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Peinture

  • L'art et la solitude

    Sois un monde à toi-même de Dominique Fernandez a pour sous-titre « Essai sur la solitude ». « Y a-t-il des solitudes heureuses ? » L’essayiste convoque Sénèque et quelques écrivains avant de constater que « La solitude philosophique, la solitude choisie, la solitude aimée, les peintres dans leur ensemble ne la représentent quasiment jamais. » Le pêcheur de Seurat coupé par le titre en couverture illustre le domaine de sa réflexion : la peinture. Il a choisi trois artistes pour aborder son sujet : Tiepolo, Seurat, Kiefer.

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    « Tiepolo. La solitude sacrée » s’ouvre à Burano, petit village de pêcheurs où s’arrête le vaporetto de Venise avant d’arriver à Torcello. L’afflux des touristes  lui donne envie de s’en aller aussitôt mais au bout de la rue principale, il se décide à entrer dans une église qui semble inintéressante. Mais là, dans la pénombre, il est attiré par « un grand tableau oblong accroché au-dessus d’un confessionnal », où ses yeux finissent par distinguer « une toile qui vous sidère ».

    C’est un calvaire au centre duquel le Christ sur la croix, « tout blanc, nu », est « couvert seulement d’un pagne bouffant et flottant qui sent son XVIIIe siècle ». Nous suivons son regard sur cette peinture théâtrale jusqu’à la figure d’« un homme botté, sans âge, dont la tunique claire a des raies verticales noires » qui regarde la Vierge évanouie au pied de la croix et qui incarne la Solitude.

    Ses recherches lui permettent d’identifier la toile : Tiepolo l’aurait peinte à vingt-six ans, en 1722 – « un hapax dans sa production », le plus souvent passé sous silence. En général, les peintures de Tiepolo « fourmillent de personnages ». Il recevait sans cesse des commandes, reconnu pour son art de grouper de nombreuses figures sur un espace circonscrit. Alors l’essayiste cherche des toiles plus intérieures, comme son autoportrait, enquête sur les œuvres de Tiepolo, les déchiffre, à l’affût d’indices le ramenant à ce « quidam anonyme » regardant la Vierge, « dans la stupeur du spectacle d’une solitude inconsolable ».

    Au milieu du livre, un encart reproduit quelques-unes des œuvres examinées par Dominique Fernandez. Sa curiosité profonde pour ce qu’il regarde nous entraîne avec lui. Ce pourrait être assommant d’érudition, ce ne l’est pas. Pour qui s’intéresse un peu à l’art, à la vie et au travail des peintres, l’essayiste est ici un guide interrogeant les œuvres et le sens de ce qui est représenté.

    Puis vient « Seurat. La solitude bourgeoise ». Moins apprécié que les impressionnistes, Seurat a été le peintre de la vie moderne, des banlieues, des loisirs. Verhaeren, qui lui a acheté L’Hospice et le Phare de Honfleur en 1887, s’interroge sur ses expériences scientifiques, Seurat lui semble « s’être donné pour mission de sortir l’art du tâtonnement du vague, du flottant et de l’imprécis ». Fernandez voit dans sa biographie – une enfance morne, un père bigot – l’explication de son caractère peu sociable. Seurat est mort à trente-deux ans. Il a dessiné pendant des années avant de peindre.

    Ses portraits de personnages souvent de dos, sans individualité, montrent chacun « seul, muré dans sa solitude ». Quand il peint, à vingt-quatre ans, Baignade à Asnières, il regroupe plusieurs figures, les montre ensemble mais sans communiquer. L’expression humaine y est comme effacée. Fernandez raconte aussi la préparation minutieuse de La Grande Jatte (croquetons en guise de carnet de notes, 28 dessins, 34 esquisses).

    Des « petits points » que Seurat adopte pour rendre sa vision, l’auteur donne une interprétation originale : « Ils traduisent l’éparpillement de la personnalité, dans une société qui a perdu ses repères et où chacun, se sentant divisé de ses semblables, n’est plus sûr de son identité. » Un peintre de la solitude, à sa manière.

    Enfin « Kiefer. La solitude tragique » – un artiste dont je ne connaissais que le nom. Né en mars 1945 en Allemagne, fils d’un officier dans la Wehrmacht, Anselm Kiefer n’a pas connu la guerre, sinon par ses décombres : « dès ses débuts, il s’est représenté le monde comme un champ de ruines et de désolation », même s’il revendique une œuvre « étrangère aux circonstances, inconditionnelle, absolue ».

