.

    Emil Nolde, Coquelicots, vers 1930-1940,
    aquarelle sur papier japonais, 27,5 x 24,6 cm / Galerie Sylvia Kovacek, Vienne

    *"Le passé trouble d’Emil Nolde, une ombre au tableau" par Pierre Bouvier (Le Monde, 2019), pour une information plus complète (mise à jour du 6/2/2025)