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  • Ensemble

    gallay,les jardins de torcello,roman,littérature française,venise,torcello,jardins,nature,culture,extrait« La porte de la maison rose était grande ouverte, à l’intérieur les furettes faisaient ami-ami avec le chat. Maxence leur a mis des colliers anti-tiques.
    Aurélia a raison, c’est le monde des Bisounours ici. Jess sourit. Si Colin lui redemande ce qu’elle aime le plus dans la vie, elle répondra : le vivant, sous toutes ses formes, animale et végétale. Et pas seulement, elle aime aussi ce qui porte le vivant, l’eau, les pierres.
    Elle veut passer sa vie à comprendre comment tout fonctionne ensemble, le près et le lointain, le terrestre et le marin, l’animal, le végétal et l’humain, le soleil et la neige, et le vent. »

    Claudie Gallay, Les jardins de Torcello

    Panorama de l'île de Torcello dans la lagune de Venise,
    avec le campanile de la cathédrale Santa Maria Assunta (Photo Godromil / Wikimedia)

  • Guide à Venise

    Dans Les jardins de Torcello (2024), Claudie Gallay nous emmène de nouveau à Venise. La romancière raconte la vie de Jess, une Française restée à Venise plus longtemps qu’elle ne le pensait, dans un magnifique appartement avec vue sur la Giudecca où elle a rendu quelques services à Pietro Barnes, un chirurgien qui travaille à Milan. Il y passe rarement, il ne lui fait pas payer de loyer.

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    Jess guide des Français qui la contactent via son site, quatre au maximum par balade, en s’adaptant à leurs demandes. Quarante euros de l’heure, cela lui permet d’assurer le quotidien. Elle connaît bien Venise, ses clients l’apprécient. A travers les balades guidées, nous découvrons des endroits méconnus, des anecdotes sur la ville.

    Pietro comptait garder l’appartement, mais six mois plus tard, il confie la vente à une agence immobilière. Jess s’angoisse. Quand il est vendu à des New-Yorkais, il ne reste que quelques mois à la jeune femme pour « vider les armoires, donner les vêtements, la vaisselle, tout ce qui est possible » aux associations pour les pauvres, à la demande du propriétaire. Gentiment, Pietro lui renseigne un ami qui pourrait avoir « besoin d’une fille comme elle » : Maxence Darsène, « avocat, débordé, bordélique », qui habite sur l’île de Torcello.

    Jess n’est pas tentée par la campagne. Elle rompt avec Angelo, charmant mais marié, près de qui elle s’ennuie, et se met à chercher un studio au loyer abordable dans le quartier qu’elle aime – « ça va être compliqué ». Quand elle téléphone à son amie Brousse, enceinte, celle-ci donne à Jess des nouvelles de sa mère, qui aurait besoin d’aide à l’hôtel des Géraniums. « Les clients, les douches. Si elle y retournait, elle serait la bonne. Elle avait vu trimer sa mère, sa grand-mère. Elle avait tourné le dos. Elle n’aurait pas la même vie. »

    Pour se rendre à Torcello, « la dernière île de la lagune », Jess prend le vaporetto, puis change de bateau jusqu’à cette île où ne restent que quelques maisons, une basilique, et beaucoup d’oiseaux. Une vieille femme lui montre un chemin de terre qui mène à la grille rouillée de l’entrée de la propriété de M. Darsène. Interpellée par le gardien, Elio, Jess aperçoit à l’arrière de la maison un homme dans la soixantaine, « petit gabarit, un peu dégarni » ; c’est Maxence qui doit partir et lui propose de revenir un autre jour.

