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sport

  • Nafi en or !

    Quelle belle nouvelle à partager avec vous :

    Nafissatou Thiam a remporté l’or de l’heptathlon aux Jeux olympiques de Rio !

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    Photo gmx.net © dpa / Antonio Lacerda

    Résultats de cette merveilleuse athlète de 21 ans,
    avec cinq records personnels sur les 7 épreuves :

    100 mètres haies : 13.56

    Saut en hauteur : 1m98

    Lancer du poids : 14m91

    200 mètres : 25.10

    Saut en longueur : 6m58

    Lancer du javelot : 53m13

    800 mètres : 2:16.54

    Bravissimo !

    http://www.lavenir.net/cnt/dmf20160814_00864710/l-exploit-de-nafissatou-thiam-en-or-aux-jeux-olympiques-de-rio

  • Idéalement

    Wavre Adeps coquelicots.jpg

    « Idéalement, marcher est un état où l’esprit, le corps et le monde se répondent, un peu comme trois personnes qui se mettraient enfin à converser ensemble, trois notes qui soudain composeraient un accord. Marcher nous permet d’habiter notre corps et le monde sans nous laisser accaparer par eux. Nous sommes libres, alors, de penser sans pour autant nous perdre entièrement dans nos pensées. »

    Rebecca Solnit, L’art de marcher, Actes Sud, 2002.

  • Marche du dimanche

    Chaque dimanche, des marches balisées sont organisées en Wallonie et en région bruxelloise par l’Adeps (Administration de l'Education Physique et des Sports), et parfois nous aimons nous joindre à ce rendez-vous dominical auquel certains sont très fidèles. Le Brabant wallon n’est pas loin de Bruxelles, et c’est l’occasion d’y découvrir des paysages qui ne se rencontrent qu’à pied.

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    Chacun choisit la longueur de son parcours – 5, 10, 15 ou 20 km – et son heure, puisque l’accueil aux « points verts » est assuré toute la journée, de 8 à 18 heures. La participation est libre et gratuite, il suffit de retirer sa carte de participation sur place, où l’on trouve aussi des commodités, des stands où se procurer une boisson ou un en-cas au retour.

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    Le 10 juillet dernier, un dimanche véritablement estival, il y avait du monde dès le matin pour prendre le départ à côté du hall des sports à Wavre, mais heureusement il y avait encore des places de parking à proximité (le stationnement n’est pas toujours aussi simple). J’avais pris l’appareil photo, aussi vous aurez un aperçu du parcours jaune (10 km) qui nous attendait à travers les champs et les bois, un parcours très varié, loin des habitations, avec quelques belles demeures en prime.

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    Sur le talus du chemin de fer, que nous avons longé jusqu’à la station de Basse-Wavre, les coquelicots étaient fringants et se mêlaient aux épis bleu mauve des vesces (ou des gesses ?). Une fois sur le chemin des champs, j’ai eu l’œil attiré par la barrière blanche d’une allée arborée qui descendait d’un bois, joli contrepoint aux courbes douces du paysage – les couleurs ne l’étaient pas moins.

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    On passe à côté de la Ferme de l’Hosté, « ancien château devenu manoir au XIVe siècle ». Cette grande ferme carrée typiquement brabançonne, en briques et pierre bleue, offre aujourd’hui des chambres d’hôtes et gîtes ruraux, vous trouverez d’autres photos sur son site. En tournant autour des bâtiments, on découvre un blason au-dessus d’une porte cochère, « aux armes des Looz-Corswarem » (1767).

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    Du chemin à travers champs, on aperçoit de beaux arbres à la lisière du bois qui ondule au-dessus des blés. Puis on y pénètre et c’est l’ombre bienfaisante, surtout en montée, et on suit du regard les marcheurs qui nous devancent et passent sous un pont, sous un tronc renversé. On se fait dépasser, peu importe  – à chacun sa mesure.

