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blogosphère

  • Lundi, mardi

    Lire Comment j’ai vidé la maison de mes parents était une chose, vider l’appartement de ma mère en est une autre. Pour Lydia Flem, c’était en même temps un travail de deuil ; ce n’est pas mon cas, heureusement. Nous rêvons, pour ceux qui nous sont chers, pour nous-mêmes, d’une vie autonome jusqu’au bout, avec de l’aide bien sûr, mais chez soi ; l’accident ou la maladie, le grand âge y mettent souvent un point final, qu’on le veuille ou non.

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    Mes lectures, mes heures de loisir s’espacent. Je pourrais, comme en août, ralentir le rythme du blog. Je préfère, pour quelques semaines, tenter autre chose. Les billets de début de semaine seront plus courts et plus variés. Tant de pistes d’inspiration s’offrent sur les blogs amis : laboratoire d’écriture, poésie, photos, souvenirs, citations, paroles de sagesse, bonheurs du jour, cueillettes dans la presse ou sur les blogs…

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    Amies, amis de la blogosphère, vous m’excuserez d’être ces temps-ci moins présente sur vos blogs – je continue à vous lire régulièrement, je commente moins. Serez-vous plus compréhensifs que Mina la chatte, qui ne voit pas ces absences d’un très bon œil, elle qui aime tant se laisser bercer par le cliquetis du clavier ?

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    Lundi, mardi, ce sera donc une autre façon de bloguer, sans vider le blog de ces échanges qui me sont chers. Juste le temps d’un café, d’un thé, d’un impromptu, cela peut être gai aussi, non ? Bonne semaine & à bientôt.

    Tania

     

     

  • 2008-2016

    Textes & prétextes a huit ans aujourd’hui, c’est le troisième 29 février de ce blog, par la grâce d’une année bissextile. Pour fêter cela, j’ai choisi de partager avec vous quelques billets que j’ai aimé découvrir dans la blogosphère ce mois-ci.

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    Merci à tous ceux & celles qui font vivre les échanges sur ce blog.
    Merci à tous ceux & celles qui le visitent en silence, fidèlement.

    Tania

    1/2   « Du fond de mon cœur » (Keisha)
    2/2   « Adrienne aime les nuages » (Adrienne)
    4/2   « Ces livres qui réchauffent » (Carl Vanwelde)
    5/2   « L’heure du thé » (Jacinthe en ville)
    5/2   « Le pouvoir des mots et de la langue » (Alienor)

    6/2  
    « C’est le temps… » (Alezandro)
    7/2   « Le manteau rouge » (Ariane)

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    8/2   « De la civilisation » (Zoë Lucider)
    8/2   « Parler météo » (Nikole)
    9/2   « Refléter » (Fifi)
    10/2 « Lettre à Ulysse / Carta a Ulises » (Colo)
    10/2 « Crimes et châtiments »
    (Christw)
    11/2 « A l’Hôtel de Caumont » (Bonheur du jour)
    12/2 « Aléatoire » (Chinou)

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    14/2 « Journal de bord des Vagues -9 [une respiration saccadée] » (Christine Jeanney)
    16/2 « NaHaiWriMo J. 16 » (Danièle Duteil)
    16/2 « Autoportrait avec convictions » (K)
    17/2 « Les chants du bonheur retrouvé » (Doulidelle)
    17/2 « Bruxelles : Les musées royaux des Beaux-Arts : Le musée Fin de siècle » (Claudialucia)
    17/2
    « Evangile pour un gueux dAlexis Ragougneau » (Valérie G) 
    19/2 « L’invasion des cacafougnas » (Edmée De Xhavée)

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    21/2 « Se tenir » (La bacchante)
    22/2 « Une huitième foire du livre de Bruxelles » (Mina Merteuil)
    22/2 « Art, de Yasmina Reza » (Niki/Sheherazade2000)

    22/2 « Activités culturelles à Gand » (Un petit Belge)
    23/2 « La Pluie jaune - Julio Llamazares » (Dominique)
    23/2 « Retour à Oapkine » (Aifelle)
    26/2 « Rosa Montero, Des larmes sous la pluie » (Maggie)

     

     

     

  • Atmosphère

    Depuis six ans dans la blogosphère,
    mon autre atmosphère.
    A la suite de Marilyne et de Mina,
    je vous propose pour cet anniversaire
    quelques pages où j’ai pris l’air ce mois-ci.
    Merci, amies & amis blogueurs & visiteurs !
    Bonne balade en lignes.
     

