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Art - Page 37

  • Ondulations

    Où se situe cette fontaine ?  Je ne m’en souvenais plus. Grâce à une photo de J.-F. Valli (Les jardins de l’Alhambra), j’ai fini par trouver le Jardín de los Adarves, créé au XVIe siècle lorsque le système de défense de l’Alcazaba fut abandonné. La place de la plate-forme d’artillerie fut transformée en jardin. La légende raconte qu’on a trouvé des vases en porcelaine remplis d’or, cachés par les derniers habitants musulmans de l’Alhambra, et que le marquis de Mondéjar a consacré une partie de cet or à former le jardin en l’ornant de fontaines.

    Alhambra (1).jpg

    Ce qui frappe d’abord, ce sont les trois têtes de poissons (ou de serpents de mer ?) émergeant des vagues pour cracher l’eau de leurs bouches dentées. Puis on voit les deux génies marins : l’un muni d’un trident, l’autre, d’une double hache. Leurs armes pointent l’une vers l’autre, chacun tient un poisson bien serré sous le bras. Les ondulations sont une manière très ancienne de représenter l’eau dans l’art et il me semble que c’était, avec le jet d’eau, la manière la plus simple de la dessiner quand j’étais enfant. J’ai aimé en retrouver le graphisme expressif dans le bas-relief de cette belle fontaine sur un chemin de ronde.

  • Vu à l'Alhambra

    Comment ne pas revenir, encore et encore, aux photos prises à l’Alhambra de Grenade, « acropole médiévale la plus majestueuse du monde méditerranéen » (Wikipedia) ? Pour info, si nous avions visité le musée de l’Alhambra (fermé le lundi) situé dans le palais de Charles-Quint, cela aurait levé le mystère de son animal symbolique (une gazelle – voir le billet mis à jour).

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    Depuis la citadelle de l’Alcazaba, les vues sur Grenade révèlent une ville différente de celle qu’on découvre à pied, avec ses maisons blanches et ses nombreux cyprès, les collines qui l’entourent et même, au loin, les neiges de la Sierra Nevada.

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    Aux Palais Nasrides, où qu’on porte le regard, on est éclaboussé de beauté. Portes, murs, plafonds, volumes, ouvertures, le décor intérieur est exceptionnel, basé sur les « trois composantes des arts de l’Islam : la calligraphie, la décoration florale stylisée, les arabesques et motifs géométriques » (Wikipedia)

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    « Plus Ultre », la devise inscrite sur le phylactère de ce panneau de céramique surmonté d’une couronne, rappelle la devise personnelle de Charles-Quint, « Plus Oultre » (plus loin).

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    Celle-ci est répétée sur un beau plafond à caissons en bois de la Chambre de l’Empereur, en alternance avec « K » et « Y », les initiales de Karolus et Ysabel. Il n’est jamais trop tard pour apprendre : « Plus Ultra » est la devise de l’Espagne depuis le XVIe siècle.

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    La devise des Almohades, « Wa lā gāliba illā-llāh » (« Et il n’y a pas de vainqueur, sinon Dieu »), figure sur les armoiries nasrides, qu’on voit notamment sur la bande centrale de ce magnifique décor en stuc riche en calligraphies et en arabesques. En dessous, les azulejos colorés sont ponctués d’étoiles.

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    A l’intérieur des Palais Nasrides, l’ornementation qui entoure les arcs (eux-mêmes superbement sculptés de diverses manières) est fascinante. Quel univers à explorer pour les historiens d’art ! Voyez l’arc festonné bordé de dentelle autour de cette porte, les boucles des entrelacs, le motif répété de la frise et enfin les motifs épigraphiques qui l’encadrent...

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    Juste à gauche, la colonne et son chapiteau ont à peine retenu notre attention que l’œil est attiré par un autre décor somptueux. Autre exemple d’encadrement raffiné, cet arc surmonté de fenêtres à moucharabieh, peut-être celles dévolues aux femmes.

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    Le motif de l’étoile à huit branches est fréquent dans l’architecture d’Al-Andalus, on l’appelle « étoile de l’Andalousie ». La plus spectaculaire est certainement celle vers laquelle se lèvent tous les regards dans la salle des Abencérages, avec ses hautes baies qui l’éclairent.

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    « L’Alhambra de Grenade, un lieu construit pour la lumière », titre un article du site touristique Andalucía. C’est peut-être en admirant la fameuse Cour des Lions des Palais Nasrides que cela se vérifie le mieux. Les fûts très fins des cent-vingt-quatre colonnes en marbre blanc qui supportent la galerie tout autour, les arcs sculptés, les chapiteaux décorés, les nuances de bleu, tout est sublimé par les jeux de l’ombre et de la lumière.

