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Bruxelles - Page 82

  • Ecoles Art Nouveau

    Av Louis Bertrand (34).JPG« L’Art nouveau ne s’est pas cantonné à repenser l’habitat bourgeois. Sous la houlette de l’architecte Jacobs, ce style s’épandit aux logements ouvriers et surtout aux écoles. (…)

    Les façades à rue, pourtant monumentales dans leurs lignes, ne laissent que peu soupçonner l’immense développement de ces complexes en intérieur d’îlot. (…)

    Les intérieurs entremêlent de manière à la fois provocante et harmonieuse des matériaux « nobles » (pierres bleues et blanches), traditionnels (briques rouges) et industriels (poutrelle et colonnes métalliques, briques vernissées). Dans les trois écoles*, des panneaux de sgraffites, dus au talent enchanteur de Privat Livemont, Schaerbeekois comme Jacobs et avec lequel celui-ci avait déjà collaboré pour le décor de maisons privées, parachèvent le feu d’artifice des couleurs et des textures. »

    * Rues de la Ruche et Josaphat (1907) & avenue de Roodebeek (1913/ 1922)

    Schaerbeek à la carte, carte-promenade, Ministère de la Région de Bruxelles-Capitale, Direction des Monuments et des Sites, 2009.

  • La plus belle avenue

    Souvent fréquentée aujourd’hui pour ses restaurants, l’avenue Louis Bertrand à Schaerbeek a été conçue, lors de l’urbanisation au début du XXe siècle, comme une avenue de prestige pour mener de la chaussée de Haecht au parc Josaphat. Dans le cadre des Estivales, Anne-Cécile Maréchal nous a raconté et montré « la plus belle avenue de Schaerbeek » – vous pouvez encore vous inscrire auprès de PatriS pour cette visite, prévue une seconde fois le 28 août à 17 heures (il convient de signaler son absence en cas d’empêchement, au profit des personnes inscrites sur les listes d’attente !)

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    Vue de l'avenue Louis Bertrand depuis la chaussée de Haecht © MRBC-DMS 

    Rendez-vous était donné devant l’église Saint-Servais, en haut de l’avenue Louis Bertrand. Quasi chacune de ses maisons figure à l’Inventaire du patrimoine architectural, beaucoup d’entre elles ont été primées : les architectes ont rivalisé de créativité pour séduire la bourgeoisie élégante qui déambulait sur cette avenue-promenade dotée d’un terre-plein central, comme l’avenue Louise ou l’avenue de Tervueren. A mi-hauteur de sa courbe en éventail, là où se dresse à présent le « vase Bacchanale », se trouvait l’ancienne église : difficile d’imaginer là des fermes, des champs, des maisons villageoises, des ânes… Mais nous le verrons mieux plus loin.  

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    Vase "Bacchanale", don de Raoul Warocqué

    La guide sort de son sac de grandes photos anciennes, où l’on voit des promeneuses en robes longues sous leurs ombrelles au début du siècle dernier (saviez-vous que ce n’est qu’en 1936, vu le trafic automobile, que sera décrétée l’obligation de marcher sur les trottoirs ?) Sur un tableau illustrant l’essor démographique dans la commune, elle nous montre la formidable expansion de Schaerbeek : des 1800 habitants du village en 1830 (indépendance de la Belgique), on passe à 50.000 en 1890, à 100.000 en 1914 (plus de 130.000 un siècle plus tard).

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    Avenue Louis Bertrand, 1-3 (étages)

    Avant de descendre l’avenue, exercice de comparaison entre les deux maisons quasi jumelles qui « ouvrent » l’avenue Louis Bertrand, de style éclectique « d’inspiration Renaissance ». Celle de droite abrite un commerce au rez-de-chaussée. La façade de celle de gauche, occupée par un notaire, a été récemment nettoyée, ce qui met en valeur ses statues et ses balcons plus travaillés. Pourtant ces fausses jumelles ont été proposées au concours de 1907 par le même architecte, Oscar Lauwers : en plus de la date affichée dans la pierre, « anno 1909 », un « L » sur un édicule renvoie, supposons-nous, soit à la société d’assurances Labor, inscrite sur la façade, soit au nom de l’architecte. (Tous les détails ici.)

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    Avenue Louis Bertrand, 2 © MRBC-DMS

    La commune avait posé ses exigences au départ – au moins six mètres de largeur, des matériaux de qualité – et encouragé les architectes en organisant des concours de façades (le registre en est conservé à la Maison des Arts, avec de précieuses photographies des maisons primées). Bien que l’avenue Louis Bertrand garde très belle allure, les décors de façade ont néanmoins subi les outrages du temps ; beaucoup de sgraffites ont disparu, par exemple. Si l’avenue porte le nom du fondateur du Parti ouvrier belge, il n’y a pas habité (il avait sa maison dans le quartier des Fleurs). Maisons et immeubles de rapport ont été construits ici pour une clientèle aisée.

