Gaston Haustraete (1878-1949), Rue de Bruxelles
Il ne suffit pas d'un tas de maisons pour faire une ville
Il faut des visages et des cerises
Des hirondelles bleues et des danseuses frêles
Un écran et des images qui racontent des histoires
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Gaston Haustraete (1878-1949), Rue de Bruxelles
Il ne suffit pas d'un tas de maisons pour faire une ville
Il faut des visages et des cerises
Des hirondelles bleues et des danseuses frêles
Un écran et des images qui racontent des histoires
Cloches de Pâques
La ville est belle, c’est dimanche
le soleil filtre entre les branches
Les tramways, peints en jaune, glissent
En crépitant sur le rail lisse
Un pigeon blanc sur le toit bleu
est un spectacle agréable
Ce jeune homme est élégant
il ne boutonne pas ses gants
« Au Zèbre du Zanzibar »
la belle enseigne pour un bar
Près de son père une Antigone
passe, souriante, en tea gown
Les marronniers sortent de terre
corrects comme des notaires
Ces vers, mesdames, je les veux
taillés courts comme vos cheveux
Paul Neuhuys, L’arbre de Noël (1927) in
On a beau dire, Labor, Bruxelles, 1984.
Pour les cheveux du blé, l’œil de la prune,
Pour un sanglot de colombe assouvie,
Pour le mutisme d’une écorce brune
Je ne désire que louer la vie.
Pour ce duvet qu’un doigt du vent dévie
Sur l’eau du ciel où transparaît la lune
Je vais fluide et je n’ai d’autre envie,
Comme chacun d’ici, comme chacune,
Que d’être prononcé, syllabe obscure
Du long récit qui sans bruit se murmure
Par l’insecte irisé, la sombre mousse,
Et de porter de seconde en seconde
La nouvelle de naître à la très douce
Eternité que respire le monde.
Robert Vivier, Chronos rêve, in Poésie 1924-1959,
Editions universitaires, Paris, 1964.
Sous la cloche de cristal bleu
De mes lasses mélancolies,
Mes vagues douleurs abolies
S'immobilisent peu à peu:
Végétations de symboles,
Nénuphars mornes des plaisirs,
Palmes lentes de mes désirs,
Mousses froides, lianes molles.
Seul, un lys érige d'entre eux,
Pâle et rigidement débile,
Son ascension immobile
Sur les feuillages douloureux,
Et dans les lueurs qu'il épanche
Comme une lune, peu à peu,
Elève vers le cristal bleu
Sa mystique prière blanche.
(cf. Le Symbolisme en Belgique, MRBA, Bruxelles)
« Neige était devenue funambule par souci d’équilibre. Elle, dont la vie se déroulait comme un fil tortueux, entrelacé de nœuds que nouaient et dénouaient la sinuosité du hasard et la platitude de l’existence, excellait dans l’art subtil et périlleux consistant à évoluer sur une corde raide.
Elle n’était jamais aussi à l’aise que lorsqu’elle marchait à mille pieds au-dessus du sol. Droit devant elle. Sans jamais s’écarter d’un millimètre de sa route.
C’était son destin.
Avancer pas à pas.
D’un bout à l’autre de la vie. »
Maxence Fermine, Neige