    Elle a déjà fait la connaissance de « Spoontus », le chat de « Max », comme l’appelle Colin, la cinquantaine, les yeux clairs, les cheveux tirés en catogan, qu’elle rencontre à sa deuxième visite. Il la prévient : Maxence peut être insupportable, mais il l’aime « infiniment ». Pour Colin, elle est « la nouvelle bonne », mais Jess a fixé ses conditions. Elle veut bien ranger, repasser, cuisiner, mais pas nettoyer les salles de bains ni les chiottes. A l’étage, l’avocat lui montre une pièce pleine de dossiers à classer, les archives de « trente ans de pénal ». Il lui reste un dernier procès avant d’en finir avec ça. Il aimerait aussi qu’elle s’occupe du chat quand il doit s’absenter.

    La vie de Jess continue ainsi : l’appartement à vider, les touristes à guider, la maison de Maxence où son compagnon, quand il ne file pas à la Biennale d’art, sous-titre des séries italiennes. « Colin est italien et parle un français parfait. Maxence est français de père, lyonnais de naissance, et vénitien par sa mère. » Il accorde à Jess un « droit de passage » pour venir travailler là certains jours. Les studios qu’elle visite ne lui plaisent pas ou sont trop chers.

    Sur l’île, elle découvre la passion de Maxence pour les jardins autour de la maison (jardins des moines au XVIIe siècle), abîmés par l’acqua alta de 2019 qui les a noyés. Il a entrepris de les recréer, replante à l’identique des vignes, des plantes aromatiques, des légumes… Il reste beaucoup à faire, avec l’aide d’Elio, qui monte un mur entre lagune et maison pour faire rempart à l’eau. Ce « monde à part » plaît beaucoup à Jess qui rend service, nourrit le chat et les chevaux, observe la maisonnée, les relations entre ces trois hommes, leurs invités.

    Pour ses vingt-six ans, elle s’offre un tour de gondole. Son amie Brousse ne veut plus parler de ce qui s’est passé au lac avec Moreno, dans le massif du Taillefer, où elles avaient prévu une randonnée entre filles. Moreno les y avait conduites dans sa voiture, à cause d’une batterie à plat. Il l’appelait par son vrai prénom, Louise. Il avait plongé dans le lac, n’était pas remonté, ce souvenir la hante.

    Dans Les jardins de Torcello, Claudie Gallay raconte comment la jeune femme s’attache de plus en plus aux habitants de l’île, apprend à les connaître, dans cet endroit hors du commun loin de l’agitation du monde. Les phrases sont simples, souvent courtes, les retours à la ligne nombreux dans ce récit où croît le désir pour Jess, comme pour le lecteur, de rester là. « L’amour est une île », disait un autre de ses romans, en sera-t-il de même ici pour l’amitié ?

  • Atelier d'une reine

    Des marguerites égaient le jardin d’une maisonnette au toit de chaume, selon le souhait de la reine Elisabeth (1876-1965), épouse du roi Albert Ier : son atelier de sculpture et de peinture. Elle n’était pas seulement mélomane – faut-il rappeler qu’elle a fondé le Concours musical Eugène Ysaÿe renommé ensuite Concours musical international Reine Elisabeth ? L’édition Violon 2024 est en cours en ce mois de mai.

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    Comme cet atelier est relié à la Serre des Azalées, les visiteurs des serres de Laeken ont accès de l’intérieur à cet endroit chaleureux décoré de ses sculptures. Ils peuvent observer en détail, à travers une vitre, ce sympathique atelier-salon.

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    « Madame,
    Sachant tout l’intérêt que Votre Majesté porte aux exercices « terrestres »,
    dont Elle est Elle-même une grande adepte !
    je me permets de Lui remettre, ci-joint,
    quelques figurines qui donnent une idée approximative […] ».

    Surprise : sur un guéridon de verre, on a posé autour d’un coffret qui les contenait de charmantes petites figures féminines en plein exercice physique – des postures de yoga ? On y voit une carte, dont le texte est malheureusement interrompu, de la comtesse Greffulhe (l’inspiratrice de la duchesse de Guermantes dans la Recherche de Marcel Proust). J’aurais aimé lire la suite !

