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Culture - Page 53

  • Au musée d'Orsay

    Parmi les acquisitions des dernières années présentées sur le site du musée d’Orsay, j’avais repéré quelques œuvres à découvrir au niveau supérieur. En traversant une passerelle, j’ai le regard attiré par cette plaquette de Charles René de Paul de Saint-Marceaux, sculpteur et médailleur : Vieillesse (ou Hiver). J’admire ses lignes, je frissonne en observant les oiseaux qui s’approchent de ce beau nu féminin dont les mains et les pieds sont si bien rendus. (Le musée possède un pendant, Le Printemps, non exposé.)

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    Charles René de Saint-Marceaux, Hiver, 1897
    Plaquette uniface en cuivre argenté ou étamé, H. 19,3 ; L. 24 ; EP. 1 cm, Musée d’Orsay

    Une foule se presse au café Campana sous l’horloge à travers laquelle on aperçoit le Sacré-Cœur sur sa butte – il faisait plus calme au restaurant, heureusement. Les « cloches » et le décor des frères Campana, designers brésiliens, sont censés créer une ambiance « onirico-aquatique » inspirée des dessins d’animaux marins d’Emile Gallé.

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    Georges Morren, A l'Harmonie (Jardin public), 1891, huile sur toile,
    49,8 x 100,1 cm (achat en 2019), Musée d’Orsay

    Dans la galerie des Impressionnistes, le pas ralentit : tant de chefs-d’œuvre ! Arrêt devant A l’Harmonie, une peinture de George Morren qui représente une journée ensoleillée dans un parc d’Anvers, un impressionniste belge à rapprocher de Seurat (Un dimanche à La Grande-Jatte) : il y a quelque chose d’étrange dans cette « vision d’un monde idéalisé où des femmes et des enfants sages prennent soin les uns des autres dans un décor bien ordonné » (communiqué de presse). La fillette à l’ombrelle rouge n’a pas un regard pour celle qui s’est arrêtée en face d’elle.

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    Edgar Degas, Le Tub, Entre 1921 et 1931, Statuette en bronze patiné,
    H. 22,5 ; L. 43,8 ; P. 45,8 cm, Musée d'Orsay.

    Voilà Le Tub en bronze de Degas dont je ne me souvenais pas, plus grand que je ne l’imaginais (plus de quarante centimètres de côté) : que c’est beau ! Nous admirons la statuette sous tous les angles en pensant au fameux pastel homonyme. Degas a souvent montré les femmes à leur toilette. Celle-ci lave son pied gauche et appuie l’autre sur le bord de la bassine en zinc. On voit bien le socle fait de « linges trempés » comme il le décrivait à un ami dans une lettre.

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    Gustave Caillebotte, Les Soleils, jardin du Petit GennevilliersVers 1885, Huile sur toile
    Sans cadre H. 130,5 ; L. 105,8 cm / avec cadre H. 158,8 ; L. 133,5 ; EP. 4 cm, Musée d'Orsay

    On a donné une place centrale à l’œuvre de Caillebotte récemment acquise par dation : Les Soleils, jardin du Petit Gennevilliers, une vue de son jardin. Comme Monet, il se voulait « peintre-jardinier » et s’enthousiasmait pour les grands tournesols, une culture exclusivement ornementale à l’époque. « Le choix d’un étonnant format vertical, et l’écrasement des plans provoqué par la juxtaposition du proche et du lointain, sont peut-être inspirés par l’exemple de l’estampe japonaise et par la photographie. » 

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    Meijer De Haan, Nature morte au lilas1890, Huile sur toile,
    H. 39,8 ; L. 32,2 cm. Musée d'Orsay

    Meijer de Haan : connaissez-vous ce peintre néerlandais ? Une exposition a été consacrée ici en 2010 à cet artiste qui peignait aux côtés de Gauguin au Pouldu et à Pont-Aven. Ils ont décoré ensemble la salle à manger de l’auberge de Marie Henry (dont de Haan fut l’amant). Le musée d’Orsay a acheté cette charmante Nature morte au lilas en 2016 (vente publique), elle complète quelques natures mortes de ce peintre déjà dans ses collections.

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    Maurice Denis, Le Christ vert, 1890
    Huile sur carton H. 21 ; L. 15 cm, Musée d'Orsay

    Autre nouveauté, ce Christ vert de Maurice Denis acquis en 2020, « à la fois une scène religieuse et une expérience picturale radicale » (cartel). Une peinture plus petite que je ne pensais, mais d’une grande présence. « Je crois que l’art doit sanctifier la nature ; je crois que la vision sans l’Esprit est vaine ; et c’est la mission de l’esthète d’ériger les choses belles en immarcescibles icônes » (Maurice Denis, cité dans le commentaire du musée).

