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bruxelles

  • Humaniste

    Van Orley (53).JPGA côté des portraits de cour peints par Bernard van Orley, celui de Georges de Zelle est une superbe évocation de ce jeune intellectuel, futur médecin, qui habitait comme le peintre la paroisse de Saint-Géry à Bruxelles.
    Le portrait d’un humaniste. Le peintre et son modèle étaient probablement amis.

    Bernard van Orley. Bruxelles et la Renaissance,
    Bozar, Bruxelles, jusqu’au 26 mai 2019 

     

    Bernard van Orley, Portrait de Georges de Zelle, 1519, MRBAB, Bruxelles

  • Bernard van Orley

    Bernard van Orley. Bruxelles et la Renaissance est sans conteste une des expositions à voir au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles (Bozar), dans le cadre de l’année Bruegel. C’est la « toute première exposition monographique consacrée à Bernard van Orley, figure-clé de la Renaissance durant laquelle Bruegel a grandi et a été formé. » Ses œuvres venues des quatre coins du monde ont été créées à Bruxelles où ce peintre de la cour était à la tête d’un grand atelier surchargé de commandes : tableaux religieux et portraits, tapisseries et vitraux.

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    Bernard van Orley & atelier bruxellois inconnu, La légende de Notre-Dame du Sablon :
    la statue de la Vierge accueillie en grande pompe à Bruxelles
    , détail, MRBAB, Bruxelles

    Dès le début de l’exposition, une magnifique tapisserie en laine et soie, La légende de Notre-Dame du Sablon : la statue de la Vierge accueillie en grande pompe à Bruxelles (1516-1518), illustre la qualité renommée des tapisseries de Bruxelles. Très coûteuses, ce sont des œuvres de prestige. « Seuls les maîtres-peintres sont autorisés à les concevoir. » (Guide du visiteur)

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    Bernard van Orley & atelier Pannemaker, Passion carrée : La Crucifixion,
    1518-1520, détail, Patrimonio nacional, Madrid 

    Des églises, des confréries de tout le pays commandent des sujets religieux à Bernard van Orley (1487/88-1541). On voit dès ses premières huiles l’influence italienne par l’importance donnée au cadre architectural et aux ornements. En 1518, Marguerite d’Autriche, gouvernante des Pays-Bas méridionaux, l’engage et lui commande, en plus des peintures, des tapisseries « d’un raffinement extrême ». En laine et soie, fils d’or et d’argent.

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    Bernard van Orley & atelier Pannemaker, Passion carrée : Le Portement de Croix
    et Le Christ au jardin des oliviers, détail, 1522, Patrimonio nacional, Madrid 

    La Passion carrée désigne une série de quatre, La Crucifixion et La Déposition en 1518, Le Portement de Croix et Le Christ au jardin des oliviers en 1522. Le style de van Orley évolue, en quelques années, vers une composition simplifiée, des figures plus monumentales, plus dynamiques. J’ai été éblouie par la qualité de ces tapisseries, les couleurs et les nuances, l’expression des visages. C’est très beau. Des gravures de Dürer témoignent des contacts entre les deux peintres qui s’influencent l’un l’autre.

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    Atelier de Bernard van Orley, Sainte Famille, détail, après 1520, MRBAB, Bruxelles

    De grands retables sur des sujets religieux voire historiques – L’adoubement de saint Martin par l’Empereur Constantin ou Charlemagne déposant les reliques de la Passion à Aix-la-Chapelle – voisinent avec des tableaux de petit format, des « œuvres de dévotion ». Avant d’admirer une Sainte Famille du Louvre, où l’enfant Jésus dévoile un sein maternel, j’ai aimé celle attribuée à l’atelier de van Orley, avec ce Jésus joufflu tirant la barbe de Joseph.

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    Bernard van Orley, Polyptique de Job et Lazare, 1521, MRBAB, Bruxelles

    Le Guide du visiteur présente le grand Polyptique de Job et Lazare comme un remarquable mélange de tradition flamande, pour le paysage et la division en plusieurs épisodes, et de Renaissance italienne pour l’architecture et le sens dramatique. Un chef-d’œuvre de la maturité. Il faut tourner autour des retables pour admirer aussi les peintures à l’arrière des volets.

