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autoportrait

  • Manteau

    De la guerre au selfie (16).jpg« Un visage masqué par un bijou, un manteau brodé, le portrait d’une robe, sont autant de manières d’exposer à la surface, l’intériorité. L’accessoire, la pause, la lumière, même l’absence, tout concourt à raconter une partie de nous. »

    Présentation de la pratique d’Hélène Picard

    Exposition De la Guerre au Selfie, Maison Pelgrims, Saint-Gilles, du 8 au 24 novembre 2019

    © Hélène Picard

  • Interroger les images

    De la Guerre au Selfie : Nathalie van de Walle et Hélène Picard exposent à la Maison Pelgrims à Saint-Gilles des « Images du monde » et des « Images de soi », jusqu’au 24 novembre. En collaboration avec l’association Into Image et Vincent Cartuyvels, ces deux artistes participent à des ateliers d’analyse de l’image « en alternant travail critique et création ludique » (document de présentation).

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    "De la Guerre au Selfie", Maison Pelgrims, Saint-Gilles

    Vous vous rappelez peut-être « Tsunami à 360° », l’extraordinaire œuvre gravée que Nathalie van de Walle avait montré à Gembloux il y a cinq ans. Depuis lors, elle continue à développer ce travail de gravure à partir d’images du monde : des structures au chaos, du chaos aux structures. Nous avons vu tant d’images de catastrophes, d’accidents, de guerre – qu’en faisons-nous ? Les laissons-nous simplement s’accumuler, s’effacer ?

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    Ici, elle part de photos prises à divers endroits, principalement en Syrie, d’immeubles effondrés, de villes désossées, de ruines. Ces clichés jonchent le sol sous une grande gravure imprimée : ils serviront à l’atelier qu’elle animera pour des enfants. Avec des fragments d’images issues de son travail, ils pourront « découper, assembler, coller, superposer des motifs » et « réfléchir au lien entre soi et le Monde » tout en prenant conscience « de la force d’impact des images que nous voyons tous les jours ».

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    © Nathalie van de Walle

    Des bois gravés côtoient dans la grande salle des gravures sur papier, c’est intéressant d’observer comment ils se répondent et se correspondent. Accrochés au mur, ils ont un sens, on arrive mieux à les lire ; posés sur des sortes de palettes à même le parquet, ils désorientent le regard et font ressentir à quel point la guerre, la violence, mettent le monde sens dessus dessous.

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    Détail © Nathalie van de Walle

    Les œuvres de Nathalie van de Walle sont fascinantes et par le magnifique travail de gravure et par leur originalité qui bouscule notre perception de l’image – de l’image du monde à l’image artistique.

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    © Nathalie van de Walle

    Hélène Picard choisit pour point de départ l’image de soi, des selfies pris « pour l’accompagner dans une période douloureuse ». Sa quête des différentes facettes de l’identité s’exprime à travers la peinture et le vêtement, des modes d’expression où les couleurs s’invitent.

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    © Hélène Picard

    Ses toiles sont mystérieuses, entre voiles de couleur et dévoilement. « Le portrait est une image fabriquée », a fortiori l’autoportrait. C’est le sujet de l’atelier qu’elle anime.

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    © Hélène Picard

    Faire cohabiter ces deux univers dans les espaces d’exposition de cette belle demeure ancienne qu’est la Maison Pelgrims ne va pas de soi. L’incongruité est voulue : elle reflète deux réalités contemporaines du monde des images dans lequel nous vivons. Nathalie van de Walle et Hélène Picard montrent ici une partie de leur travail et les intentions de leurs ateliers, ce n’est pas vraiment un accrochage à la manière d’une galerie d’art. Comprendre quel rapport il peut y avoir entre les deux, comment notre préoccupation de nous-même se relie à notre perception du monde, voilà l’enjeu.

  • Chercher

    Schjerfbeck à son chevalet photo.jpg« Je ne suis rien, absolument rien, tout ce que je désire faire, c’est peindre, chercher. – Ce doit être ceci qui fait la grandeur des peintres, de sorte qu’ils ne vieillissent jamais: le fait qu’il y a toujours encore quelque chose à conquérir. »

    Helene Schjerfbeck

    André Hirt, Ce rien que moi dur et glacial, Encre marine, 2012

     

    Helene Schjerfbeck à son chevalet chez elle à Tammisaari (1937).
    Photo H. Holmström FNG/CAA, collection Gösta Stenman

     

  • Schjerfbeck, peintre

    J’avais prévu d’aller à une exposition ce vendredi après-midi, mais le gel, le verglas, le grésil – et enfin la neige – m’ont retenue au chaud. La lettre d’Europeana dans ma boîte de réception ne pouvait tomber plus à point, avec ses « Trésors de la Galerie nationale finlandaise » en ligne, où un autoportrait retient mon regard, celui d’Helene Schjerfbeck (1862-1946) dont le nom m’était inconnu, une peintre finlandaise réputée.