    A Barjac, entre Avignon et Nîmes, il habitait une ancienne magnanerie (lieu où l’on élevait des vers à Au musée de la soie). On peut y visiter un domaine de quarante hectares où on circule sur des routes entre « diverses installations, sculptures en plein air, monticules de pierres, amas de détritus, serres, granges, pavillons. Puissance inouïe de cette vision de fin du monde »…

    Un dernier texte d’une quinzaine de pages clôture cet essai sur la solitude, en général et chez les créateurs surtout. Si le livre n’offre pas vraiment du neuf sur la solitude (sujet si bien traité par Jacqueline Kelen), il m’a intéressée par la manière dont Fernandez scrute les œuvres d’art et nous incite à voir ce qui s’y joue, au-delà de la première impression.

  • Un enchantement

    eva bester,léon spilliaert,essai,littérature française,peinture,spilliaert,peintre belge,encre,culture,art,extrait« Mais c’est sans doute lorsqu’il est en contact avec la nature que Spilliaert est le plus en paix. « La mer est pour moi un enchantement… Tout m’apparaît à nouveau neuf, extraordinaire, fantastique », écrit-il lors de vacances en juin 1920. En dépit de son tempérament anxieux, il semble jouir, tout au long de sa vie, d’une inaltérable capacité d’émerveillement. « Je vis actuellement dans un monde de chatoyante fantaisie et d’immense liberté. Tout, autour de moi, est harmonie et poésie », se réjouit-il dans une autre lettre. »

    Eva Bester, Léon Spilliaert

    Léon Spilliaert, Colonnade au crépuscule, 1920,
    gouache et caséine sur papier, 76,6 x 52,9 cm

  • Deux Spilliaert

    Pourquoi deux ? Les critiques distinguent deux périodes dans la peinture de Léon Spilliaert (1881-1946) : son œuvre de jeunesse (jusqu’en 1910) est plus prisée que ses peintures après son mariage (en 1916). J’ai retrouvé cet artiste belge parmi mes préférés dans deux livres très différents : Etre moi toujours plus fort de Stéphane Lambert et Léon Spilliaert par Eva Bester. Ils datent de 2020, année de l’exposition « Léon Spilliaert, lumière et solitude » au musée d’Orsay.

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    nouvelle édition 2025 (première couverture ici)

    Etre moi toujours plus fort a pour sous-titre « Les paysages intérieurs de Léon Spilliaert ». Stéphane Lambert commence par un résumé de la vie du peintre qui se termine sur cette phrase : « Un mystère cependant demeure : le génie qui caractérisait les visions de ses débuts semblait l’avoir quitté. » A l’incipit du premier chapitre, « Une nuit », je tique. L’auteur utilise la première personne pour l’artiste qui raconte : « Je marche à pas de loup à travers la maison endormie. » – « J’avance sur le brise-lames. »

    Sans transition, à la séquence suivante arrive le « je » de l’auteur, qui a vu dans une monographie un lavis de Spilliaert représentant une chambre à coucher et l’a cherché en vain dans un musée bruxellois. Même alternance des personnes dans « Un matin », cela m’a gênée. Plus loin, d’autres « je » témoignent : Edmond Deman, éditeur-galeriste qui a engagé le jeune Spilliaert comme illustrateur et lui a fait rencontrer Verhaeren ; Robert Goldschmidt qui lui a demandé d’immortaliser son dirigeable ; Edgard Tytgat, peintre qui fut son ami ; Victor De Knop, un médecin établi à Ostende.

    Les pages les plus intéressantes à mes yeux sont celles où Stéphane Lambert s’immerge dans certaines œuvres de Spilliaert, dont il épouse le trouble intérieur. Une vingtaine de lavis d’encre de Chine illustrent le texte. Autoportrait au chevalet : « Etre moi demande chaque jour un effort supplémentaire. Pourtant je n’en démords pas, tel est mon désir acharné : être moi, toujours plus fort. Chercher ce qui se cache derrière ce qui apparaît. Passer de l’autre côté de l’image. »

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    « Spilliaert et moi sommes frères de noir » déclare d’emblée Eva Bester (Remède à la mélancolie, France Inter). Le sous-titre yourcenarien de son Léon Spilliaert – Œuvre au noir – annonce sa fascination pour ce qu’elle appelle sa « sombreur ». « Quand ça ne va pas, c’est-à-dire la plupart du temps, je me réfugie dans son meilleur millésime : l’année 1908. » En épigraphe, elle cite les deux premières strophes des Heures ternes dans Serres chaudes de Maeterlinck, un recueil illustré par Spilliaert en 1918. « Voici d’anciens désirs qui passent, / Encor des songes de lassés, / Encor des rêves qui se lassent […] ».

