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noël - Page 2

  • Comme une aile d'ange

    Noël Carrillo Et la question.jpg

    Et la question arriva d’en haut
    comme une aile d’ange
    fracturant la nuit

    Personne ne sut d’où elle tombait
    mais elle était désormais posée
    à même la terre
    à même chaque visage

    une question de vie ou de mort
    nue
    insolente
    de celles qui empêchent toute somnolence
    et rendent à jamais pèlerin
    la question que seul un dieu pouvait poser

    qu’est-ce qui en toi n’est pas encore né ?

    Francine Carrillo, Le Plus-que-Vivant, Labor et Fides

    in Kerkebeek n° 139, décembre 2019-janvier 2020, page 6

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    Bonne fête de Noël à chacune, à chacun d'entre vous & à lundi !

    Tania

     

  • Noël au coeur

    noël,maison de soins,décor de noël,présenceCe sont deux petits personnages de Noël, qui chantent à gorge déployée en regardant le ciel. Ils se tiennent pas loin de la crèche, sur une cheminée de briques en papier, avec de vraies branches dans l’âtre. Au-dessus, la couronne de boules dorées attire le regard, et sa cloche rouge.

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    La semaine dernière, des résidents de la maison de soins ont mis la main à la pâte pour confectionner les décorations de Noël, attacher des boules aux couronnes d’osier, plier, découper, assembler : les bougies sur la cheminée sont en papier aussi, pas de danger. Des couronnes, des étoiles sont accrochées un peu partout dans la cafétéria.

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    D’habitude, c’est le coin des enfants qui viennent en visite. Maintenant, des hommes et des femmes qui ne peuvent plus vivre seuls vont y regarder la cheminée, les coussins aux couleurs de Noël dans le petit canapé tout près, un petit ours avec son bonnet. Et le plus précieux, c’est de tenir une main dans la sienne, c’est la présence d’un être cher, c’est Noël au cœur.


    Bonne fête de Noël !    

    Tania     

  • Dîner de Noël

    « Quand on accueille beaucoup les êtres, on n’est jamais ce qui s’appelle seul. La classe (mot détestable, que je voudrais voir disparaître comme le mot caste) ne compte pas ; la culture, au fond, très peu : ce qui n’est certes pas dit pour rabaisser la culture. Je ne nie pas non plus le phénomène qu’on appelle « la classe », mais les êtres sans cesse le transcendent.

    Ciel étoilé.jpg

    Non que l’indifférence, la méfiance, l’hostilité n’existent pas ici, ou alors cette île [l’île des Monts-Déserts] serait véritablement le « Paradis du cœur », ce à quoi elle ne peut prétendre. Mais ces états de choses se rencontrent certainement un peu moins qu’à New York ou à Paris. Je n’en donnerai qu’un exemple : durant les dernières années de sa vie, l’amie que je viens de perdre [Grace Frick] « sortait » relativement peu, mais il était convenu qu’elle assisterait avec moi au dîner de Noël chez des amis résidents de l’île, couple fort à l’aise (je suis obligée de donner ce détail pour qu’on comprenne mieux ce qui va suivre), sans d’ailleurs être richissime, possédant au bord de la mer de beaux bois où s’abritent les oiseaux et les bêtes sauvages qu’ils nourrissent par temps de gel et de neige. Pour les situer complètement, j’ajoute qu’ils sont irlandais et catholiques. Il y a deux ans (ce devait être, pour l’amie disparue depuis, son dernier Noël) il était arrangé que nous dînerions ensemble tous les quatre, sans autres invités, pour ne pas fatiguer la malade. Le matin de Noël, j’ai entendu au téléphone la voix de Mrs. G. : « J’ai rencontré ce matin au village l’éboueur. Comme chacun sait, sa femme vient ces jours-ci de l’abandonner, avec leur fils de quatorze ans. Je les ai invités tous les deux : j’espère que vous m’approuvez et qu’ils ne fatigueront pas G. » Bien entendu, nous approuvions, et nous avons eu ce soir-là un beau repas de Noël au coin du feu entre six personnes qui se sentaient amies. Je suis même presque embarrassée de souligner la chose, qui devrait aller de soi. »

    Marguerite Yourcenar, Les yeux ouverts

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    Joyeux Noël
    &

    « Paix aux hommes de bonne volonté »

    Tania

     

  • Lumière du ciel

    « Au moment où la lune plonge dans les lames de plus en plus serrées, la certitude de la neige nous vient. Mais comme il est rare de pouvoir surprendre la chute du premier flocon ! Levez le visage, tendez les mains, fermez les yeux, les paupières sensibles révèleront peut-être un pétale de neige ! 

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    Photo Janvier 2013

    Il est aussi difficile de saisir ce premier flocon que de surprendre le moment où la surface d’un étang se couvre de glace… il y a un instant, l’espace était plein de l’odeur de la neige, mais il ne neigeait pas… la lune brassait la neige à pleins rayons, mais il ne neigeait pas. Notre visage interrogeait en vain l’air adouci, mais pas un duvet ne venait le caresser, et voici que soudain tout l’espace floconne, danse, fleurit, et que toute la lumière du ciel vient baiser la terre.

    La lumière du ciel ?...

    Solstice d’hiver, Noël, le véritable cycle de l’année recommence. Dans cette campagne endormie, dans cette descente continue de la neige, dans cette absence absolue de tout mouvement latéral, le ciel et la terre échangent des messages. Nos cœurs sont aussi comblés de symboles que cette nuit est comblée de blancheurs. Tenons-nous au centre de tout, comme si nous étions la rose des vents, immobile, au commencement du monde. »

     

    Marie Gevers, Décembre et la neige (Plaisir des météores)

     

     

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    Bonne fête de Noël
    à toutes & à tous !