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    Bernard van Orley & atelier Dermoyen, Bruxelles, Les Chasses de Charles-Quint,
    Mars 
    (détail) et Septembre, Le Louvre, Paris

    Et puis voici les superbes tapisseries conçues pour Charles-Quint : douze scènes de chasse, une par mois – Les Chasses de Charles-Quint font 73 mètres de longueur au total ! Le Louvre, qui possède la série complète (sous le titre de « Chasses de Maximilien ») a prêté celle du mois de Mars et celle du mois de Septembre. La première montre Charles-Quint en rouge sur son cheval devant un magnifique panorama de Bruxelles où on reconnaît entre autres la flèche de l’Hôtel de ville.

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    Bernard van Orley & atelier Dermoyen, Bruxelles, La bataille de Pavie.
    Le camp français et la fuite des civils
    , 1525-1531, (détail),
    Museo et Real Bosco di Capodimonte, Napoli

    Une évocation très réaliste de La bataille de Pavie (série de sept tapisseries, Naples) leur fait face. Le grand format de ces tapisseries permet d’y intégrer un luxe de détails sur lesquels l’œil s’attarde : personnages et animaux, arbres et plantes, montures, armes, bâtiments, costumes, visages… La composition, les couleurs, la finesse, quel art ! Les peintures préparatoires sont exposées sous verre dans la salle.

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    D'après Bernard van Orley, Portrait de Marguerite d’Autriche, après 1518,
    Musées Royaux des Beaux-Arts de Belgique, Bruxelles
    Lire "un bref aperçu de sa vie agitée, entre pouvoir et tragédie" sur le site de Bozar

    Deux versions du portrait de Marguerite d’Autriche, celui de son neveu Charles-Quint à quinze ans, les commanditaires de Bernard van Orley, sont présentés avec quelques autres dans la salle suivante. Ces portraits officiels ont été diffusés et copiés à grande échelle et dans divers médias. De quoi attirer vers le peintre de cour et vers son atelier les commandes de notables de l’entourage des souverains.

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    Bernard van Orley, Portrait de Charles-Quint, après 1516,
    Musée du monastère royal de Brou, Bourg-en-Bresse

    Dans les années 1530, le peintre participe encore à la création d’une série de tapisseries sur un thème biblique, la vie de Jacob, avec l’atelier de Guillaume De Kempeneer à Bruxelles. Dans La répartition du bétail entre Jacob et Laban, à nouveau, on admire aussi les scènes annexes dans le bas, dans le haut, sur les côtés : les moutons, les enfants, une paysanne assise près de son panier, les bordures fleuries…

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    Bernard van Orley & atelier Kempeneere, Bruxelles, Histoire de Jacob :
    La répartition du bétail entre Jacob et Laban
    , 1530-1534 (détails)

    Œuvres tardives, œuvres d’atelier, vitraux brièvement évoqués (notamment avec une saisissante tête d’assassin de la cathédrale de Bruxelles), l’univers de Bernard van Orley est lié à sa ville devenue à cette époque « siège de la cour et capitale par excellence des Habsbourg » (Guide du visiteur). Les services du patrimoine bruxellois proposent pour la circonstance un guide et un itinéraire pédestre pour suivre les traces de l’artiste dans Bruxelles au XVIe siècle.

  • Attribué à...

    Dutch Spring (19).JPGParmi les peintures de l’Ecole hollandaise à redécouvrir à l’occasion de « Dutch Spring », ce portrait d’un garçon : Le compteur d’argent, attribué à Willem van der Vliet (Delft, vers 1584 – 1642).

    Sur le site des Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique, on peut voir qu’il a anciennement été attribué à Louis Le Nain, Guido Reni, Fabritius, Nicolas La Fabrique : Ecole des Pays-Bas Septentrionaux.

    Qui nous contera l’histoire de ce compteur ?

    Willem van der Vliet (attribué à), Le compteur d'argent, MRBAB, Bruxelles

  • Printemps hollandais

    Sous le titre « Dutch Spring », les Musées royaux des Beaux-Arts invitent à revisiter leurs collections de l’Ecole hollandaise dans les salles rénovées du Musée Old Masters (ex-musée d’art ancien). On y est accueilli par une délicieuse enfant qui tend le bras vers un plat de cerises, avec un oiseau sur la main, une œuvre de Paulus Moreelse.