    L’angoisse et la déréliction, certains artistes « en font de la beauté ». « L’encre de Chine de Spilliaert matérialise une bile noire transcendée. » Elle commence par situer ce peintre « énigmatique » dans sa terre natale d’Ostende, « ville picturale à l’élégance délétère ». Dans ses paysages à l’encre, le peintre rend son atmosphère lugubre la nuit. Dans ses autoportraits, il apparaît parfois « comme un spectre échappé d’un cauchemar ». Il est « singulier en tout ».

    Eva Bester cite tout de même quelques artistes dont on peut voir des échos dans son œuvre : Mellery pour certains intérieurs, Vallotton, De Chirico et d’autres, dont un peintre polonais que je ne connaissais pas du tout, Gustaw Gwozdecki, et Edvard Munch. Elle voit en Spilliaert un alchimiste qui s’empare de la matière noire pour la « transfigurer » : « L’encre de Chine est diluée en différentes nuances de gris, le spleen n’est pas opaque et laisse passer des lueurs. Ses lavis sombres sont rehaussés d’aquarelle, de fusain, de crayons de couleur, de gouache, de craie ou de pastel […]. »

    Elle aussi observe un déclin par la suite : « Les âmes sombres trouveront peut-être un réconfort dans cette possibilité d’une sérénité tardive que rien ne présageait, mais à mon sens, la beauté de son œuvre a décliné à mesure que son bonheur s’est accru. » La seconde partie de l’essai présente des « œuvres choisies » qu’Eva Bester commente brièvement ou relie à des citations, à bon escient. Près de Mélancolie (1928), elle note : « Portrait de l’auteure de cet ouvrage, réalisé plus d’un demi-siècle avant sa naissance. »

    Pour faire connaissance avec Spilliaert, l’essai d’Eva Bester est un bon choix, il me semble. Celui de Stéphane Lambert s’adresse plutôt à qui le connaît déjà. De mon point de vue, il y a de belles œuvres aussi dans la période tardive et plus colorée de Spilliaert, notamment celles qui montrent sa fascination pour les arbres et leur ramure en hiver, Arbres dans l’inondation (1944) par exemple.

  • Delvaux et Giron

    Robert Giron RC (31) Couple dans la rue détail.jpgPaul Delvaux et Robert Giron, histoire d’affinités électives (extrait) :

    « Dès 1921, ils volent de leurs propres ailes, poursuivant leur apprentissage en autodidactes. En 1925, ils exposent de concert à la Galerie Brekpot, une première occasion de montrer  publiquement leurs travaux en duo.

    Sur le plan plastique, le point de convergence entre les œuvres des deux artistes en herbe est à trouver dans la représentation de la figure humaine. Les huiles produites de la fin des années 1920 par les deux compères révèlent des thématiques communes auxquelles s’appliquent des traitements similaires.

    Delvaux Le Couple détail.jpgAinsi, ils auront à cœur de traiter le Couple selon un modèle plusieurs fois répété, s’inscrivant dans une veine expressionniste : l’homme à la peau mate se présente vêtu d’un costume sombre tandis que la femme à la peau claire et parée d’un habit éclatant se tient à son bras ou l’enlace. D’autres compositions font la part belle à l’attroupement de figures. Les deux artistes se plaisent à mêler un foisonnement de personnages qui s’échelonnent sur les différents plans de la toile et vont jusqu’à saturer l’image de leurs présences. »

    Camille Brasseur,
    Directrice de la Fondation Paul Delvaux

    Robert Giron, peintre et promoteur de l’art
    (B
    rochure illustrée disponible en ligne.)

    A droite : © Robert Giron, Couple dans la rue (détail), huile sur toile, 100 x 80 cm, s.d.
    A gauche : © Paul Delvaux, Le Couple (détail), huile sur toile, 154 x 110 cm. Collection privée en dépôt au Musée Paul Delvaux de St Idesbald

  • Robert Giron, XXe

    « Robert Giron, l’heure de la révélation » : l’article de Gwennaëlle Gribaumont dans Arts Libre et ses deux illustrations m’ont donné envie de découvrir ce peintre dont l’exposition vient de s’achever au Centre d’Art de Rouge-Cloître. Je ne connaissais pas ce peintre méconnu. Pourtant Robert Giron (1897-1967) était l’ami de Paul Delvaux, ils ont exposé ensemble. Au début des années 1930, il a rejoint son père et son cousin à la tête du Palais des Beaux-Arts de Bruxelles, dont il est devenu le directeur des expositions en 1933 et un « infatigable promoteur de l’art ». Sa peinture est alors passée au second plan.

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    © Robert Giron, Autoportrait, huile sur panneau, 88,5 x 68,5 cm, s.d.

