Il y a dix ans, j’ai vu pour la première fois des sculptures de Jeanclos (1933-1997) au Palais des Beaux-Arts de Lille et cinq ans plus tard, d’autres œuvres à la Brafa, dont j’avais admiré la beauté intemporelle. Quel bonheur de retrouver cet artiste sur le stand de la Galerie Capazza à la Brafa 2026. D’abord cette terre cuite de la série Kamakura, « née d’un voyage de Georges Jeanclos au Japon, qui l’a mené jusqu’à l’ancienne capitale médiévale du pays, abritant les plus anciens jardins zen japonais » (Site de la galerie).

© Georges JEANCLOS, Kamakura, 1983, terre cuite,
30 x 47 x 40 cm, Galerie Capazza, Brafa 2026
Dans un texte intitulé La force de la fragilité, dont on peut lire des extraits en ligne, Tzvetan Todorov rappelle les événements traumatisants qui ont marqué l’enfant et sa famille durant la deuxième guerre mondiale et les ont amenés à franciser leur nom d’origine Jeankelowitsh en « Jeanclos ». Puis il décrit son travail et affirme : « la beauté existe, on peut l’ériger face à l’extrême ».

© Georges JEANCLOS, Couple Dormeur, 1989, terre cuite,
31 x 50 x 21 cm, Galerie Capazza, Brafa 2026
Jeanclos parlait de « la part féconde du hasard ». Dans une vidéo proposée par la Galerie Cappaza (Nançay, Sologne) qui présente cet artiste en permanence depuis 1995 – Georges Jeanclos, sculpteur d’humanité –, on entend Todorov parler de Jeanclos chez Pivot, puis le parcours du sculpteur est raconté en images et en mots, avec des textes de l’artiste dits par Charles Gonzales – je vous la recommande.

© Georges JEANCLOS, Arbre de vie Adam et Eve,1987, terre cuite,
74 x 66 x 27 cm, Galerie Capazza, Brafa 2026
Jeanclos : « Je suis un modeleur. L'argile m’est familière. Je sais l’humidité propice à la naissance, la fuite dans le temps de l’eau, choisir le bon moment pour faire naître de la terre les images fécondes. […] Passion immodérée de cette matière souple, humide, qui répond à toutes mes pulsions, est devenue un journal de terre, témoin de mes jours de bonheur et de mes nuits. Elle a donné forme à chaque événement qui ponctue mon existence. »
Pour vous raconter ma visite à la Brafa,
j’ai besoin de plus de temps. A demain ?