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    Au sortir du bois, revoici les coquelicots éclatants. Certains champs ont déjà été moissonnés, sur d’autres, on est au travail : peu à peu, on se rapproche des paysans en plein ramassage des ballots de paille, en admirant la lumière sur les chaumes merveilleusement dorés.

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    Plus on s’en approche, et plus un bel arbre solitaire grandit – magnifique gardien des lieux, au-dessus d’un champ de pommes de terre en fleurs. A son ombre, je boirai un peu d’eau.

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    Un salut au cheval Zarkan (son abri porte son nom) avant de cheminer dans un bois : il y fait plus frais et le chemin descend, de quoi retrouver un peu d’allant. Dans le vallon, voici une autre ferme ancienne. Une affichette avec une notice de présentation nous fait lever les yeux vers le château de Laurensart en haut de la colline, un domaine (plus de deux cents hectares) qui se visite uniquement lors des journées du patrimoine.

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    Le parcours enjambe la Dyle, toute calme d’un côté du pont, toute frémissante de l’autre. En remontant vers des habitations, nous verrons le château de Laurensart de plus haut et de plus loin (dernière photo prise de plus loin au zoom).

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    La fatigue et la chaleur aidant, je n’ai plus rien photographié ensuite, et pourtant nous avons encore trouvé d’autres points d’intérêt le long du chemin, comme l’ancienne gare de Gastuche transformée en centre de santé, ou les belles propriétés nichées dans les bois de l’avenue de Doiceau.

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    Après cela, par l’avenue Saint-Job, on retourne au point de départ, avenue de la Belle-Voie. « Créée en 1628 à l’initiative des moines de l’abbaye d’Affligem, la Belle-Voie devait alors permettre de relier Wavre au sanctuaire marial et à Bas-Wavre », peut-on lire sur le site de la ville. De jeunes tilleuls ont remplacé en 2014 les vieux marronniers affaiblis le long d’une belle allée piétonne qui mérite encore et toujours son appellation.

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    Finalement, vous le voyez, un peu de culture s’est tout de même mêlé à ce parcours « nature et santé ». Chaque dimanche, différentes propositions vous sont faites sur le calendrier des marches Adeps en Wallonie : celles du Brabant wallon, à chaque fois que nous y avons participé, remportent un énorme succès. Même s’il y a du monde, chemin faisant, on ne se marche pas l’un sur l’autre, l’ambiance est bon enfant. On y voit des gens de tous âges, des familles, des couples, des solitaires, des coureurs, et même des chiens sportifs.

  • Connivence

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    « (…) ce plaisir ne s’est jamais tari : je lis peu, mais je relis sans cesse, Flaubert et Jules Verne, Roussel et Kafka, Leiris et Queneau ; je relis les livres que j’aime et j’aime les livres que je relis, et chaque fois avec la même jouissance, que je relise vingt pages, trois chapitres, ou le livre entier : celle d’une complicité, d’une connivence, ou plus encore, au-delà, celle d’une parenté enfin retrouvée. »

    Georges Perec, W ou le souvenir d’enfance

  • W ou l'enfance de P

    Première incursion dans les textes autobiographiques de Georges Perec (1936-1982 ) avec W ou le souvenir d’enfance (1975). C’est un double « je » qui raconte, en alternance, le récit d’un voyage à W, en italiques, et l’exploration d’une enfance méconnue – « Je n’ai pas de souvenirs d’enfance. » Pour quelles raisons ? La perte de son père à quatre ans, de sa mère à six, la guerre passée « dans diverses pensions de Villard-de-Lans » – « une autre histoire, la Grande, l’Histoire avec sa grande hache, avait déjà répondu à ma place : la guerre, les camps. » 

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    Perec au chat (1978) par Anne de Brunhoff
    (une enquête et une tentative d'épuisement)

