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style - Page 2

  • Lune d'automne

    « A propos d’Ishiyama, voici une autre histoire curieuse : au terme d’une longue hésitation sur le choix de l’endroit où j’irais, cette année, voir la lune d’automne, j’avais opté finalement pour le monastère d’Ishiyama ; or, la veille de la pleine lune, je découvris dans un journal une information selon laquelle, pour ajouter au plaisir des visiteurs qui viendraient au monastère le lendemain soir pour contempler la lune, on avait dispersé dans les bois des haut-parleurs qui diffuseraient un enregistrement de la Sonate au clair de lune. Cette lecture me fit sur-le-champ renoncer à mon excursion à Ishiyama. Un haut-parleur est un fléau en soi, mais j’étais persuadé que, si l’on en était là, on avait certainement fait bonne mesure et illuminé la montagne de lampes électriques artistiquement réparties pour créer l’ambiance. » 

    Junichirô Tanizaki, Eloge de l’ombre  

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  • Beauté de l'ombre

    Lire avant le lever du soleil
    Eloge de l’ombre (1933)
    Livre culte
    Junichirô Tanizaki (1886-1965)
     

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    Suspension contemporaine, papier japonais © Archi Expo 

    Le livre refermé
    Eteindre
    M’habituer à la pénombre
    Observer

    Dans les rectangles des fenêtres
    Le lilas très pâle du ciel par-dessus les toits
    A l’intérieur
    Le nouveau visage des choses
    Dans l’ombre naissent d'autres lueurs

    Problème d’architecture
    Comment concilier le pur style japonais 
    Les calorimètres les luminaires les sanitaires
     
    « Des lieux d’aisance de style japonais, voilà qui est conçu véritablement pour la paix de l’esprit »
    A l’écart, à l’abri d’un bosquet, dans la pénombre
    A
    contempler le jardin  

    Occident vs Japon  

    « Dans l’art oratoire, nous évitons les éclats de voix, nous cultivons l’ellipse, et surtout nous attachons une importance extrême aux pauses » 

    La tiédeur du papier japonais
    Son contact « doux et légèrement humide, comme d’une feuille d’arbre »
     

    L’objet étincelant déplaît 

    Plutôt l’argent terni, l’étain noirci, les murs « sablés » 

    « L’obscurité est la condition indispensable pour apprécier la beauté d’un laque »

    Décor à la poudre d’or aux « résonances inexprimables » 

    Chandelles ou lampes à huile
    « Monde de rêve à l’incertaine clarté »
    Intérieurs obscurs
    Profondeur, sobriété, intensité
     

    « Vu du dehors, et cela est vrai non seulement pour les temples, mais aussi bien pour les palais et les demeures du commun des mortels, ce qui frappe d’abord le regard, c’est le toit immense, qu’il soit couvert de tuiles ou de roseaux, et l’ombre épaisse qui règne sous l’auvent. »
     

    Le beau, « jeu sur le degré d’opacité de l’ombre » 

    Poésie des reflets 

    Costumes et maquillages de théâtre 

    Beauté des femmes japonaises 

    Inconvénients de l’éclairage abusif 

    Couleurs et cuisine 

    Sushis aux feuilles de kaki 

    Bienfaits de la civilisation contemporaine

     

    Eloge de l'ombre, traduit par René Sieffert

    « Pour moi, j’aimerais tenter de faire revivre, dans le domaine de la littérature au moins, cet univers d’ombre que nous sommes en train de dissiper. »

     

  • Affaire de rythme

     Virginia Woolf, une lettre.jpg
    “What Woolf’s handwriting would say if it could talk”,
    20 May 2009 by Paula Maggio (Blogging Woolf)

     

    « Le style est quelque chose de très simple ; c’est une affaire de rythme. Une fois que tu as compris ça, impossible de te tromper dans le choix des mots. Ce qui n’empêche que j’ai passé une partie de la matinée à rester assise, la tête pleine d’idées, de visions et de tas d’autres choses, sans pouvoir les déloger de là, faute de trouver le bon rythme. La nature du rythme, voilà qui est très profond et va bien au-delà des mots. Un spectacle, une émotion déclenchent une vague dans l’esprit bien avant qu’ils ne suggèrent les mots qui s’y adapteront ; c’est cet élan qu’il faut tenter de saisir (du moins c’est là ce que je crois pour le moment) quand on écrit, de mettre en mouvement (et qui n’a apparemment rien à voir avec les mots), et c’est au moment où cette vague déferle et s’écrase dans la tête que naissent les mots qui l’accompagnent… il est probable que l’an prochain, j’aurai changé d’avis. » (A Vita Sackville-West, le 16 mars 1926)

     

    Virginia Woolf, Ce que je suis en réalité demeure inconnu – Lettres (1901-1941)