    Robert Giron peint avant tout la figure humaine, comme ce Couple au café (1923) qui donne déjà des indications sur son univers pictural : des couleurs chaudes, des tons de terre, des personnages représentés à mi-corps, des visages stylisés, distants – une peinture d’ambiance, devant d’autres figures esquissées à l’arrière-plan. Idem pour Agents de change à la bourse de Bruxelles. De la même année encore, un beau Portrait d’enfant très expressif, sur un carton bombé.

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    © Robert Giron, Couple au café (détail), huile sur carton, 77,5 x 73 cm, 1923

    La qualité du dessin et l’art du cadrage se révèlent dans ses eaux-fortes. Femme au chapeau dans la rue n’est pas datée ; c’est le plus souvent le cas pour les œuvres exposées, issues de collections privées. On y observe la volonté moderniste de l’artiste qui n’hésite pas à peindre dans une veine plus burlesque (Le clown et le chat) ou à présenter des figures dans une composition plus abstraite (Deux femmes, dénudées debout).

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    © Robert Giron, Femme au chapeau dans la rue, eau-forte sur papier, 16 x 12 cm, s.d.

    Le Nu allongé (1929) choisi pour l’affiche représente de dos une femme blonde étendue sur un tissu blanc, entre deux figures qui font face au spectateur : devant elle, un homme brun en pull à col roulé ; derrière, une autre femme aux épaules nues, cheveux foncés et peau verdâtre, qui brandit un tissu plissé – pour couvrir ou découvrir celle qui est couchée ?

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    Dans les œuvres exposées, seules des femmes sont nues, si j’ai bien vu, même dans les groupes habillés. La nudité féminine semble pour Robert Giron le lieu d’exploration de toute la gamme du rose chair (Nus sur les rochers), du plus clair au rose sanguin (Nu rose), en passant par le rose orangé très doux de Nue aux rideaux (1927).

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    © Robert Giron, Nue aux rideaux, huile sur papier marouflé sur toile, 100 x 80 cm, 1927

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    © Robert Giron, Nue entourée de trois figures, huile sur toile, 110 x 80 cm, s.d.

    A l’étage, Nue entourée de trois figures montre à l’avant d’un groupe, devant un bois, une jeune fille qui baigne dans la lumière, une scène énigmatique. Encore plus onirique, Apparition m’a paru symboliser cette place singulière que le peintre octroie au nu féminin, même si c’est moins marqué que chez Paul Delvaux : un homme en veste sombre et chapeau y aperçoit une femme nue, telle une nymphe, dans une diagonale lumineuse qui contraste avec ce qui l’entoure.

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    © Robert Giron, Apparition, huile sur toile, 35 x 50 cm, 1923

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    © Robert Giron, Etudes de nu, fusain sur papier, 29 x 19 cm, s.d.

    Un magnifique ensemble de dessins au fusain, Etudes de nu, montre cette attention de l’artiste à la lumière et aux ombres, au rendu des volumes. J’ai beaucoup aimé aussi Yvonne endormie à l’aquarelle, un délicat portrait de sa femme. On la retrouve à la fin du parcours d’exposition sur un Portrait de la famille Giron par Magritte (1943) ; celui-ci fréquentait déjà Giron et Delvaux à l’Académie royale des Beaux-Arts de Bruxelles.

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    © Robert Giron, Yvonne Giron endormie, aquarelle sur papier, 34,5 x 26,5 cm, s.d.

    Leurs familles étaient amies, comme le montrent aussi un beau Delvaux de 1980, une épreuve d’artiste, dédiée « très affectueusement » à Françoise et Bernard, le fils de Robert Giron ; et une carte de vœux avec un dessin de Paul Delvaux à l’encre, « Tam et Paul vous souhaitent 365 jours heureux ».

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    © Robert Giron, Couple, elle en jaune endormie (détail), huile sur toile, 130 x 100 cm; s.d.

    « "Un artiste dont le pays s’enorgueillirait." C’est en ces termes que l’écrivain belge Jean Tousseul saluait Robert Giron (1897-1967), après l’avoir rencontré dans son atelier. […] Il faut le reconnaître et le dire simplement : pour beaucoup d’entre nous, Robert Giron est une pure découverte. Et quel délice, la rare joie des premières fois, de constater que l’histoire de l’art nous réserve encore de telles surprises. On croyait la cartographie de la modernité belge connue, balisée par ses figures consacrées et ses récits dominants. Et voici que cette œuvre surgit, dense, sensuelle, troublante, à la fois familière par ses résonances et unique par sa manière d’inquiéter le regard. » (Gwennaëlle Gribaumont, La Libre Belgique, 10/6/2026)