     

  • Serres et jardins

    Ma dernière visite des Serres royales de Laeken datait de 2011. Cette fois, le parcours long débute par une promenade inédite dans les jardins du Domaine royal. Une fine pluie tombe en ce 15 mai 2024, peu propice aux belles photos. Dès l’entrée, des massifs de rhododendrons en fleurs réjouissent les visiteurs.

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    Vers le Château de Laeken

    On traverse l’orangerie (les orangers sont déjà dehors) puis la Serre du Théâtre avant de découvrir les jardins. Cette architecture de fer et de verre conçue par l’architecte Alphonse Balat pour Léopold II impressionne par sa hauteur, ses courbes, sa transparence, lumineuse et légère malgré ses formidables dimensions. A peine est-on sorti que les regards et les appareils photo sont attirés vers la grande rotonde du Jardin d’hiver surmontée de la couronne royale. (Dès la fermeture au public, la restauration des serres est programmée.)

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    Couloir de verre et sortie vers les jardins

    De jolies allées se dessinent sur le côté, autour d’une fontaine. Quand on se retourne, comment ne pas être séduit par ce couloir de verre le long des bâtiments ! Sous une pluie légère, on descend un grand escalier qui mène à la découverte des jardins du château de Laeken. Le parcours balisé permet d’en apprécier l’immensité.

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    (Cliquer pour agrandir et mieux voir la perspective vers la ville à l’arrière-plan.)

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    A gauche, la Serre du Congo. Plus loin, l'Embarcadère.

    La taille des serres, des géantes de près, s’amenuise quand on les voit de loin, elles s’intègrent harmonieusement dans le paysage avec leurs montants de couleur verte. Dans ces jardins à l’anglaise, voici un coin romantique avec les ruines d’un petit temple près d’un étang, un spectaculaire arbuste pourpre pleureur. Des ouettes d’Egypte ne semblent pas dérangées par le passage.

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    Les vieux buis sont dégarnis, mangés par la pyrale comme partout (les jardins sont entretenus sans pesticides). De nouveaux arbres sont régulièrement plantés. Nous passons près d’un bouquet de cinq jeunes liquidambars qui promettent de belles couleurs pour l’automne. Plus loin, un tulipier isolé a grande allure.

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    Eglise de fer, près du pavillon des Palmiers

    Avant d’entrer dans les serres, on admire des roseraies, des érables japonais, de beaux arbustes  et les massifs fleuris autour de l’ancienne « église de fer » qui n’a servi qu’une dizaine d’années « jusqu’à ce que l’architecte Charles Girault intègre une nouvelle chapelle dans la nouvelle aile droite du château » (IPA). Elle ne se visite pas. Dans un hors-série du Soir magazine (2002), j’ai lu qu’elle avait été transformée en piscine sous Léopold III.

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    Nous voici au royaume des fuchsias et des géraniums ! Chaque fois que je visite les serres de Laeken, je suis enchantée de ces lanternes suspendues au plafond et de leurs innombrables variétés : petites, grandes, plus rondes ou plus effilées, et surtout de différentes combinaisons de couleurs – des merveilles !

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    Puis on découvre les fougères arborescentes, par exemple l’alsophila australis (cyathea), merveilleusement présentées dans un écrin de verdure : de très jolies plantes couvrent le sol dans deux tons, vert clair et vert foncé, des anthuriums à fleurs blanches ou roses font un joli décor.

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    En haut d’un escalier largement bordé d’hydrangéas roses et blancs, un grand kentia s’épanouit dans une belle céramique sous les arceaux métalliques de la verrière. Encore un bel endroit pour se faire photographier, les visiteurs ne s’en privent pas. Et nous revoici sous les fuchsias, chouette !

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    Escalier vers le pavillon des Palmiers

    On admire des pélargoniums aux fleurs parfois bicolores, des hortensias aux fleurs étoilées, et puis voici l’exubérante Serre des azalées : toute la gamme du rose se déploie sous de beaux érables japonais au feuillage très fin. Ici et là, des plantes vertes, des fougères, de l’eau qui coule entre les pierres…

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    S’il y a beaucoup de géraniums palissés sur les côtés des tunnels de verre, certains ont des fleurs très particulières : un cœur rose foncé entre des pétales rose clair bordés finement du même rose foncé, ou l’inverse. On aimerait s’attarder des heures à observer toutes ces nuances. Dans le couloir de verdure de Diane chasseresse, de délicats bégonias grandis au port léger sont du plus bel effet.