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    Paulus Moreelse, Portrait d'enfant, 1637, MRBAB, Bruxelles

    Portraits, paysages, scènes de genre, intérieurs, scènes de bataille sur terre ou sur mer, natures mortes, scènes bibliques ou mythologiques, fleurs, c’est un panorama de la peinture hollandaise du XVIIe siècle, son âge d’or. Exceptionnellement, on peut y découvrir aussi, reconstitué, un grand portrait de famille par Frans Hals. Une exposition de dessins du XVIIIe siècle complète ce « Printemps hollandais » à Bruxelles.

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    Nicolaes Maes, Portraits de Laurent de Rasière et d'Aletta van Hontum, MRBAB, Bruxelles

    Au XVIIe siècle, plus encore qu’au XVIe, le portrait est à la mode. C’est probablement pour leur mariage que Laurent de Rasière et Aletta van Hontum ont commandé leur portrait à Nicolaes Maes, élève de Rembrandt : tous deux se tiennent sur une terrasse devant un paysage, la main droite levée pour tenir une étoffe. Le peintre excelle à rendre leur carnation différente, les ombres qui donnent du relief aux visages et aux mains, ainsi que les matières et couleurs de leurs beaux vêtements. Blason et devise figurent dans un angle supérieur. Souvent, les hommes sont en vêtements sombres, éclairés de dentelles ou de fraises, comme sur le portrait de Nicolaes van Bambeeck par Rembrandt que nous avions montré ici l’an dernier (Les promesses d’un visage).

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    Aert I van der Neer, Les plaisirs de l’hiver, MRBAB, Bruxelles

    S’il est un type de paysage hollandais célèbre, c’est bien le paysage d’hiver quand les eaux sont gelées. Un beau Paysage avec rivière de Jacob van Ruisdael est animé par des animaux, des bergers, des cavaliers en bas d’un chemin qui descend du village sur l’autre rive. Des frères Jan et Andries Both, partis peindre en Italie, un Paysage italien ajoute à l’agrément d’une scène vivante les douces couleurs du crépuscule.

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    Nicolaes Maes, Femme âgée assoupie, MRBAB, Bruxelles

    "La songeuse de Nicolaes Maes, où le tendre éclat du coloris trahit l'influence de Rembrandt"
    (Le musée d'art ancien - Bruxelles, Musea nostra, 1988)

    Pieter de Hooch, admiré pour ses scènes de genre, est représenté au centre de la salle suivante, mais ce qui m’y a le plus retenue, ce sont les deux magnifiques scènes de lecture accrochées sur le mur du fond : La lecture, attribuée à Cornelis Bisschop, et, de Nicolaes Maes encore, Femme âgée assoupie. La première lit, appuyée sur l’accoudoir, concentrée ; la seconde dort, une main sur le livre ouvert. Formidable présence de ces vieilles lectrices !

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    Frans Hals, Portrait de la famille Van Campen - Toledo (E.-U.), MRBAB (Bruxelles), Collection privée

    Et puis voici les fameux portraits de Frans Hals : la restauration du tableau des MRBAB, Trois enfants avec une voiture tirée par un bouc, a fait apparaître sous les repeints latéraux des éléments qui le relient d’un côté à un portrait de famille (musée américain) et de l’autre au portrait d’un garçon (collection privée européenne). Un diaporama permet de suivre sur un écran les étapes qui ont permis de rapprocher ces peintures (il en manque encore une au moins) découpées dans un grand portrait de la famille Van Campen et analyse la belle composition originale de Frans Hals.

