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  • Du ciel sur la terre

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    * Mercredi 24 février 2016

    Après des jours gris, après la pluie encore et encore, un jour de lumière éblouissante : allons-nous promener à la campagne. Dans ce coin du Brabant flamand, les fossés gorgés d’eau jouent aux métamorphoses, les prairies inondées offrent un miroir aux nuages. Du ciel sur la terre.

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    Les verticales et les horizontales parfois se dédoublent, soulignent ici une clôture, là un chemin, une allée d’arbres du « plat pays qui est le mien ». On voudrait être peintre pour capturer ces lignes, on camperait son chevalet au bord de la route pour rendre grâce à la beauté d’un tel jour.

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    Les arbres aussi sont à la fête. Peupliers blancs, saules, habitués des terres humides. En février, ils bourgeonnent à peine mais déjà leur ramure s’élance, on perçoit comme un frémissement qui adoucit leur ramure, annonce le fin brouillard printanier de la feuillaison.

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    A notre approche, un couple de canards enchantés des nouveaux territoires gagnés par l’eau cherche un refuge. Il y a tout ce qu’il faut à la lisière des prés, herbes sèches, haies naturelles des arbustes aux branches verdies qui s’ouvrent en éventail, promesses d’ombre.

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    Majesté végétale, cet arbre-ci embrasse tout, le ciel et le paysage. Sur son canal éphémère, regardez comme il se déploie, traversé par la lumière, comme il offre de l’air à ses branches et ses branches aux oiseaux, comme il invite au regard ! Nous le saluons. 

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    Au canal de Louvain, la perspective est plus classique. On pense à certaines rangées d’arbres sous le pinceau d’Emile Claus, au Canal en Flandre de Théo Van Rysselberghe (mais ici, le temps n’est pas triste). Miroir friselé auquel une bande de mouettes, prises au jeu des reflets, apposent leurs paraphes blancs. Sur la berge, les oies fouillent du bec la terre spongieuse.

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    Une péniche a passé l’écluse, elle vient troubler la scène : les oiseaux s’envolent, s’écartent, les remous dispersent le paysage inversé. Tout reprendra bientôt sa place, les arbres reviendront se mirer dans l’eau tranquille. Illusion de l’immobilité : les nuages se sont éloignés, d’autres se rapprochent, la lumière change imperceptiblement. 

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    On pense à Marie Gevers et à son étang. Au retour, le long des fossés qui débordent, c’est à qui l’emportera sur l’autre. Le bleu des mares ou celui du ciel ? L’arbre qui s’élance ou son reflet qui se noie ? La terre fait aujourd’hui* le plein de lumière.

  • Bain de lumière

    Les matinées ensoleillées sont trop rares, cet hiver, pour résister à l’appel de la lumière en ce premier samedi de février. Le soleil encore bas manque de générosité sur les trottoirs, mais aux étages, les façades s'y réchauffent déjà.   

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    Une fois de plus, dans Schaerbeek au riche patrimoine architectural, je me réjouis en passant devant ses belles maisons du début du XXe siècle ou de l’entre-deux-guerres, soigneusement préservées par leurs propriétaires. Avenue Emile Verhaeren, une plaque commémorative rappelle où est née Andrée De Jongh, initiatrice du réseau d’évasion Comète.  

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    Non loin de la gare de Schaerbeek, certains immeubles d’angle ne manquent pas de cachet, ils arborent fièrement leur année de construction, leurs oriels. Nous descendons vers le canal, où le bain de lumière est assuré. 

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    Du pont Van Praet, la vue vers la gare et l’incinérateur sur l’autre rive manque de charme, et avec la circulation automobile incessante à cet endroit, même le week-end, il y a de quoi décourager les promeneurs. 

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    Mais de l’autre côté, les aménagements pour les piétons et pour les cyclistes attirent tout de même quelques passants. Entre le canal et la chaussée qui longe l’enceinte de briques du domaine royal, le soleil prend ses aises. 

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    Sur l’eau, deux avironneurs tracent des signes éphémères dans leur sillage. De grands nids dans les arbres du roi, juste derrière le mur : nous observons des hérons qui vont et viennent, affairés entre ciel et terre. 

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    Je rêve, en songeant aux bords de la Limmat à Zurich, à ce que pourrait devenir un tel endroit libéré du trafic. Un escalier, plus loin, descend sur le quai, invite au demi-tour. Voilà L’Espoir, une péniche dont le pilote répond sans façon à mon salut.

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    Nous remontons en zigzags vers le square Riga, le nez en l’air. Tant de détails à observer, d’une époque où les architectes ne craignaient pas les ornements ou n’en faisaient pas l’économie, c’est selon. J’ai manqué l’arbre à poèmes du parc Huart Hamoir, j’y retournerai pour relire Quand passent les poètes.

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    Mais je me suis arrêtée pour photographier ce tour de porte sculpté : le fer forgé en épouse parfaitement les motifs végétaux – où vont se nicher l’art et la vie. Une belle matinée, vous ne trouvez pas ?