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    Des fougères : le platycerium bifurcatum (corne d'élan) et la capillaire

    Viennent ensuite des chambres de verdure aux murs tapissés de petites feuilles. On y a accroché des « appliques » : de beaux exemplaires très décoratifs de platycerium bifurcatum, une plante australienne que je ne connaissais pas du tout, surnommée « corne d’élan », « probablement la plus magnifique et la plus extraordinaire de toutes les fougères » (Comment soigner vos plantes d’intérieur). 

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    Grande rotonde du Jardin d'hiver

    Notre parcours se termine dans la Serre du Congo et le Jardin d’hiver, avec leurs magnifiques palmiers, certains centenaires et d’autres très rares, magnifique décor pour les réceptions royales. Pour info, dès l’annonce des dates d’ouverture (trois semaines au printemps), le site de réservation en ligne est pris d’assaut, le nombre d’entrées est limité. Pensez-y si vous comptez visiter un jour les Serres de Laeken.

  • Triangle andalou***

    Comment rendre compte d’un tel voyage ? Quelles photos choisir ? Tant d’images dans la tête, tant d’émotions, de merveilles ! Partir en voiture à la découverte de l’Andalousie, c’était à la fois excitant et stressant (aucune réservation, à peine un itinéraire, l’annonce d’un pic de chaleur à 40°). Inutile d’ajouter que cette longue route à la saison des genêts en fleurs nous a comblés par les paysages traversés pour explorer le triangle andalou magique : Séville, Grenade, Cordoue.

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    Vue partielle des toits de la Cathédrale de Séville depuis la Giralda.

    Repéré dans un vieux guide des hôtels de charme en Espagne (2003), notre premier havre à quelques kilomètres de Séville nous a enchantés – je vous le présenterai prochainement. L’accès au centre ville étant déconseillé vu l’afflux de supporters pour une finale de football, nous optons pour une journée d’excursion dans la lumineuse ville de Carmona. Le lendemain, nous visitons la cathédrale de Séville, en commençant par monter dans l’élégante Giralda. Heureusement, pas d’escalier dans cet ancien minaret devenu clocher, mais une pente douce prévue pour l’âne du muezzin. Du haut, les vues sur la toiture ouvragée et sur la ville sont époustouflantes.

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    Un détail des magnifiques stalles du chœur de la Cathédrale de Séville

    La cathédrale est un labyrinthe aux richesses assez écrasantes, quasi toutes ses chapelles retiennent l’attention par une statue, une peinture, un décor, en plus du spectaculaire tombeau de Christophe Colomb et du fameux retable majeur. On sort par le patio des orangers et la belle Porte du Pardon sur laquelle il ne faut pas manquer de se retourner. Après une pause, nous voilà à l’entrée de l’Alcazar de Séville – il faut montrer patte blanche pour visiter les célèbres monuments andalous et un petit canif de poche dans votre sac n’échappe pas aux rayons X du portail de sécurité !

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    Vue partielle du Patio de las Doncellas (des demoiselles) au Real Alcazar de Séville

    Le gardien rassuré sur notre compte, nous sommes entrés dans ce lieu splendide, où qu’on tourne le regard. De pièce en pièce, « Là tout n’est qu’ordre et beauté, luxe, calme et volupté ». La finesse et l’élégance des décors mudéjar, les jeux de lumière et d’ombre, les azulejos andalous, les arcs, les touches bleutées, les alcôves, les patios et leurs bassins, les galeries… Et les jardins ! Le Real Alcazar est sans conteste un de mes coups de cœur du voyage.

