Derrière l’écran
la vitre
et derrière
éclairé soudain
dans le fouillis du grand bac
le bleu des asters
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Derrière l’écran
la vitre
et derrière
éclairé soudain
dans le fouillis du grand bac
le bleu des asters
Les couleurs fauves de l’automne ne s’affichent pas encore franchement en ce début du mois d’octobre, un mois qui offre souvent une si belle lumière, mais elles s’annoncent.
Au parc Josaphat, la douceur de l’air et les demi-tons s’accordent, caressent les promeneurs, tout comme le bruissement des feuilles dans le vent.
Certains feuillages en dentelle préparent déjà le festival : jaune or, rouge, vert déploieront bientôt toute leur gamme. L’eau verdie de l’étang joue sa note dans ce tableau de saison.
Verticales, horizontales, droites et courbes, lignes, formes, couleurs – même guidée par les jardiniers, la nature est artiste à sa manière. Voilà une photo qui ferait un bon puzzle, pour les amateurs.
Peut-être aussi cet îlot avec ses abris pour la faune locale, qui n’y sera pas dérangée. Les feuillages et les reflets dans l’eau seraient ici les parties les moins faciles à assembler.
En haut de la pelouse qui longe l’avenue des Azalées, leurs oreilles signalent les lapins qui grignotent l’herbe sans se soucier des promeneurs – pourvu qu’ils ne s’approchent pas. S’arrêter, regarder tout ce que la lumière du jour nous montre, par une après-midi d’octobre.
Du bleu vif dans un jeune olivier, quelle était cette surprise ?
Les libellules, nous les apercevons le plus souvent en vol et c’est quand elles s’immobilisent que nous pouvons mieux les regarder.
Alignée sur une branche, ses ailes transparentes peu visibles dans le feuillage, celle-ci, spectaculaire, ne bougeait pas.
Toute à l’émerveillement, je n’osais trop approcher pour la photographier avec mon téléphone, de peur de l’effaroucher.
Le corps strié de ce beau bleu, du jaune sur le thorax et la tête, cette libellule est une aeschne mixte.
J’ai pu l’identifier grâce à une application renseignée par Natagora que j’avais récemment installée et que j’ai utilisée pour la première fois pendant ce séjour en Drôme provençale.
Son utilisation est réservée aux animaux ou aux plantes sauvages : Obsidentify permet de sauvegarder les identifications certaines (100%) et propose sinon d’autres réponses possibles.
Avec ce bel outil, simple à utiliser, j’ai pu observer entre autres le lézard des murailles et la mauve sauvage (que je connaissais),
l’orvet fragile (trouvé mort sur un chemin),
l’azurite, une plante joliment surnommée oursin bleu (que je me contentais d’admirer sans connaître son nom),
l’hypotelephium telephium (ou grand orpin, une crassulacée dont les fleurs sèches se dressaient joliment sur un mur de pierre).
De retour à Bruxelles, quelques instantanés pour partager avec vous le plaisir de se mettre au vert en septembre. Retrouver la Drôme provençale en ce dernier mois de l’été, c’est échanger un jardin suspendu en ville contre les espaces ouverts de ce pays de Nyons où l’on se promène entre les vignes, les oliviers, les lavandes. Mais si l’on monte à Venterol par la rue du Bout du Monde et qu’on emprunte ses ruelles étroites, on peut aussi entrevoir un jardin en pots à l’abri d’un mur.
Pour se rendre à pied d’une autre façon dans ce village plein de charme, on peut cheminer de l’autre côté de la route vers Nyons – la direction est renseignée par l’indication « Nyons-digue » – et puis retraverser la route à hauteur de Venterol, pour rejoindre un chemin qui mène au pied du village, entre des murets.
Dans l’après-midi, la lumière se fait plus caressante sur les herbes sèches et sur les pierres. Elle illumine les oliviers, elle offre à une belle entrée de maison la grâce des ombres sur le bois noble et fait briller une main en guise de heurtoir.
Je vous ai déjà montré ce bout de route vers Novézan qui réjouit le regard à toute heure du jour, avec ses lignes de lavandes taillées, en contrebas, et ses arbres traversés par les rayons du soleil.
Plus modeste, mais réjouissant aussi, voici le petit rosier qu’on salue au passage. En deux semaines, ses boutons ont pris couleur, les nouvelles roses de septembre s’y ouvriront bientôt.
« Un ramier est posé sur le faîte du toit, assis, pourrait-on dire. Plus de pattes. Seule remue la tête, par petites saccades. On reste là longtemps, à le regarder. On n’a jamais vu une pose si immobile, si exposée, tenue, par un rouge-gorge, encore moins par une mésange ou un chardonneret ; ceci est une posture de grand placide, une manière de regarder passer la vie comme qui regarderait le dehors, de sa fenêtre, tranquille. »
Nicole Malinconi & Kikie Crêvecoeur, Poids plumes
© Kikie Crêvecoeur, Poids plumes, & éditions, 2019