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    Odilon Redon, deux Figures, 1901, 
    Huile, détrempe, fusain et pastel sur toile, Musée d'Orsay

    Un gros coup de cœur m’a retenue dans la galerie Françoise Cachin : le décor d’Odilon Redon pour le baron Robert de Domecy, quinze panneaux destinés à son château. « Je couvre les murs d’une salle à manger de fleurs, fleurs de rêve, de la faune imaginaire » écrivit-il pendant la réalisation de ce décor. Dans Figure, fleur jaune, la fleur tient lieu de soleil au-dessus du paysage derrière une silhouette vêtue d’un voile rouge fleuri, qui fait face à une autre Figure dans son pendant du même format longiligne.

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    Odilon Redon, Décoration Domecy : frise de fleur, marguerite rose
    et frise de fleur et baies, 1901, Musée d'Orsay

    Des panneaux et des frises sont accrochés aux quatre murs de la salle, dominée par trois grandes peintures de près de deux mètres et demi de hauteur, d’un peu plus d’un mètre soixante de largeur – immersion assurée : Arbre sur un fond jaune, La branche fleurie jaune, Arbres sur un fond jaune. Pour moi qui ai manqué l’exposition Odilon Redon. Prince du rêve au Grand Palais en 2011, il reste beaucoup à découvrir de cet artiste dont tant d’œuvres m’ont déjà touchée.

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    Odilon Redon, La Branche fleurie jaune, 1901,
    Huile, détrempe, fusain et pastel sur toile, H. 247,5 ; L. 163,5 cm. Musée d'Orsay

    Sur le site de Narthex, un article montre d’autres fresques décoratives réalisées par le peintre pour la bibliothèque (ancien dortoir) de l’abbaye de Fontfroide. J’y trouve, pour terminer, cette citation d’un article bien plus ancien : « Redon se lassa bientôt de cette sorte d’enfer spiralant et noir où il s’était enfermé ;  il éprouva le besoin de la lumière et monta vers la couleur comme vers un paradis » (in « Odilon Redon, le merveilleux de la peinture » de Marius-Ary paru en 1907 dans la Revue illustrée).

  • Nikita

    Tolstoï Maitre_et_Serviteur GF.jpg« Vassili Andréitch avait bien chaud dans ses deux pelisses, surtout depuis qu’il s’était battu avec la congère ; mais il eut froid dans le dos quand il comprit qu’il fallait réellement passer la nuit là où ils étaient. Pour se calmer, il s’assit dans le traîneau et tira de sa poche cigarettes et allumettes.
    Nikita pendant ce temps dételait le cheval. Il défit la sous-ventrière, la dossière, les guides, les mancelles, enleva la douga, et, sans cesser de parler au cheval, s’efforçait de le réconforter.
    –  Allez, sors de là, sors, – disait-il en le tirant hors des timons. – Voilà, on va t’attacher là. Je vais te donner de la paille et te retirer ta bride, – dit-il en faisant ce qu’il disait. – Tu vas manger, ça ira bien mieux après.
    Mais Bai-Brun, visiblement, n’était pas apaisé par les discours de Nikita et restait inquiet ; il dansait d’un pied sur l’autre, se pressait contre le traîneau, tournait le dos au vent et se frottait la tête aux manches de Nikita.
    Comme si son unique souci eût été de ne pas offenser Nikita en refusant la paille qu’il lui fourrait sous le nez, Bai-Brun en attrapa brusquement un peu dans le traîneau, mais décida que ce n’était pas le moment, la jeta au vent qui l’éparpilla aussitôt et la saupoudra de neige. »

    Tolstoï, Maître et serviteur

  • Tolstoï, 3 récits

    La présentation de Maître et serviteur de Tolstoï (1828-1904) sur A sauts et à gambades m’a fait chercher ce récit jamais lu. Dans le poche GF trouvé à la bibliothèque, cette nouvelle donne son titre à un recueil de cinq « Nouvelles et récits » de 1886 à 1904, les dernières années de sa vie (plusieurs traducteurs).