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    Helene Schjerfbeck, Autoportrait, 1915, Galerie nationale de Finlande

    Dans un article pour Connaissance des Arts, Frank Claustrat a présenté « Helene Schjerfbeck, franc-tireur de la peinture moderne » à l’occasion de la rétrospective organisée à Helsinki en 2012 pour le 150e anniversaire de sa naissance. Il la cite : « « Je ne veux suivre aucun isme ; vivre seule c’est toujours ce à quoi j’ai aspiré, parler d’art de temps en temps avec toi, regarder ensemble des reproductions ». Cette déclaration de Schjerfbeck à son ami peintre Einar Reuter, en 1931, résume à la fois la femme et l’artiste singulières qu’elle fut : rebelle et à la marge, secrète et passionnée. »

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    Helene Schjerfbeck, portrait d'Helena Westermarck, 1884, Art museum Gösta 

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    Helene Schjerfbeck, La porte (chapelle Notre-Dame de Trémalo à Pont-Aven), 1884 

    Enfant douée, elle arrive à Paris en 1880 grâce à une bourse, elle y étudie entre autres à l’académie Colarossi avec une amie, Helena Westermarck, une artiste suédo-finlandaise également écrivaine. Wikipedia.fr montre des toiles peintes à la fin du XIXe siècle, des scènes avec des enfants surtout, réalistes, comme cette fillette en blanc et noir nouant les lacets de ses chaussures de danse – une de ses œuvres les plus populaires. Des femmes en chemin vers l’église, les plus âgées en châle noir, missel à la main.

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    Helene Schjerfbeck, Fillette enfilant ses chaussures de danse, 1882

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    Helene Schjerfbeck, Le convalescent, 1888

    Expositions à Paris, voyages en Europe, Helene Schjerfbeck connaît le succès. Rentrée en Finlande, elle enseigne régulièrement à l’école de dessin de l’association des arts à Helsinki, jusqu’à ce que sa santé fragile et les soins apportés à sa mère l’en éloignent. Elle s’installe alors à une cinquantaine de kilomètres, à Hyvinkää, et y développe un art plus personnel – « postmoderniste » selon le Wiki anglais – en choisissant des sujets autour d’elle, des personnages de son entourage, des ouvrières ; elle peint aussi des paysages et des natures mortes.

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    Helene Schjerfbeck, La couturière, 1905

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    Helene Schjerfbeck, Fillette sur le sable, 1912, Galerie nationale de Finlande

    Auriez-vous vu l’exposition qui lui a été consacrée au Musée d’art moderne de la Ville de Paris en 2007-2008 ? Les archives du musée en ligne ne remontent pas jusque-là. Heureusement Wikimedia Commons propose de nombreuses œuvres d’Helene Schjerfbeck, ce qui permet d’observer l’évolution de son style, du réalisme voire du naturalisme de ses débuts vers une peinture qui va à de plus en plus à l’essentiel : des traits, des silhouettes épurées, des halos qui donnent à certaines toiles du mystère à la Spilliaert.

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    Helene Schjerfbeck, Fille lisant (Fille assise), 1904, Galerie nationale de Finlande 

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    Helene Schjerfbeck, portrait de l'acteur Matti Kiianlinna, 1926-1927

    Elle n’hésitait pas à reprendre des anciens sujets dans une nouvelle technique, comme le thème du Convalescent – une Convalescente ? –, une toile primée à Paris en 1889, qu’elle redessine pour une lithographie en 1938-1939, à l’âge de 76 ans. « Maintenant que j’ai si rarement la force de peindre, j’ai commencé un autoportrait », écrivait-elle à un ami en 1921. « De cette façon, le modèle est toujours disponible, même si ça n’a vraiment rien d’agréable de se voir. » (Wif Stenger, Le touchant univers d’Helene Schjerfbeck)

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    Helene Schjerfbeck, Autoportrait, 1884-1885

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    Helene Schjerfbeck, Autoportrait, 1942

    Helene Schjerfbeck est entre autres célèbre pour ses autoportraits. Quel chemin parcouru entre celui de sa jeunesse, à vingt-deux, vingt-trois ans et celui qu’elle peint en 1942, quelques années avant sa mort dans un sanatorium. Je ne parle pas de la différence d’âge, vous l’avez compris, mais du témoignage ainsi donné par une grande artiste : sans cesse réinventer sa façon de peindre, au plus juste de sa sensibilité.

  • Pas de nom

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    « Les femmes n’ont pas de nom. Elles ont un prénom. Leur nom est un prêt transitoire, un signe instable, leur éphémère. Elles trouvent d’autres repères. Leur affirmation au monde, leur « être là », leur création, leur signature, en sont déterminés. Elles s’inventent dans un monde d’hommes, par effraction. »

    Marie Darrieussecq, Etre ici est une splendeur. Vie de Paula M. Becker

    Paula Modersohn-Becker, Autoportrait au sixième jour de mariage, 1906,
    Musée Paula Modersohn-Becker, Brême