Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

marche - Page 5

  • Voyage

    solnit,rebecca,l'art de marcher,essai,littérature américaine,marche,marcheurs,histoire,société,culture« Si la vie même, le passage du temps alloué à chacun d’entre nous, a l’allure d’un voyage, le plus souvent, c’est à un voyage à pied que nous la comparons : tous nous sommes des pèlerins qui cheminons dans le paysage de nos histoires personnelles. L’image du marcheur solitaire, actif, qui traverse l’existence sans vraiment s’y installer correspond à une vision très forte de la condition humaine, que l’on pense à un hominidé se risquant à terrain découvert dans la savane ou aux vagabonds de Samuel Beckett qui se traînent le long de quelque route de campagne. La métaphore de la marche retrouve une dimension littérale chaque fois que nous nous déplaçons à pied. Si la vie est un voyage, lorsque nous voyageons vraiment nos vies deviennent plus tangibles : nous allons vers un but, pouvons mesurer notre progression, comprendre nos exploits… »

    Rebecca Solnit, L’art de marcher

  • Trace du corps

    « Non seulement marcher restitue ses limites naturelles au corps en le rendant en quelque sorte souple, sensible, vulnérable, mais la marche elle-même étend le corps au monde, à l’instar des outils qui le prolongent. Le chemin est un prolongement du marcheur, les endroits réservés aux balades sont les monuments dédiés à son avancée, et marcher est autant une manière de fabriquer le monde que de l’habiter.

    solnit,rebecca,l'art de marcher,essai,littérature américaine,marche,marcheurs,histoire,société,culture

    On trouve donc trace du corps qui marche dans les lieux qu’il a créés ; chemins, jardins, trottoirs témoignent de la mise en œuvre de l’imagination et du désir ; cannes, chaussures, cartes, gourdes et sacs à dos sont d’autres concrétisations de ce désir. Comme agir et travailler, marcher exige un engagement, corps et âme dans le monde, c’est une façon de connaître le monde à partir du corps, et le corps à partir du monde. »

    Rebecca Solnit, L’art de marcher

  • Balade

    solnit,rebecca,l'art de marcher,essai,littérature américaine,marche,marcheurs,histoire,société,culture

     

    « Une simple balade dans les rues du quartier s’avère parfois aussi propice aux surprises, aux libérations, aux clarifications du voyage qu’un périple autour du monde ; marcher, c’est aller tout près et très loin à la fois. » 

    Rebecca Solnit, L’art de marcher

  • Sur ses deux pieds

    Dans L’art de marcher, Rebecca Solnit réfléchit sur le goût, la pratique de la marche et relate son histoire, comme l’indique le titre original, Wanderlust : A History of Walking (traduit de l’américain par Oristelle Bonis, Actes Sud, 2002). J’y ai choisi quelques extraits à partager avec vous pendant cette seconde quinzaine de septembre.

    solnit,rebecca,l'art de marcher,essai,littérature américaine,marche,marcheurs,histoire,société,culture

    « (…) Je ne savais pas, ce jour-là, si j’arrivais trop tôt ou trop tard pour les lupins violets dont la floraison est si spectaculaire, sur ce finistère Pacifique, mais les stellaires qui poussaient sur le côté ombreux de la route menant au sentier me rappelaient les collines de mon enfance où, chaque année, ces fleurs blanches étaient les premières à fleurir à profusion. Les papillons noirs qui voletaient alentour, ailes palpitantes dans le vent, convoquaient une autre époque de mon passé. Avancer sur ses deux pieds rend semble-t-il plus facile le déplacement dans le temps ; l’esprit passe aisément des projets aux souvenirs, de la mémoire à l’observation. »

    Rebecca Solnit, L’art de marcher

  • Le kanji Mā

    haddad,hubert,ma,roman,littérature française,haïkus,santoka,japon,marche,poésie,amour,culture« Un matin, dans un bruissement léger de grelots, vint s’asseoir parmi des enfants de tous âges une adolescente d’une beauté mystérieuse vêtue d’une simple robe et portant aux chevilles ces fins colliers tintinnabulants. Les élèves appliqués à tracer leurs caractères parurent ne pas s’apercevoir de sa présence. Radieuse, la belle jeune fille se saisit d’un roseau et traça le kanji :

    avec une telle élégance du geste, chaque ligne d’encre ouvrant l’espace bien au-delà de l’espace de la feuille de papier, que Santōka s’en trouva stupéfié, comme si l’esprit cette fois s’inversait face au vide palpitant. N’était-ce pas cela le pur éveil, l’intuition immédiate de la totalité ? Mais l’intruse avait lâché son pinceau, pour quel motif effarouchée, et déjà s’enfuyait dans un froissement d’eau vive. Il eut le temps de voir scintiller les clochettes à ses chevilles parmi les fougères. 

    Hubert Haddad,