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    Faut-il beaucoup de terre à un homme ? (1886), le premier récit et le plus court, débute comme un conte : « Il y avait une fois deux sœurs, dont l’aînée était mariée à un marchand de la ville, et la cadette à un paysan de la campagne. » Lors d’une visite de la citadine à la campagnarde, elles comparent les avantages de leur situation, chacune tenant à défendre la sienne. Pacôme, le mari de la cadette, en convient : « Notre seul ennui, c’est que nous n’avons pas assez de terre. Ah ! si j’en avais assez, le diable lui-même ne me ferait pas peur ! »

    Le diable a tout entendu « de derrière le poêle ». Et voici l’histoire de Pacôme, excédé par les amendes de la châtelaine voisine pour le passage d’un cheval, d’une vache ou d’un veau dans ses prés. Quand il apprend qu’elle va vendre son domaine, lot par lot, il décide de tout faire pour acquérir « une dizaine de déciatines » et devient ainsi « un véritable propriétaire terrien ». Le voilà pris par le désir de posséder encore plus de terre et, comme l’herbe est toujours plus verte ailleurs, prêt à partir dans un nouveau pays pour améliorer encore son existence. Il s’enrichit, mais dès qu’on lui parle d’une bonne terre fertile, le démon s’empare de lui – on se doute que cela finira mal.

    Michel Cadot, dans l’introduction du recueil, signale cette note de Tolstoï en 1854 (à ses débuts, quand il écrit Enfance et Adolescence) : « Ecrire de petits récits utiles. » Comme si l’utilité morale lui importait plus que la perfection littéraire. Quand l’écrivain s’est rendu en 1871 dans un village bachkir de la province de Samara pour une cure de koumys, il a été frappé par un mode de vie qui lui rappelait la vie des Scythes racontée par Hérodote. C’est dans ses Histoires (il étudiait le grec) qu’il a trouvé l’idée de ce conte.

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    Le Père Serge commence par « l’étonnement général » à Pétersbourg, vers 1840, quand le séduisant prince Stépane Kassatski, futur aide de camp de Nicolas Ier, rompt avec sa fiancée, une demoiselle d’honneur de l’impératrice, un mois avant le mariage, et se rend « dans un monastère avec l’intention de devenir moine ».

    A douze ans, après la mort de son père, le garçon a montré au corps des cadets « de brillantes capacités » mais aussi « un amour-propre considérable ». Premier en sciences, « il aurait été un cadet exemplaire, s’il n’avait été irascible. » Il sera néanmoins promu à dix-huit ans au régiment aristocratique de la Garde. Il donne alors la moitié de ses biens à sa sœur.

    Intérieurement, une ambition effrénée le dévore : Kassatski veut atteindre la perfection en tout, « une perfection qui ferait naître les éloges et l’étonnement de tous ». Sciences, français, échecs, chaque fois qu’un objectif est atteint, il s’en fixe un autre. Le choix de la comtesse Korotkova comme épouse lui paraît idéal pour faire partie de la haute société et il s’éprend vite de cette femme très attirante. Avant leur mariage, celle-ci lui dit ce qu’il apprendrait un jour de toute façon : elle a été la maîtresse de l’empereur.

    Voilà pourquoi Kassatski entre au monastère. Là aussi, il veut devenir un moine exemplaire « par les prières, l’obéissance et le travail ». Le Père Serge raconte l’histoire d’un personnage inspiré d’un saint orthodoxe qui s’était brûlé une main pour échapper à une courtisane, histoire nourrie « des expériences et des fantasmes de Tolstoï » (Michel Jadot). Le moine devenu ermite ne cessera de lutter contre les tentations, en particulier celle de la gloire et celle de la luxure. Tolstoï a longtemps retravaillé cette nouvelle sans la publier de son vivant.

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    Хозяин и работник

    Dans Maître et serviteur, le récit de la folle course dans une tempête de neige d’un marchand pressé d’être le premier à conclure l’achat du bois d’un propriétaire voisin est à nouveau une critique de l’avidité. Ici, celle d’un riche marchand, Vassili Andréitch Brekhounov, qui, sur l’insistance de sa femme, emmène avec lui son valet Nikita, un honnête paysan dans la cinquantaine, sobre ce soir-là, et qui parle à son cheval « absolument comme on parle à des créatures comprenant la parole ».

    Les caractères des deux hommes et leur relation sont superbement campés dès le récit du départ. Ensuite, les éléments se déchaînent : un vent fort, des tourbillons de neige effacent les repères familiers. Egarés, au lieu d’une forêt, ils trouvent un village où on leur propose de passer la nuit, mais obsédé par l’affaire à ne pas manquer, après une pause pour se réchauffer, le marchand décide de repartir. Le cœur battant du récit arrive quand le traîneau chavire et qu’ils se retrouvent bloqués : les deux hommes se révèlent alors, face à la mort qui les menace. « Un petit joyau », comme l’écrit Dominique.

  • Le Chat au parc

    Le Chat déambule, c’est le titre de l’exposition de Philippe Geluck au parc de Bruxelles, dans sa ville natale, après Paris, Bordeaux, Caen, Genève, Monaco et Montreux : vingt-deux statues monumentales installées en plein air, juste en face du Palais Royal, place des Palais. Les allergiques au Chat ou à son maître, passez votre chemin. Les amateurs, n’attendez plus : l’expo se terminera le 10 septembre.