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    La perception de l’espace a quelque chose de magique dans ces palais. On en sort par les Jardins du Partal où le grand bassin attire les photographes – j’ai trop peu parlé de l’eau qui joue un rôle majeur à l’Alhambra. Invitation à prendre la pose pour certains.

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    Une fois de l’autre côté du bassin, on découvre une des vues du site les plus aimées : celle du portique de la Tour des Dames qui s’y reflète, ici dans la douce lumière du soir.

  • Mystère

    Alhambra mystère.jpgCe bel animal photographié aux Palais Nasrides, à Grenade, reste un mystère pour moi.

    Sa silhouette élégante est reproduite sur les magnets en vente à la librairie de l’Alhambra, en souvenir de l’Alhambra et du Generalife.

    Jusqu’à présent, je n’ai trouvé nulle part de quel animal il s’agit ni aucune information sur ce qu’il symbolise.

    Le sauriez-vous ?

    * * *

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    On cherche parfois midi à quatorze heures. En continuant mes recherches, voici ce que je lis ce matin : « La gazelle est le symbole de l’Alhambra, elle est assimilable à un emblème héraldique depuis l'exploitation touristique du site. Cette image correspond à la version stylisée d'un vase décoratif retrouvé parmi les objets de l'Alhambra ; l’original se trouve dans le musée du palais de Charles Quint. » (Wikipedia)
    Mise à jour : 24/6/2022

    Vue frontale du Vase "Gazelle" au musée de l’Alhambra.
    Source de la photo : Archnet

     

  • Femmes

    Dans la seconde partie de l’exposition Léon Navez. Une peinture de l’âme au Rouge-Cloître, j’ai été frappée par la sérénité qui émane des figures féminines telles qu’il les a peintes dans les années soixante. En voici trois exemples aux tons particulièrement solaires (que mes photos rendent très imparfaitement).

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    © Léon Navez, La Martiniquaise, 1960, huile sur toile, 65 x 98 cm, Collection privée

    La Martiniquaise est drapée dans un grand tissu jaune. Les courbes du visage, du torse et des mains contrastent avec les plis droits du paréo. Les bandes larges du châssis de fenêtre derrière elle tranchent avec les lignes fines qui la dessinent.

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    © Léon Navez, Femmes sur la digue, 1960, huile sur toile, 81 x 100 cm, Collection privée

    La composition de Femmes sur la digue présente le même contraste entre le traitement de la figure humaine et celui du décor. Les aplats de couleur leur confèrent une immobilité tranquille, alors que le ciel et la mer sont en mouvement.

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    © Léon Navez, Goûter sous le parasol, 1962, huile sur toile, 81 x 100 cm, Collection privée

    Si le duo étonne – l’une est nue, l’autre habillée – que dire de Goûter sous le parasol qui m’a fait bien rire, au fur et à mesure que j’observais le jeu des contrastes (couleurs & formes) de haut en bas de la toile. Amusant, non ?

    Léon Navez. Une peinture de l’âme, Centre d’art du Rouge-Cloître
    > 17 juillet 2022.

  • Peintre de l'âme

    Au Centre d’art du Rouge-Cloître, une belle rétrospective permet de découvrir le parcours artistique de Léon Navez (1900-1967), « Une peinture de l’âme ». Il fut un des fondateurs du groupe Nervia que le musée d’Ixelles avait confronté en 2015 au premier groupe de Laethem-Saint-Martin : Navez y était bien présent mais la force des œuvres d’Anto Carte (son maître et protecteur) ou de Gustave Van de Woestyne m’avait rendue moins attentive à ce peintre plus discret.

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    L’exposition actuelle présente exclusivement des peintures issues de collections privées, en deux temps : au rez-de-chaussée les débuts, la période Nervia, les influences diverses ; à l’étage, des œuvres d’après 1950, sa dernière période – une découverte pour moi : un art plus lumineux, plus graphique, où la pureté de la ligne et les aplats de couleur prennent le pas sur la peinture de l’intériorité.