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    Détail mural à l'Alcazar de Séville

    Une journée de repos s’imposait par 39 à 40 degrés à l’ombre. Le lendemain, nous nous sommes mis en route pour Grenade, où une chape de chaleur embrumait toute la ville. En fin d’après-midi, nous nous sommes tout de même mêlés aux passants sur une avenue fort fréquentée, bien que la circulation soit restreinte aux bus et aux taxis, le temps d’observer à la sortie de l’église Santa Ana le rituel photographique d’un mariage plein d’uniformes militaires et, plus étonnant, sur une place, de regarder des couples plutôt âgés en train de danser en public.

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    Vers 19 h, danseurs devant la Chancellerie royale (plaza Nueva, Grenade)

    Tous les guides recommandent de réserver longtemps à l’avance (en ligne) son entrée aux Palais Nasrides de l’Alhambra ; par chance, le surlendemain, il restait de la place pour le dernier créneau horaire, à dix-neuf heures. Entretemps, une excursion dans les villages blancs des Alpujarras nous a rendu un air plus respirable. Et, hasard, chance ou providence, le ciel de Grenade, débarrassé de la brume, était d’azur pour notre visite à l’Alhambra.

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    Vue depuis les jardins du Generalife (Grenade, Alhambra)

    Compter une demi-journée de visite, avais-je lu. Puisque l’après-midi se terminerait en apothéose, nous avons bien eu le temps d’y monter à pied par le parc public au pied des remparts, de nous promener, de contempler. Contrôle corsé à l’entrée du site, puis on circule librement sur la colline de l’Alhambra, sauf aux Palais Nasrides (où on refait la queue bien avant d’y accéder à l’heure prévue exactement).

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    Roses des Jardins du Generalife

    Autre coup de cœur pour moi : les jardins du Generalife, fleuris de roses à profusion – les Andalous, et peut-être les Espagnols en général, plantent des rosiers partout. Le doux parfum des roses accompagne la promenade entre les carrés et rectangles de verdure de ces jardins harmonieusement aménagés où l’eau attire aussi les oiseaux. Peu farouche, une bergeronnette allait d’une feuille à l’autre des nénuphars d’un bassin. Ces jardins offrent aussi une très belle vue sur le site avec ses remparts et ses cyprès.

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    Sorolla - Affiche de l'exposition "Sobre la Alhambra en el arte moderno"

    De la tour de l’Alcazaba, on découvre Grenade la blanche et même les neiges de la Sierra Nevada. Après la visite des autres palais (le musée des Beaux-Arts dans le palais de Charles-Quint était fermé, je me suis donc contentée de l’affiche alléchante de l’exposition en cours), nous nous sommes reposés sur l’agréable terrasse ombragée du parador situé sur le site même, qui offre une belle vue d’ensemble sur le Generalife.

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    Arcs géminés et petites fenêtres de l'Oratoire des Palais Nasrides (Grenade, Alhambra)

    Que dire des Palais Nasrides ? Il faut les voir. Un festival de fenêtres, de baies, de murs sculptés, de plafonds en relief ou en bois précieux, de colonnes et de portes au décor raffiné. On aimerait qu’il y ait moins de monde (le premier créneau horaire du matin est recommandé). La cour des lions est d’une finesse, d’une beauté indicibles. Quelle chance nous avons eue de pouvoir y entrer !

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    Vue partielle de l'intérieur de la Mezquita de Cordoue et de sa forêt de colonnes (854) 

    Enfin ce fut Cordoue, où nous nous sommes installés tout près de la Mezquita-Cathédrale, dont nous avons fait le tour le soir pour admirer ses portails. Nous découvrirons l’intérieur le lendemain matin, avec une grande émotion – mon troisième coup de cœur. Dans cette forêt de colonnes aux arcs doubles, rouges et blancs, à la lumière du jour et des multiples lampes suspendues, pour la première fois de ce voyage en Andalousie, j’ai ressenti une atmosphère de haute spiritualité dans cette ville où chrétiens, juifs et musulmans ont vécu en harmonie.