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    L'oreille tourbillonnante de Calder au-dessus du Mont des Arts, 17h, Bruxelles

    1er février : A comme Adrienne, P comme Perec.

    2 février : Bonheur du soir.

    3 février : "Deux" de Nemirovsky.

    4 février : S’embrumer.

    5 février : L'appel dun grand-père inquiet.

    6 février : Un e vous manque, et tout est défloré.

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    7 février : Véhémences chiliennes chez Colo.

    8 février : Jane L., de lart nouveau à lhallucination.

    9 février : Lire Juliet, rappelle Keisha.

    11 février : De la neige sur Tokyo.

    12 février : Ecouter lire avec Christw.

    13 février : L’art brut, Zoë est de retour.

    14 février : Niki aime les préraphaëlites.

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    Un peu de musique ?

    16 février : Danièle au kukaï breton.

    17 février : Coumarine et les mondes parallèles.

    18 février : Un poète chuchote chez Aifelle. 

    19 février : Dominique sur les traces d’un contrebandier.

    20 février : Des nouvelles belgissimes.

    21 février : Du flou dans les yeux d’Ariane.

    23 février : La meilleure nouvelle du mois !

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    24 février : Sur la toile d’Armando 

    25 février : Lali, lart dillustrer les vers.

    26 février : Comment vivre, d’un blog à lautre.

    27 février : Le vertige du monde, dOrmesson chez Armelle.

    28 février : Un grillon à Saint-Pétersbourg.

  • Monologue

    Monologue de Marat, personnage central, résistant (et libertin) :

     

    « … C’est vrai, je mange seul, je parle seul. Un conspirateur est bien obligé de vivre seul : le métier l’exige. Je monologue à longueur de journées dans les rues et les jardins, les cafés et les restaurants, les trains et les gares, les salles d’attente et les chambres d’hôtel, ah ! j’aurai mené mon monologue intérieur dans tous les hôtels de France, zone sud et  zone nord, commis voyageur en terrorisme. La Résistance, le terrorisme comme disent les journaux, est essentiellement une longue promenade solitaire avec toutes sortes de pensées,
    de souvenirs, de projets, d’amours secrètes et de rages étouffées, qu’on remâche sempiternellement, entre les rendez-vous d’une minute, entre deux signaux,
    entre deux messages attendus huit jours et qu’il faut aussitôt brûler, entre deux amis fusillés, entre les yeux des flics qui vous guettent, entre chaque station de l’interminable itinéraire qui mène – malheur à soi s’il n’y mène pas -, qui mène au grand jour de sang où seront lavées toutes les hontes… »

     

    Roger Vailland, Drôle de jeu, Phébus libretto, 2009, 297 p., page 48.

     

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    Affiche du Secrétariat Général de l'Information,
    Vichy, 1943 (Photo JEA)

  • Drôle de jeu / JEA

    Antisémitisme, Ardennes de France, Baroque, Bibliothèque, Brel, Brèves, Caussimon, Chansons, Chronique, Cinéma, Ferré, Histoire, Histoire 14-18, Histoire 40-45, Itinéraires, Pages nomades, Photographie, Poésie, Racisme, Reggiani, Ruralité, Toponymie, Village, Voyage(s) - vous vous situez ? 

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    Quand j’ai lancé Textes & Prétextes, j’imaginais une aventure plutôt solitaire, or la blogosphère bruisse de liens. Pas seulement de renvois vers d’autres pages, d’autres sites, mais de relations inédites qui se nouent avec le temps entre ceux qui écrivent et ceux qui lisent, ou l’inverse, par l’échange des commentaires. Si vous avez cliqué sur ces initiales, JEA, vous connaissez déjà « Mo(t)saïques », son blog remarquable écrit « dans la marge – et pas seulement par les (dis)grâces de la géographie et de l’histoire… » A travers ses chroniques blanc sur noir, rigoureusement documentées, ses poèmes parfois toponymiques au rythme des saisons et des paysages, le rouge entretient les braises d’un bon feu de mémoire et de solidarité au présent voyez sa 200e page, généreusement fêtée. JEA a récemment ouvert des « pages nomades » où il m’a fait l’amitié d’une invitation. Dans l’esprit de cette « amicale », je lui laisse la plume pour vous présenter Drôle de jeu, de Roger Vailland. 