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    © Léon Navez, Autoportrait, 1927, huile sur toile, 64 x 53 cm, Collection privée

    L’affiche montre la prédilection de Navez pour le portrait à toutes les périodes de sa vie, entre autres avec le puissant autoportrait de 1927 : « Intense et halluciné, saisissant, le tableau incarne la volonté de Navez de se regarder en face au risque de perdre pied. Assujettissant la forme au fond, il s’interroge d’une manière un peu folle qui fait violence à son tempérament feutré. » (Danièle Gillemon, Une peinture de l’âme – extrait du catalogue)

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    © Léon Navez, La vieille, 1928, huile sur toile, 130 x 90 cm, Collection privée
    (comparaison intéressante avec L'aïeule d'Anto Carte, illustrée à côté)

    Navez, né à Mons, fonde avec d’autres peintres wallons le groupe Nervia en 1928, comme le rappelle « Les trois Léon » de Désiré Haine à l’entrée : un portrait de Léon Eeckman, assureur et administrateur du groupe, devant deux toiles de ses amis Léon Devos (poissons) et Léon Navez (nature morte fleurie). Sa fille, Françoise Eeckman, exprime dans un entretien à la fin du catalogue son désir de « raconter ici ce que les livres ne disent pas et faire en sorte que le souvenir de Léon Navez […] demeure, apportant à chacun une connaissance plus proche de l’artiste. » (L’homme raconté, interview par Nicolas Delvaulx)

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    © Léon Navez, L'homme au chat (autoportrait), 1930, huile sur toile, 125 x 100 cm, Collection privée

    Elle rappelle la mort des parents du peintre quand il n’avait que vingt ans. Recueilli par une tante, Léon Navez était plutôt taiseux, enclin à la mélancolie. Mais il a pu toute sa vie compter sur des amitiés solides dans ce trio auquel s’était joint Taf Wallet. Anto Carte, avec qui il a voyagé en Italie grâce à une bourse (prix Godecharle) en 1925, l’a hébergé chez lui durant deux ans. Fort influencé par son protecteur au début, Navez a fait la rencontre de Léon Devos à l’Académie de Bruxelles, a connu la dèche à Paris et y a rencontré sa première épouse, Lulu (Lucienne Jouanneau), au caractère plutôt sérieux et morose comme le sien ;  leur fils Serge naît en 1928.

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    © Léon Navez, L'enfant au caban, 1940, huile sur toile, 100 x 80 cm, Collection privée

    Lulu meurt de maladie en 1950. Quatre ans plus tard, Navez se remarie avec Annie Deronne, très gaie, dont la joie de vivre lui rend le sourire ; ils s’installent à Auderghem. Les souvenirs de Françoise Eeckman sur l’homme qu’il était – elle a passé deux semaines de vacances avec eux au Zoute et le peintre était un ami de ses parents – dessinent sa personnalité toujours un peu réservée, son application à créer, sans cesse en recherche, en pratiquant diverses techniques.

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    © Léon Navez, Jeune fille au chapeau, 1940, Collection privée

    Le caractère introverti de Léon Navez a sans doute contribué à la qualité de ses portraits, à la fois habités et mystérieux, qu’il s’agisse d’adultes ou d’enfants : La vieille, L’homme au chat, La visite« Avant de peindre il faut savoir dessiner » disait-il : cela se voit bien notamment dans la Jeune fille au chapeau. Son trait sûr et fin rappelle parfois l’art de Foujita.

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    Vue partielle de la suite de l'exposition à l'étage (après 1950)

    Influences et recherches rapprochent le peintre du cubisme (Le jardinier), de l’expressionnisme (Rouge-Cloître en hiver m’a fait penser à certains paysages brabançons de Taf Wallet), du symbolisme. Ses paysages de Chiny (Cour de ferme) où il avait une maison portent encore l’influence de la peinture toscane qu’il admirait. Engagé dans la Résistance durant la seconde guerre mondiale, il peint assez traditionnellement une réunion de l’équipe du Faux Soir, et, à la manière de Guernica, la tragédie d’Oradour sur Glane.

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    © Léon Navez, L'élève / Intérieur avec chevalet et chaise, 1960, Collection privée

    A l’étage, place à la lumière ! Remarié, revenu du Congo où il a peint sobrement des femmes au bord de l’eau, optant pour la ligne claire et des compositions presque japonisantes, c’est la nouvelle et dernière phase de la peinture de Léon Navez qu’on découvre là. Plus décorative, stylisée, plus contemporaine, allègre. Le chevalet souvent géométrise l’espace, rappelle l’enjeu pictural, et même s’il semble d’abord qu’il soit moins question d’âme ici, j’ai ressenti dans cette salle à l’accrochage très réussi une persistance de l’intime, du silence, de l’âme contemplative du peintre – aussi dans la grande pudeur des nus.

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    © Léon Navez, Petite fille au bocal, 1960, Collection privée

    Ne manquez pas Léon Navez, une peinture de l’âme, au Centre d’art du Rouge-Cloître : du mercredi au dimanche de 14h à 17h (18h le week-end). Entrée à 3 € !