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télévision

  • Un tour sur la tour

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    La tour Reyers, généralement interdite au public, accueille de temps à autre des visiteurs, chanceux ou malchanceux avec la météo (vidéo 2013).

    Stromae n’y a vu que dalle mais aimerait bien y avoir un appartement (vidéo 2013), certains y ont sauté à l’élastique (vidéo 1994). La nuit, la tour est joliment éclairée depuis décembre 2006.

  • La tour de la RTBF

    Un désistement m’a finalement permis de participer à la visite de la Tour de la RTBF organisée par PatriS, dans le cadre des Estivales 2015 à Schaerbeek. Le jeudi 13 août à midi trente, Cécile Dubois attendait à l’entrée du site au bout de l’avenue Colonel Bourg un premier groupe de quinze personnes (vu le succès des inscriptions et le nombre limité de visiteurs, le suivant était attendu une heure plus tard). 

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    A droite, les bâtiments actuels de la RTBF et de la VRT

    Qu’on sorte de l’autoroute E40 ou du tunnel Montgomery pour emprunter le boulevard Reyers vers la place Meiser, célèbre pour ses embouteillages, cette tour est une espèce de phare au-dessus d’un quartier qui a connu bien des transformations et va en connaître de nouvelles avec la démolition du viaduc Reyers et la construction de la nouvelle « cité des médias ». 

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    Il y a un siècle, ce site était occupé par le Tir national, qu’une grande plaine séparait du boulevard. La guide nous a montré des photographies de ce bâtiment en style néo-médiéval : sur l’une d’entre elles, on voit des moutons brouter paisiblement à l’avant. Les militaires venaient s’y entraîner au tir et s’exerçaient à l’arrière aussi, sur un terrain vallonné. Les civils y avaient accès. 

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    Source : http://www.delcampe.net/page/item/id,11386374,var,Guerre-40-45-fascicule-historique-31-pages-sur-le-TIR-NATIONAL-a-Schaerbeek,language,F.html

    Durant les deux guerres mondiales, le Tir national a été réquisitionné par l’armée allemande. Parmi les personnes exécutées ici pendant la grande guerre, on peut citer Philippe Baucq, architecte résistant à qui un monument est dédié au parc Josaphat, deux héroïnes infirmières, Gabrielle Petit et Edith Cavell (arrêtée il y a juste cent ans, en août 1915). Durant la seconde guerre, 261 personnes ont été exécutées sur le site – je vous en reparlerai sans doute un jour, quand je visiterai l’Enclos des fusillés tout près d’ici. 

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    Dans les années 1960, le Tir National est démoli et le terrain cédé à la Télévision belge qui se sent à l’étroit à Flagey. Les nouveaux bâtiments de la RTBF et de la VRT (la scission linguistique a lieu en 1977) sont construits en plusieurs phases, de 1964 à 1981, sur un site de 21 hectares. De grands studios projetés plus près du boulevard n’ont jamais été réalisés et ces terrains ont été revendus, à présent occupés par des immeubles de bureaux. 

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    La construction de la tour Reyers, inaugurée en 1981, est une véritable prouesse technique. Cette tour de béton armé de 89 m de haut a été dessinée par l’architecte Roger Bastin. Elle ne pouvait monter plus haut vu la proximité de l’aéroport national. Sur le fût de 70 m édifié par coffrage grimpant sur un socle de 9 mètres de profondeur, on a soulevé en quatre jours par câbles une superstructure de 4000 tonnes ! La Sonuma diffuse un film d’archives sur cet événement. 

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    On peut monter dans la tour Reyers par un escalier de 460 marches, mais nous avons préféré l’ascenseur qui mène au vingt-quatrième étage, le dernier se monte à pied. Un responsable de la sécurité nous a rappelé les consignes : regarder où l’on met les pieds sur la plate-forme (34 m de diamètre) et ne pas rester planté devant une antenne. La tour ne propage pas d’ondes radio, elle sert uniquement d’émetteur par faisceaux hertziens vers les relais de Wavre et de Hannut. Le passage au numérique a changé la donne. 

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    http://www.adt-ato.brussels/fr/zones-strat%C3%A9giques/reyers

    Avant l’ascension, Cécile Dubois nous a présenté le schéma du futur pour cette « zone stratégique » en région bruxelloise : d’ici 2028-2030, le nouveau quartier comprendra du logement (55 %), des commerces (10 %), le nouveau « Media-park » (30 %, la VRT et la RTBF y auront de nouveaux bâtiments) et un parc qui pourrait porter le nom d’Edith Cavell. Le site sera beaucoup plus accessible au public qu’aujourd’hui et certains rêvent d’utiliser alors la tour pour une activité touristique ou même un restaurant. 

