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thé

  • L'art de commenter

    Pas de billet ce lundi ? Un poisson d’avril noyé dans l’encrier des blogs ? Bonjour ou plutôt bonsoir, amies, amis de Textes & prétextes. Je suis bien rentrée mais pas encore au gouvernail. La tête encore là-bas où la lumière est autre. Les lectures de vacances nécessitent quelque toilette complémentaire avant d’être partagées. Et puis Nina la chatte est en manque de caresses et d’attention – il faut jouer, voyons, sortir sur la terrasse, observer ensemble ce pigeon qui roucoule sur la corniche, le voyou, tout près de la fenêtre, de l’autre côté de la vitre.

     

    Lumière de Cassis.jpg

     

    En deux semaines, tout a changé : les bourgeons sont devenus feuilles, des arbres en fleurs ont l’air de mariées, les couleurs se pointent dans les jardins de ville, ici un camélia corail, là un magnolia de nacre. La sarriette squatteuse remontre le bout de son nez, la pervenche fleurit dans la jardinière. On dirait que les plantes sont ravies d’avoir déménagé : l’arrosage à l’eau de pluie, quoi de plus naturel. Les pies visitent le nid des corneilles, partout l’on vole et l’on pille – désolée pour ceux qui ont eu affaire à des visiteurs indélicats, grossiers merles plagieurs, pirates de blogs sans scrupules, qu’on suspende leurs sites haut et court, amen.

     

    L’art de commenter : je ne vais pas donner de cours à des spécialistes comme vous qui avez joyeusement, gentiment, malicieusement pianoté sur un clavier vos remarques pour une absente, belle générosité devant laquelle je m’incline. Merci de vous adonner ici à l’art de la formule, de l’allusion, de me faire cadeau de vos impressions. Au passage, je salue bien sûr les milliers d’autres qui pratiquent l’abstention du côté des commentaires mais fréquentent régulièrement ce blog. Si vous avez le temps et surtout l’envie, jetez-vous à l’eau, allez. Quoi qu’on en pense, il n’y a pas plus libre que le commentaire, à chacun sa manière.

     

    Vous avez joué le jeu, merci d’être passés ici à l’heure du thé. Plaisir, manie, rituel, certes. Combien de tasses ? Ne comptons pas, la suivante est en général la meilleure. Tous les matins, sur un air de Musiq3, l’eau filtrée ronronne avant de s’arrondir dans la théière chinoise, en terre cuite, commune – mais j’en ai de plus élégantes pour vous servir un jour ou l’autre, compagnie oblige. En manque de thé, vers quatre, cinq heures, je perds le nord, je bats la campagne, je me mets à bougonner, vous voilà prévenus. Pour le thé au jasmin, le darjeeling ou un Ceylan orange pekoe, si je ne possède point de ces tasses merveilleuses où se cache une belle en chignon, de jolis bols ou verres feront l’affaire.

     

    Dans un autre style, le thé en grande bouteille thermos présente, c’est vrai, quelque côté éléphantesque, les Chinois en usent et en abusent à ce que je vois, comme notre cher octogénaire toujours vert qui muse avec les muses, pour notre plus grand plaisir. Quant au thé à l’anis, ami de Miss Ellen, je n’en ai jamais goûté mais il aide à… éliminer. Voilà que je m’égare, bonsoir ou peut-être bonjour. Vous voyez, je ne vous ai pas oubliés. La suite à jeudi, si tout va bien. Et à bientôt sur vos blogs.

  • Reconnaissante

    Pause-thé / 8       

    Léger La tasse de thé.jpg

     

    « J’ai déposé sur la table le plateau avec la théière fumante, les deux tasses blanches. Je suis reconnaissante à cette infusion, à ces objets, de la respiration qu’ils me permettent de prendre, et aussi à l’odeur du thé bouillant qui s’élèbve dans l’air, sortant comme une crinière flottante des jets dorés qui emplissent la porcelaine. Combien de fois ai-je puisé mon équilibre dans cette sorte de menus événements ? Une quantité de fois. »

     

    Marie Cardinal (Sabine Yi, Jacques Jumeau-Lafond, Michel Walsh, Le livre de l’amateur de thé, Robert Laffont, 1985)

  • Le samovar

    Pause-thé / 6    

     

     

     

    « Après la huitième partie

    De cartes, si j’ai bien compté,

    L’ardeur est un peu ralentie,

    Il est temps de servir le thé.

    Nous connaissons l’heure au village,

    Par les repas ; rien n’est plus sage :

    Nous avons à l’intérieur, un excellent régulateur :

    Notre estomac ; c’est une horloge.

    Quand vint l’heure où le jour décline,

    On apporta le samovar ;

    Dans une théière de Chine 

    Le thé se trouvait mis à part ;

    Olga put déployer ses grâces

    A loisir, emplissant les tasses,

    Pendant que le petit garçon

    Offrait la crème sans façon. »

     

    Pouchkine, Eugène Onéguine

  • Miss Ellen

    Pause-thé / 5    

     

     

    « Miss Ellen, versez-moi le Thé

    Dans la belle tasse chinoise

    Où des poissons d’or cherchent noise

    Au monstre rose épouvanté.

     

    J’aime la folle cruauté

    Des chimères qu’on apprivoise :

    Miss Ellen, versez-moi le Thé

    Dans la belle tasse chinoise.

     

    Là, sous un ciel rouge irrité

    Une dame fière et sournoise

    Montre en ses longs yeux de turquoise

    L’extase et la naïveté :

     

    Miss Ellen, versez-moi du Thé. »

     

    Théodore de Banville, Le Thé

  • Douce tranquillité

    Pause-thé / 4    

     

    Théière Qianlong.jpg

    « On peut goûter, on peut sentir ; mais on ne saurait exprimer cette douce tranquillité, dont on est redevable à une boisson ainsi préparée. »

     

    Empereur Qianlong, Eloge de la ville de Mukden

     

    (Sabine Yi, Jacques Jumeau-Lafond, Michel Walsh, Le livre de l’amateur de thé, Robert Laffont, 1985)