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    Avenue Louis Bertrand, 15 (photo 2012) © MRBC-DMS 

    Du côté impair, nous nous arrêtons devant le numéro 15 : cet immeuble à très large façade claire en pierre d’Euville, très chic dans sa simplicité, primé en 1907-1908, a été transformé en appartements en 1937. Il se développe en « L » à l’arrière (annexes, ateliers) et possède encore son ascenseur d’origine. L’intérieur est très soigné : plafonds cloisonnés, cheminées anciennes – un film y a été tourné l’an dernier.

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    Comme la promenade du jour est une « visite en famille », Anne-Cécile Maréchal s’adresse aux enfants pour leur proposer de lire une année, de repérer un détail, etc. La façade néo-gothique du 19, « carte de visite » d’un ornemaniste, Charles Temperman, se prête particulièrement au jeu : il l’a dotée de nombreuses sculptures. Combien de visages sur cette façade ? Où voit-on un chat ? un écureuil ? Quel motif entoure l’année 1908 ? (Ce sont les fameuses cerises de la Cité des Anes, des griottes servant à préparer la Kriek.) A quoi sert ceci près de la porte ? (Un décrottoir.)

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    Nous passons devant le Musée schaerbeekois de la bière pour nous arrêter devant les superbes grilles installées au 37 dans l’alignement : la maison en retrait est l’ancienne cure de Saint-Servais. A travers les grilles, nous apercevons aussi l’arrière de l’Ecole n° 1 où nous irons plus tard. La guide nous invite à nous rapprocher sur le terre-plein central du fameux vase en bronze sculpté par Godefroid Devreese, à l’emplacement du chœur de l’ancienne église. Ses scènes de « Bacchanale » changent radicalement de registre ! Devreese, qui avait son atelier rue des Ailes, a sculpté une variante de ce vase dans le marbre ; celui-ci se trouve au musée de Mariemont (notice).

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    Parmi les architectes de l’avenue Louis Bertrand, des noms familiers aux participants des Estivales comme celui de François Hemelsoet, mais un autre grand nom de l’Art Nouveau a œuvré ici : Gustave Strauven, qui a travaillé avec Victor Horta. Une exposition lui sera consacrée en septembre aux Halles Saint-Géry. En pleine restauration sous les échafaudages, sa superbe façade du 43 illustre tous les archétypes de l’Art Nouveau. Au croisement de la rue Josaphat, deux restaurants occupent le rez-de-chaussée de deux autres bâtiments de Strauven, le 63-65 avec sa fameuse marquise en fer forgé, le 53-61 avec ses céramiques remarquables.

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    Si vous passez par là, il faut absolument vous en approcher : au-dessus de la signature spectaculaire de Strauven, deux panneaux de céramique peinte superposés, signés « WEZEL / 16. RUE KESSELS », représentent le vieux Schaerbeek. Sur celui du dessus, une tête d’âne entourée de cerises ; sur celui du bas, une vue de l’ancienne église entourée de maisons villageoises – ce qui se trouvait ici même avant l’urbanisation au début du XXe siècle. 

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    Nous pénétrons dans l’avenue Josaphat pour admirer deux autres splendeurs Art Nouveau : le Gymnase de l’Ecole n° 1 – la commune voulait « élever par la beauté » et aussi valoriser l’hygiène, l’éducation physique. C’est l’œuvre d’Henri Jacobs, comme la façade de l’école un peu plus loin, qui a conservé des sgraffites de Privat-Livemont. Quel contraste avec l’architecture contemporaine de la Maison des Femmes de Schaerbeek, au 253 ! 

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    La verrière du Gymnase de l'Ecole n° 1, rue Josaphat

    Anne-Cécile Maréchal nous a montré bien des merveilles lors de cette promenade, des grandes et des petites choses, et l’a terminée par une présentation du Brusilia, à la place de l’ancien Palais des Sports, puis du mât de Lalaing dont elle nous a raconté toute l’histoire, jusqu’à sa récente restauration complète. J’ai particulièrement apprécié sa façon joyeuse de communiquer et son attention à l’égard de tous les membres du groupe, adultes et enfants, invités à participer à la découverte

  • Représentation

    « La plupart du temps, l’artiste utilise des images qu’il a réalisées lui-même. Il exécute des mises en scène photographiques en mettant à contribution ses amis, sa famille, ou des anonymes qui acceptent de poser pour lui. Le peintre est donc également photographe et metteur en scène, gérant accessoires, éclairage, position des acteurs. Il sait évidemment, au moment de la prise de vue, que les images ne resteront pas des photographies, qu’il les utilisera comme points de départ pour sa peinture. Son regard de peintre se mêle à son regard de photographe, afin de former des photographies-futures-peintures. Franz Gertsch transfère ensuite l’image photographique en peinture, comme un traducteur ferait basculer un texte d’une langue à l’autre.