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    Le Chat déambule au parc de Bruxelles

    Quelle réussite ! Les grands bronzes à patine verte trouvent dans une allée du parc un écrin idéal. Geluck explique et montre les vingt étapes de leur fabrication sur son site, du croquis jusqu’à l’état final – ce n’est pas rien. Touristes, passants, amateurs, beaucoup de monde déambule dans l’allée du Chat, le sourire aux lèvres. J’ai rarement vu une telle ribambelle de sourires à une exposition. Des familles, des couples, se prennent en photo avec Le Chat. Les enfants veulent toucher, l’attirance est irrésistible.

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    Philippe Geluck, Le Chaltérophile

    Chacun a ses préférences, bien sûr. Je trouve le Chaltérophile plutôt balourd à première vue, mais… C’est le poids d’un oiseau qui le fait pencher d’un côté et le titre anglais n’est pas mal : « Birdy Builder ». Cela vaut la peine de lire les deux titres, il y a des trouvailles dans les jeux de mots (Ice-crime). Sur les thèmes inépuisables de l’oiseau et du chat, du chat et de la souris, Geluck brode joyeusement.

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    Philippe Geluck, Quel charmeur !

    Quel charmeur ! En plus de l’humour, parfois noir (Sur le fil), il y a là de la tendresse (Le Docteur), de la poésie (La flûte à bec), de l’absurde (Singin’ in the rain, Chantons sous la pluie) ou de l’irrévérence : Le martyre du Chat, par exemple. Au lieu des flèches du martyre de Saint Sébastien, des crayons de couleur sont enfoncés dans le corps du chat, primo, et deuzio, un oiseau est juché sur chaque crayon !

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    Philippe Geluck, Le martyre du Chat

    De l’autodérision aussi, avec Le Chat au journal. L’arrière-plan de chaque statue est raconté sur le site de Geluck si on clique sur la photo. Le Chat est né en 1983 dans un grand quotidien belge, Le Soir. Rawhajpoutachah est un clin d’œil à Hergé : « Le titre de l’œuvre tire son nom du gentil fakir que Tintin (en visite chez le Maharadhjah du Rawajpoutalah) rencontre au début du Lotus Bleu. Chacun se souvient de la sensibilité du fakir s’asseyant sur le divan, et demandant plutôt un siège-planche à clous, sur lequel il se sentira plus à l’aise. » (Geluck)

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    Philippe Geluck, Le dieu du stade

    Le coup de cœur d’un ami pour Le dieu du stade m’a fait mieux regarder ce podium où le chat lève les bras, heureux de sa victoire – sa victoire contre deux concurrents : la tortue est deuxième, l’escargot troisième. A méditer. Tragédie de Racine est d’un mauvais goût vraiment potache – « de racines » aurait mieux valu – rien à faire pour empêcher le pic-vert d’y faire son trou. Quant au Parleur, seul bronze à texte, c’est pour moi, le plus plat des gags.

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    Philippe Geluck, Flûte à bec

    Malgré mes sentiments partagés à l’égard du futur Musée du Chat dans ce quartier des arts (dus avant tout au scandale de la fermeture du musée d’art moderne depuis 2011, j’en ai déjà parlé et je l’écris une fois de plus : quand pourrons-nous enfin revoir à Bruxelles les collections du XXe siècle des MRBAB ?), j’ai pris plaisir à cette expo qui met de bonne humeur. Mon coup de cœur ? La Flûte à bec : voyez comme Le Chat souffle dans une branche d’arbre… C’est l’oiseau perché dessus qui chante et enchante.

    * * *

    Avec la rentrée, Textes & prétextes reprend son rythme habituel
    et pour moi, c’est le temps des vacances.
    Au plaisir de vous retrouver à mon retour.

    Tania

  • Fugue

    2.
    louise glück,averno,recueil,poésie,littérature anglaise,etats-unis,perséphone,vie,mort,âme,enfance,culture,prix nobel de littératurePuis, mon âme apparut.
    Qui es-tu, demandai-je.
    Et mon âme répondit,
    je suis ton âme, ce charmant étranger.

    7.
    J’ai posé le livre. Qu’est-ce que l’âme ?
    Un drapeau hissé
    trop haut sur le mât, si tu vois ce que je veux dire.
    Le corps
    se tapit dans le sous-bois comme dans un rêve.

    13.
    Dans l’ombre, mon âme me dit
    je suis ton âme.

    Personne ne peut me voir ; seulement toi –
    seulement toi peux me voir.

    Louise Glück, Fugue (extraits) in Averno