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    Derrière les bâtiments de la télévision, un espace vert de 8 ha - le futur parc

    De là-haut, le panorama est à couper le souffle : c’est très impressionnant. Il faut tout un temps pour s’habituer à regarder Bruxelles à cette échelle-là. On distingue beaucoup mieux la distribution des espaces verts dans la ville. L’œil va du plus proche – la place Meiser si paisible vue d’ici, le viaduc Reyers à moitié emmailloté pour les travaux de désamiantage – au plus lointain : Palais de Justice, Atomium, Cinquantenaire, Altitude 100, etc. 

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    En bas, la place Meiser ; en face, l'avenue Cambier vers le parc Josaphat au bout duquel émerge le Brusilia

    Nous avons eu de la chance pour profiter de cette vue à 360° : ni pluie ni vent, juste une brume de chaleur (ou de pollution ?). J’aurais volontiers passé plus d’une heure là-haut. Aussi suis-je déjà partante pour une nouvelle visite de la tour Reyers (elle-même divisée entre la RTBF et la VRT, l’imaginiez-vous ? A la sortie de l’ascenseur, deux portes se font face sur le palier, vers l’une et vers l’autre).

  • La grande librairie

    En trois mois, elle est entrée dans mes habitudes. Sur France 5, La Grande Librairie est le nouveau rendez-vous littéraire de qualité. Vous n’avez pas accès à cette excellente chaîne ? Qu’importe, vous pouvez suivre l’émission quand vous voulez sur le site de France 5. Programmée chaque jeudi à 20h35, rediffusée le dimanche à 9h55, La Grande Librairie est aussi visible sur internet. Toutes les vidéos sont en ligne. Au format « plein écran », l’image est un peu floue, mais - et ça, c’est d’une facilité formidable -, le curseur en dessous de l’image permet de se déplacer dans l’enregistrement, pour réentendre l’un ou l’autre à sa guise.

     

    François Busnel et son équipe ont eu la bonne idée de ne pas renier l’héritage télévisuel de Bernard Pivot. Comme dans Apostrophes, Bouillon de culture et Double je, c’est la rencontre directe avec les auteurs qui prime ici. Quatre invités, pendant une heure, répondent aux questions de Busnel et partagent leurs réactions. Chaque séquence est précédée d’un portrait. L’émission est rythmée, sans temps mort, avec un coup d’œil sur les meilleures ventes et le choix des libraires en intermèdes. Il faut de solides qualités d’animateur pour que la sauce prenne. Et, ma foi, François Busnel est très bien. Livre en main, souriant, il cite, interroge, provoque, insiste. C’était très amusant, le 2 octobre, de le voir donner la réplique à l’intarissable Pivot, invité en même temps que d’Ormesson qui crevait l’écran comme toujours. D’être assis côte à côte, cette fois, cela leur semblait bizarre.

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    Personnellement, j’ai adoré l’émission new-yorkaise du 30 octobre. En pleine ville et en plein air ! Avec Salman Rushdie, d’abord, il est question de L’Enchanteresse de Florence, dans Central Park. Pour commenter Le cas Sonderberg d’Elie Wiesel, Busnel l’accompagne en voiture jusqu’à Brooklyn. Il faut voir le vieil homme remettre ses cheveux en place et y attacher sa kippa avant de se rendre dans un quartier juif très orthodoxe où, dit-il, les familles vivent comme en Europe de l’Est autrefois. On lui demande pourquoi il ne vit pas là, Wiesel répond : « Ce n’est pas mon monde. »
    Il parle de son dernier roman, d’Auschwitz, de la foi, de ses parents. Des gens le reconnaissent dans la rue et interrompent la conversation pour lui exprimer leur gratitude. Quand il est arrivé aux Etats-Unis, qu’il a traversé le Sud, Elie Wiesel a découvert la réalité du racisme ordinaire envers les noirs : « Je n’ai jamais eu honte d’être juif, mais là, j’avais honte d’être blanc. » C’est une séquence formidable, d’une simplicité, d’une authenticité bouleversantes. Puis vient le tour de deux jeunes écrivains qui vivent à New York.

     

    Le 20 novembre, François Busnel a reçu sur son plateau quatre femmes de lettres. Elisabeth Badinter pour une audacieuse correspondance du XVIIIe siècle, signée Isabelle de Bourbon-Parme ; Nina Bouraoui pour son dernier roman Appelez-moi par mon prénom ; Alice Ferney pour Paradis conjugal. Avec Claire Castillon, la benjamine, cela faisait quatre voix pour discuter avec Busnel des rapports amoureux, sans clichés. C'était passionnant. Vous pouvez les retrouver sur le site de La Grande Librairie. Chaque sommaire affiche la photo des invités, accompagnée d'une notice. Le générique, le décor… Non, je ne vous en parle pas, dites-moi ce que vous en pensez, si vous voulez.

     

    Citant Alberto Manguel, jeudi dernier, François Busnel y voyait une devise pour La Grande Librairie : « Question : Que peut faire le lecteur ? Réponse : Lire et rester conscient des questions. »