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    Franz Gertsch, Irene VIII, 1981- Private Collection
    Franz Gertsch Courtesy by Institute for Cultural Exchange, Tübingen, Germany, 2016

    Une fois les images choisies, Gertsch en tire des diapositives qu’il projette en très grand format sur une immense toile blanche. Traitant la surface zone après zone, l’artiste s’affaire à en peindre consciencieusement chaque centimètre carré. Il reste au plus près de la toile, les yeux accrochés aux minuscules détails qu’il réalise. Ce travail titanesque est qualifié de « chorégraphie » par la femme de l’artiste, qui a réalisé une vidéo permettant de saisir l’ascèse à laquelle il se soumet pour exécuter cette re-représentation, cette représentation puissance 2. (…) Franz Gertsch a mis au point ce mode opératoire au fil des années. Chaque geste est maîtrisé, la peinture est posée mécaniquement sur la toile : aucune variation n’intervient, aucun repentir n’est possible. Le geste de l’artiste est sûr, entraîné. La soumission à l’image est complète. »

    Hélène Carbonell, Franz Gertsch. Le peintre du présent (Document pédagogique, Toulouse, Les abattoirs, 2014)

    PHOTOREALISM. 50 years of Hyperrealistic Painting, Musée d'Ixelles, 30.06 > 25.09.2016

  • Les expos d'Ixelles

    « PHOTOREALISM. 50 Years of Hyperrealistic Painting » : la grande exposition d’été au musée d’Ixelles présente trois générations de peintres américains pour la plupart, des années 1960 à 2010. Leur défi ? Peindre de façon aussi réaliste qu’une photographie la société de consommation pour la célébrer – ou en dénoncer les excès ? Je vous parlerai ensuite de l’exposition bis, « Rien ne va plus ! Tableaux d’une exposition », une installation très originale de Juan d’Oultremont.

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    Des voitures et des motos, des carrosseries, des chromes, des jouets, des bars, des restaurants, des maisons, des intérieurs, des portraits, des nus… Dans le sillage du Pop-Art, les hyperréalistes dépeignent et critiquent l’« american way of life ». Je vous renvoie au site du musée pour la description de ce courant pictural qui opte pour une vision « documentaliste » du monde. A distance aussi bien de l’abstraction que de la subjectivité, ces peintres partent de photographies qu’ils transposent sur la toile en grand format.

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     Tjalf Sparnaay, Fried Egg, 2015 © Private Collection of Tjalf Sparnaay

    La froideur des images qui en résultent est plutôt déconcertante, mais au fur et à mesure qu’on les découvre – certaines sont époustouflantes comme cet œuf sur le plat du Hollandais Tjalf Sparnaay –, on regarde, on s’étonne et on se pose plein de questions sur la démarche de ces peintres. En plus de l’aspect technique, au résultat forcément spectaculaire, le choix des sujets, le cadrage, la disposition des objets révèlent des orientations diverses et on finit par deviner parfois, d’une toile à l’autre, qu’il s’agit de la même signature.

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    Ben Schonzeit, Poivrons (Source)

    Remington#5 de Robert Cottingham montre une prédilection pour la typographie qui se confirme quand on google son nom à la recherche d’images. Ici la machine à écrire est coupée par le bord de la toile, manière de casser l’illusion. On trouve des natures mortes tout au long du parcours, comme ces Poivrons jaunes et rouges de Ben Schonzeit qui a souvent peint des légumes et des aliments. Audrey Flack rassemble des objets pour créer des « vanités » contemporaines.

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    Tom Blackwell, Sequined Mannequin, 1985, Collection of Susan P. and Louis K. Meisel, New York
    © Tom Blackwell, Courtesy by Institute for Cultural Exchange, Tübingen, Germany, 2016

    Il s’agit donc bien de peinture et je l’ai perçu davantage devant un arrière-plan flou, des jeux de reflets dans une vitrine de magasin, des ombres, un visage sans contour… Les vues urbaines et les paysages sont particulièrement troublants de réalisme, mais quand nous regardons autour de nous en nous promenant, et même à l’intérieur, voyons-nous aussi net que sur ces peintures ? Ou le regard sélectionne-t-il toujours un point d’appui, laissant le reste dans le vague ?

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    Anthony Brunelli, Main Street, 1994, Courtesy of Louis K. Meisel Gallery, N.Y., image
    © Anthony Brunelli photo, Institut für Kulturaustausch, Tübingen, Germany, 2016.