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    Frans Hals, Trois enfants avec une voiture tirée par un bouc (détail), MRBAB, Bruxelles

    D’autres peintures de l’âge d’or hollandais sont accrochées sur la suite du parcours, impossibles à photographier. La lumière qui vient des fenêtres en face gêne un peu la vision, malgré les stores. Dans Sermon dans la Oude Kerk de Delft (Emanuel de Witte), je regarde les petits chiens admis à l’intérieur de l’église, les enfants, les bébés dont un au sein ; il s’en passe des choses pendant ce sermon. Où se tenir pour bien regarder Les pèlerins d’Emmaüs par Abraham Bloemaert ? Une « fenêtre » les montre en chemin dans un angle, au-dessus de la table où Jésus ressuscité, assis entre eux, rompt le pain, dans la lumière – une toile de style caravagesque.

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    Jan Davidsz. de Heem, Vase de fleurs, MRBAB, Bruxelles  

    Deux grands noms de la peinture hollandaise de fleurs à la fin du parcours : Jan Davidsz De Heem et Abraham Mignon. Les reflets dans le vase, les insectes sur la tablette, les papillons ou cette étrange rencontre dans un sous-bois d’un écureuil et d’un serpent, tandis qu’un couple d’oiseaux niche dans un creux du chêne – quelle beauté ! Rachel Ruysch a signé la troisième peinture de fleurs, avec des prunes fraîches, couvertes de pruine, au pied du grand bouquet.

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    Abraham van Strij, Vieil homme assis avec une canne, probablement antérieur à 1796
    © Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique, photo J. Geleyns - Art Photography

    A l’étage au-dessus, une salle latérale aux murs rouges (rouge d’Andrinople ?) sert d’écrin à la troisième partie de « Dutch Spring », le « Cabinet des plus merveilleux dessins », 80 dessins du XVIIIe siècle exposés jusqu’au 19 mai : plume et encre, aquarelle et gouache, fusain, les techniques sont variées dans cette sélection parmi les 3600 œuvres de l’Ecole hollandaise que comporte la collection de Jean de Grez, un Hollandais venu de Breda à Bruxelles, donnée à l’État belge. Vous en trouverez quelques-uns illustrés sur le site des Musées royaux des Beaux-Arts, dont ce magnifique Vieillard assis, appuyé sur sa canne, d’Abraham Van Strij.

  • A la Brafa 2019

    Pour commencer l’année en beauté à Bruxelles, rien de tel qu’un tour à la Brafa, au rendez-vous des merveilles des temps anciens et modernes, à profusion. La foire des antiquaires attire de plus en plus de monde à Tour & Taxis : objets de qualité, présentation recherchée, ambiance festive – de quoi s’en mettre plein la vue !

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    Outre le plaisir d’y retrouver des artistes que j’admire, j’apprécie d’y découvrir une signature que je ne connais pas, comme sur cette marine d’Amédée Marcel-Clément, Le canot s’éloigne (1938) – un peintre breton, m’indique la galeriste (Ary Jan) – ou sur un portrait art nouveau d’Elisabeth Sonrel, Beatrix au laurier d’or. Deux petits Fantin-Latour me retiennent là, tout au début du parcours, dont un merveilleux bouquet de roses.

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    Amédée Marcel-Clément, Le canot s’éloigne, 1938, huile sur toile, 60 x 92 cm
    (Galerie Ary Jan, Paris)
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    Fantin-Latour, Roses, 1879, huile sur toile, 27,5 x 35,5 cm  (Galerie Ary Jan, Paris)

    D’un stand à l’autre, on change complètement d’univers. Celui de la Galerie Mathivet, spécialisée dans l’art Déco, présente deux « salons » meublés et décorés d’objets d’art, de belles toiles aborigènes y attirent l’attention. Si j’en avais les moyens, j’acquerrais plutôt cette table basse de Diego Giacometti, avec ses hiboux et ses grenouilles.

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    Vue partielle du stand (Galerie Mathivet, Paris)Brafa 2019 (10).JPG
    Table basse de Diego Giacometti (Galerie Mathivet, Paris)

    Steinitz de Paris offre un décor à l’ancienne de toute beauté : lambris, tissus, meubles, porcelaines de premier choix. Je suis subjuguée par ce Bacchus en terre cuite de Lucas Faydherbe, une figure joviale comme en peignaient les maîtres du XVIIe siècle. Cet artiste malinois a travaillé dans l’atelier de Rubens avant de s’établir dans sa ville natale. Ce buste de sa collection personnelle provient de sa descendance. Quelle expression dans ce visage souriant, quelle souplesse dans le rendu de la chevelure et du drapé !