    « W », c’est une histoire inventée, racontée et dessinée à treize ans ; quand Perec s’en est souvenu, seul le titre émergeait, et le sujet : « la vie d’une société exclusivement préoccupée de sport, sur un îlot de la Terre de Feu ». Grâce à quelques dessins retrouvés, il réinvente « W », publié en feuilleton dans La Quinzaine littéraire en 1969-1970. Quatre ans après, « W ne ressemble pas plus à (son) fantasme olympique que ce fantasme olympique ne ressemblait à (son) enfance. »

    Ses souvenirs personnels, Perec les examine avec précaution, soucieux d’être exact, tant il y reste d’incertitudes et aussi par méfiance envers les méandres imaginaires de la mémoire. Racontant ce dont il se souvient, il met un numéro à certains mots et renvoie à des explications, des nuances, des commentaires, en fin de chapitre.

    Le héros de « W » s’appelle Gaspard Winckler (nom qui reviendra dans La Vie mode d'emploi) mais bientôt le trouble est jeté sur son identité, quand un homme lui donne rendez-vous dans un bar d’hôtel pour lui poser une question inattendue : « Vous êtes-vous déjà demandé ce qu’il était advenu de l’individu qui vous a donné votre nom ? »

    Sur ses parents, d’origine polonaise, Perec a écrit deux textes à quinze ans, repris tels quels : le premier à partir d’une photo de son père, simple soldat en permission à Paris, et le second sur sa mère, Cyrla Schulevitz, devenue veuve de guerre. En 1942, à la gare de Lyon, elle lui achète un illustré (Charlot) : « J’allais à Villard-de-Lans, avec la Croix-Rouge. » Son père, Icek Judko Peretz (qu’un employé transforme en Perec) est mort en 40 ; sa mère, prise dans une rafle, est internée à Drancy puis déportée à Auschwitz au début de l’année 1943.

    La rue Vilin, « aujourd’hui aux trois quarts détruite », où il vivait avec ses parents, Perec y est retourné tous les ans à partir de 1969, pour un livre sur « douze lieux parisiens » auxquels il se sentait « particulièrement attaché ». Le départ en zone libre avec la Croix-Rouge, à six ans, il s’y voit « le bras en écharpe » – « il fallait faire comme si j’étais blessé ». Mais sa tante est formelle : il n’avait pas le bras en écharpe, c’est en tant que « fils de tué », « orphelin de guerre » qu’il a été convoyé vers Grenoble, en zone libre. Perec interroge ce fantasme : « Pour être, besoin d’étai. »

    Sur l’île de W, « le Sport est roi », sport et vie se confondent sous la devise omniprésente : « Fortius Altius Citius ». Les compétitions font rivaliser les champions des différentes agglomérations : Olympiades, Spartakiades et Atlantiades. L’organisation des épreuves, les règles établies pour absolument tous les aspects de la vie des habitants de l’île, seront décrites avec de plus en plus de détails, jusqu’au cauchemar totalitaire.

    C’est parce que son cousin Henri, ou plus précisément « le fils de la sœur du mari de la sœur de mon père », avait de l’asthme que la famille adoptive de Perec a choisi de se réfugier à Villard-de-Lans. Home d’enfants, collège, éducation chrétienne, moissons, ski, promenades, Georges Perec décrit les images conservées de son enfance de guerre. Quasi aucun souvenir de la Libération, mais bien, à la même époque, les impressions de ses premières lectures.

    « J’écris : j’écris parce que nous avons vécu ensemble, parce que j’ai été un parmi eux, ombre au milieu de leurs ombres, corps près de leurs corps ; j’écris parce qu’ils ont laissé en moi leur marque indélébile et que la trace en est l’écriture : leur souvenir est mort à l’écriture ; l’écriture est le souvenir de leur mort et l’affirmation de ma vie. »

    W ou le souvenir d’enfance est traversé par le manque, le deuil, sans pathos. Le souci de rendre simplement, mais avec justesse, ce qui reste en lui de ces années-là va au-delà, chez ce fou du langage, de l’art d’écrire et de décrire. L’émotion passe dans les blancs, entre les mots, entre les lignes.