    La lumière se joue des choses, elle est bien sûr à l’œuvre sur ces toiles, particulièrement dans les représentations d’objets en verre (qui m’ont fait penser à Ken Orton, bien qu’il ne soit pas exposé ici). Les peintures de Richard Estes montrent les métamorphoses dues à la réflexion.

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    © Richard Estes, Car Reflections, 1969 (Private Collection)

    Bref, le photoréalisme, tout compte fait, donne beaucoup plus à voir que les choses mêmes ! « I’m not duplicating life, I’m making a statement about human values » déclarait le sculpteur hyperréaliste Duane Hanson, exposé ici en 2014.

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    Juan d'Oultremont, Dresser le tableau, 2016
    © 
    Juan dOultremont photo Cissiste international

    « RIEN NE VA PLUS ! Pictures at an exhibition. Juan d’Oultremont » : il vous faut traverser les collections permanentes – leur nouvelle présentation est très belle – pour visiter la deuxième exposition d’été au musée d’Ixelles. J’ai eu la chance de la découvrir en compagnie de Juan d’Oultremont, un artiste bruxellois qui aime surprendre et qui le fait bien, fondateur du mouvement Cissiste International 

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    Palette de nettoyage 2013 atelier Francis Alys © photo Juan d'Oultremont - Cissiste International

    Au départ, une pochette 33 tours des Tableaux d’une exposition de Moussorgski décorée d’une palette. 63 artistes belges et étrangers à qui il en a envoyé un exemplaire ont accepté d’utiliser cette pochette comme leur propre palette et ces 63 palettes contemporaines forment une des pistes du grand jeu musical et pictural auquel nous sommes invités ici : les connaisseurs reconnaîtront peut-être tel ou tel peintre avant de chercher à quel nom correspond le numéro sur la liste (elle-même présentée sur une pochette à prendre à l’entrée du parcours). Michaël Borremans a couvert presque toute la surface de tons bruns, Annick Leizin y a formé des bulles de couleurs diverses, d’autres se sont limités aux contours de la palette initiale ou ont carrément tout recouvert.

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    Palette Annick Lizein ©  photo Juan d'Oultremont - Cissiste International

    A côté de ces variations sur un même thème, des toiles – surprenante Charlotte Beaudry –, quelques sculptures, et même une voiture peinte par un système de car-wash reconverti ! Sur des tables, Juan d’Oultremont a disposé par « familles » une collection de 250 pochettes, autant de versions discographiques différentes des Tableaux d’une exposition. (Lui-même a dessiné des pochettes pour certains chanteurs, comme vous pouvez vous en rendre compte sur le site de cet artiste pluridisciplinaire.)

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    Palette Stephan Balleux © photo Juan d'Oultremont - Cissiste International

    Les diverses façons dont le titre suggestif de Moussorgski a été illustré sur les pochettes de disques reflètent une évolution visuelle, des choix d’illustrateurs : déambulation dans une salle d’exposition, portraits d’interprètes, paysages, graphismes attendus ou inattendus. J’ai pensé d’abord à chercher Ekaterina Novistkaya qui avait gagné en 1968, le Reine Elisabeth de piano en jouant Moussorgski à seize ans – elle m’avait épatée – et je l’ai trouvée ! Une bande-son accompagne évidemment cette installation pleine de fantaisie. « L’art est-il un jeu ? » titrait déjà Juan d’Oultremont en 2002.

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    Catalogue Rien ne va plus Tableaux d'une exposition Juan d'Oultremont

    J’ai malheureusement oublié de me procurer le catalogue original de « Rien ne va plus ! » au format livre de poche, qui m’aurait permis de vous en dire davantage, mais au fond, c’est aussi bien : allez-y, le musée d’Ixelles vous invite à ces deux expositions jusqu’au 25 septembre. Et en prime, celle d’Oriol Vilanova, lauréat Art’Contest 2015 (dont je ne vous dis rien, ne l’ayant pas vue).

  • Jour d'imposte

    Jour. Ouverture aménagée dans une construction pour laisser passer le jour.

    Imposte. Pièce de menuiserie, comportant ou non une partie vitrée, placée dans la partie supérieure d'une baie de porte ou de fenêtre au-dessus des battants.

    Petit-bois, petit-fer. Petit élément en bois ou en fer subdivisant le vitrage d’un châssis.

    Quartier HH (36).JPG

    Le glossaire de l’architecture est fort utile à consulter pour mieux lire les notices de l’Inventaire du patrimoine architectural en région de Bruxelles-Capitale (il suffit d’y cliquer sur les liens pour accéder aux définitions). Celui-ci met des mots sur ce que je regarde chaque fois que je sors du supermarché près de chez moi :

    « Jour d’imposte de la porte à vitrail figurant des fleurs. »

    « Jour d’imposte de la porte à petits-bois et vitrail figurant un papillon. »