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    Lucas Faydherbe, Buste de Bacchus, vers 1645. Terre cuite. H 78 cm (Steinitz, Paris)

    L’artiste contemporain invité cette année est le duo des excentriques et inséparables Gilbert & George, avec plusieurs vitraux à leur double effigie. Les superbes décorations florales des allées (photo 1) leur volent la vedette. Des fleurs, on en trouve aussi sur un grand tapis d’Orient suspendu, sur un remarquable collier aux glycines de Philippe Wolfers. Bien sûr, les bouquets peints ne manquent pas : voyez ce Bouquet de branches de cerisier, signé Louis Valtat (vers 1928, galerie Bailly).

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    Philippe Wolfers, Collier aux glycines, art nouveau, vers 1901-1902
    (Epoque Fine Jewels, Kortrijk/Courtrai)

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    © Louis Valtat, Bouquet de branches de cerisier, vers 1928, 73 x 54 cm (Galerie Ary Jan, Paris)

    Chez Francis Maere, on retrouve chaque fois des peintres belges de la fin du XIXe ou du début du XXe. De Spilliaert, présent sur plusieurs stands (beau Parc d’Ostende, à la galerie Jamar), voici un magnifique Arbre en hiver (1919), non loin de Pêcheurs sur le quai d’Anto Carte. De ce peintre que j’aime, mon coup de cœur est Le petit Arlequin présenté à la galerie Lancz – quelle douceur chez cet artiste pour représenter la maternité !

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    Léon Spilliaert, Arbre en hiver, 1919, fusain et crayon sur papier (Francis Maere, Gand)

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    © Anto Carte, Le petit Arlequin, vers 1928, huile sur toile, 100 x 80 cm
    (Photo Lancz Gallery, Bruxelles)

    Oscar de Vos est un autre galeriste belge bien connu de Laethem-Saint-Martin. Il a joliment mis une scène champêtre d’Emile Claus en valeur, au centre du stand : Après la traversée (1899). On y remarque d’abord la vache, puis les canetons, la poule dans un panier près du chemin qui mène au pré. Dans cette composition très réussie, présentée comme une suite à ses Vaches traversant la Lys, la lumière enchante. Chez le même galeriste, on peut voir de grands paysages de Valérius de Saedeleer, des bronzes de Rik Wouters dont une splendide Contemplation, que je vous ai déjà montrée.

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    Emile Claus, Après la traversée, 1899 (Photo Galerie Oscar De Vos, Sint-Martens-Latem)Brafa 2019 (108).JPG
    Rik Wouters, Contemplation, 1911 (Galerie Oscar De Vos, Sint-Martens-Latem)

    Si je m’intéresse surtout aux peintures et aux sculptures, je me suis arrêtée aussi devant bien d’autres objets comme ce petit meuble marqueté, dont je n’ai malheureusement noté ni les références ni l’exposant. La galerie Claude Bernard offre tout son stand à l’orfèvre contemporain Goudji, que j’avais découvert lors d’une édition précédente de la Brafa : animaux, aiguières, plats d’argent sertis de pierres semi-précieuses, son univers est fascinant et intemporel.

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    Goudji à la Galerie Claude Bernard, Paris

    J’ai manqué le corset peint de Frida Kahlo, un grand bouquet de Chagall, une couronne aux épis en bronze doré pour un miroir de Coco Chanel et bien d’autres choses remarquables – l’an prochain, il faudra préparer une fiche ! J’ai bien vu l’épée de Rubens (Fondation Roi Baudouin), une grande encre de Chine de Fabienne Verdier à la Galerie Schifferli qui expose aussi une lumineuse Composition de Geneviève Asse (1968).

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    © Fabienne Verdier, Champs d’énergie, 2013, encre de Chine sur papier Japon
    (Galerie Schifferli, Genève)

    Tant à regarder ! Si cela vous tente, le catalogue de la Brafa 2019 peut être feuilleté sur son site, où certains exposants proposent un tour virtuel. La Brafa se visite à Bruxelles jusqu’à dimanche, ce 3 février 2019.