     

    * * *

     

    La première page porte la date du 17 juin 1940. Ce Journal se referme le 23 juin 1943.

    Son auteur, Daniel Cordier, « Alias Caracalla » (1), y décrit scrupuleusement son  itinéraire depuis Bayonne. Quand le dos tourné à une France se pétainisant, il va s’engager à 19 ans dans les Forces françaises libres à Londres. Y rongeant à sang toutes ses impatiences. Jusqu’au 25 juillet 1942. Volontaire, il est parachuté près de Montluçon. Envoyé pour devenir le radio (Bip W) de Georges Bidault (2), il se retrouve secrétaire de… Jean Moulin. Daniel Cordier en sera inséparablement fidèle jusqu’à l’arrestation de Rex, le 21 juin 1943.

    Parti en Angleterre antisémite impur et dur, son cheminement le conduit à voir de ses propres yeux les préparatifs et les applications journalières du judéocide en France.
    Il ne s’en guérira pas.

    Parti d’Angleterre avec la conviction que la résistance en France était idéaliste et « efficace », il est obligé de comprendre que « la réalité est tout autre : les mouvements sont incapables de mobiliser des hommes déterminés, même peu nombreux, en vue d’opérations de choc » (3) telle la libération de Jean Moulin…

    D’ailleurs, quels responsables de mouvements ont-ils voulu seulement lever le petit doigt pour arracher aux bourreaux nazis ce président du Comité National de la Résistance ?

    Et Daniel Cordier de conclure sans exagération : « La vérité est parfois atroce ».

     

    Ce Journal de plus de 900 pages s’ouvre sur cette explication du titre :

    - « En 1943, je fis la connaissance de Roger Vailland, dont je devins l’ami.
    Après la libération, il m’offrit
    Drôle de jeu, récit à peine romancé de notre relation. « J’ai choisi pour votre personnage le pseudonyme de « Caracalla ». J’espère qu’il vous plaira. »

    Aujourd’hui, pour retracer une aventure qui fut, par ses coïncidences, ses coups de théâtre et ses tragédies, essentiellement romanesque, ce pseudonyme imaginaire a ma préférence sur tous ceux qui me furent attribués dans la Résistance. » (4)

     

    Drôle de jeu ? Buchet-Chastel l’a publié en 1945. « Le livre de poche » l’inscrivit ensuite à son catalogue en 1973. En avant donc pour le tour des bouquinistes… Avec des prix parfois indécents. Mais au Journal de Daniel Cordier mis en librairies en mai 2009, succède en novembre une réédition du roman de Vailland par Phébus libretto. Avec sans doute un lien de cause à effet. Ce libretto 303 sera notre référence. 

    Avis à la population.jpg

    Vichy et la Résistance...  Affiche sortant de l'Imprimerie centrale de Beauvais. (Photo JEA)

     

    Dès la découverte du 4e de couverture, les lecteurs (masc. gram.) coincent sur ces précisions soulignées par Roger Vailland en 1945 :

    « Drôle de jeu est un roman – au sens où l’on dit romanesque –, une fiction, une création de l’imagination.

    Ce n’est pas un roman historique. Si j’avais voulu faire un tableau de la Résistance, il serait inexact et incomplet puisque je ne mets en scène ni les maquisards ni les saboteurs des usines (entre autres exemples), qui furent parmi les plus purs et les plus désintéressés héros de la Résistance. Mais Drôle de jeu n’est pas un roman sur la Résistance. Il ne peut fournir matière à aucune espèce de polémique – autre que purement littéraire –, et tout argument d’ordre historique ou politique qu’on y puiserait serait, par définition, sans valeur.

    Si enfin le nom ou le pseudonyme d’un de mes « héros » se trouvait appartenir à un personnage existant réellement, ce serait pure coïncidence, indépendante de ma volonté et sans aucune signification. »

     

    Voilà qui, avec du recul, semble distillé par des cornues bien précautionneuses. Si pas hypocrites. Vailland se réfugie dans les brumes de la fiction pour mieux enfumer ses lecteurs. Ou se protéger des antagonismes entre gaullistes et communistes, entre résistants de la première heure et de la dernière seconde, entre partisans d’une littérature réaliste et ceux qui s’embarquent pour des navigations plus surréalistes ???

     

    Mais dès la première page, l’auteur se dément lui-même. En présentant immédiatement « le patron » :

    - « Caracalla, qui bien qu’admirateur de l’Armée rouge (5), est loin d’être un révolutionnaire ; on raconte même qu’avant la guerre, il était inscrit à l’Action française. » (P. 13).

    Et d’insister, deux pages plus loin :

    - « Au fait, tu ne sais pas, Caracalla c’est un des chefs de la délégation gaulliste…

    - Une huile !

    - Dissident de juin 40, école spéciale en Angleterre, envoyé en France avec trente de sa promotion ; les vingt-neuf autres ont été pris ou tués… Il n’a que vingt-trois ans.

    - Tu travailles avec lui ?

    - Pas directement, mais c’est un ami personnel… » (P. 15).

     

    Impossible de ne pas reconnaître Daniel Cordier.

     

    Ainsi, les voies de deux lectures (au moins) sont-elles ouvertes dans ce Drôle de jeu. L’histoire. Le roman. En complément, voire se confondant, et non au détriment l’une de l’autre.

     

    Pour l’histoire, se distingue par exemple, la figure immédiatement identifiable de Lucie Aubrac. Elle va vraiment arracher Raymond, son mari, des griffes de la Gestapo (6) :

    - « Un jour, elle apprit qu’il allait être transféré dans une autre prison. Elle parvint à avoir la date et l’heure du transfert. Elle courut chez les camarades,
    ils restèrent sceptiques – on se méfie des illusions d’une femme aimante. Elle parvint à les convaincre. Ils n’avaient pas d’armes, tout venait d’être raflé, elle les secoua tellement qu’ils s’en procurèrent et réunirent quelques copains. Elle eut une mitraillette pour elle, car elle les avait persuadés de la laisser participer à l’affaire. Une heure avant l’action, elle parvint à s’isoler quelques instants avec le plus jeune, celui qui lui avait paru le moins sévère :

    « - Montre-moi comment on se sert de cet outil-là, demanda-t-elle. » (P. 34).

     

    Quant à la fiction, Pierre-Robert Leclercq la décrit en ces termes :

    « Drôle de jeu, le plus étonnant des romans que la période de l'Occupation ait inspirés. Son personnage central, François Lamballe, dont le nom de résistant est Marat, mène en effet une vie double, celle d'un combattant et celle d'un libertin. Une coexistence qui n'a rien de schizophrénique.

    Guerre et hédonisme. Les compagnons de Marat s'interrogent. Au cours d'une conversation avec son camarade Rodrigue, Marat donne sa réponse : "La guerre exige la même loyauté que l'amour, c'est pourquoi l'homme noble n'admet que deux occupations, la guerre et l'amour." Lui entend vivre les deux. Homme de plénitude, il est entré en résistance comme on entre en religion, sans renoncer à la sienne, qui est la religion du plaisir (…).

    En filigrane, et donnant une dimension supplémentaire à son propos, le roman nous dit aussi qu'il ne sert à rien de combattre une oppression si c'est pour aller vers la servitude. Quelque peu oublié, Drôle de jeu est en tout cas une grande oeuvre à retrouver ou découvrir. Un livre nécessaire. »

    (Le Monde, 12 novembre 2009).

     

    NOTES :

     

    (1) Daniel Cordier, Alias Caracalla, Coll. Témoins Gallimard, 2009, 931 p.

    Lire : http://motsaiques.blogspot.com/2009/07/p-145-daniel-cordier-une-si-rare.html

    (2) Georges Bidault (1899-1983) succèdera à Jean Moulin comme président du Comité national de la Résistance.

    (3) D. Cordier, op. cit., pp. 899-890.

    (4) id., p. 9.

    (5) Un oubli se creuse. Jusqu’aux débarquements de Sicile puis d’Italie, l’URSS fut seule en Europe à tenir tête aux nazis.

    (6) Le 21 octobre 1943, avenue Berthelot à Lyon, le groupe de Lucie Aubrac (1912-2007) libère d’un fourgon cellulaire Raymond (né en 1914).