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Culture

  • Violoncelle 2026

    Le Concours Reine Elisabeth a débuté ce lundi 4 mai : 64 jeunes violoncellistes passent la première des trois épreuves de cette session de violoncelle. On peut la suivre sur Auvio, en direct ou plus tard. 

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    source : Bozar

    2026 est une année anniversaire : la reine Elisabeth de Belgique (1876-1965), passionnée par la musique et par les arts, est née il y a cent cinquante ans. Nous lui devons, dans le domaine des arts :
    – La construction d’un « Palais des beaux-arts à Bruxelles » : la conception de ce lieu inauguré en 1928, appelé aujourd’hui Bozar, est due à Victor Horta ;
    – La création de l’Orchestre national de Belgique en 1936 ;
    – La création en 1937 du Concours musical international Eugène Ysaye devenu en 1951
    Concours Reine Elisabeth ;
    – La création en 1939 de la Chapelle musicale Reine Elisabeth.

    La reine Elisabeth a joué du violon avec Einstein, ils s’écrivaient des lettres en allemand. Cette célèbre reine des Belges sculptait aussi dans son atelier près des serres de Laeken. « Elisabeth, reine anticonformiste et grande mécène des arts », titre Guy Duplat dans La Libre Belgique du 4 mai 2026, une belle évocation qui m’a donné envie de vous parler de cette grande figure. La princesse Elisabeth, 25 ans, princesse héritière du trône de Belgique, a hérité d’un prénom illustre dans l’histoire de notre royaume.

  • Maison du Peuple 65

    A l’exposition « Maisons Bulles » de la Maison Autrique, parmi les livres proposés à la vente, j’ai trouvé Maison du Peuple 65, la bande dessinée signée Baudouin Deville et Patrick Weber (avec Bérengère Marquebreuck) publiée en 2024. Inspirée par ce chef-d’œuvre art nouveau de Victor Horta, c’est une lecture agréable pour découvrir l’histoire du bâtiment et de l’architecte bruxellois. Edifiée pour le Parti Ouvrier Belge entre 1896 et 1898, la Maison du Peuple fut inaugurée en 1899 en présence de Jean Jaurès.

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    L’histoire commence à Venise en 1964 par un meurtre dans un bel hôtel. La journaliste belge Kathleen Van Overstraeten (héroïne de six autres albums de la série) avait rendez-vous avec l’architecte Serge Durand, à l’occasion du Congrès international des architectes et des techniciens des monuments historiques. Il est retrouvé mort dans sa chambre, la police italienne soupçonne une overdose de somnifères, la journaliste n’y croit pas une seconde (page 7, ci-dessous).

    A la réception du soir à l’Opéra de la Fenice, elle entend quelqu’un parler des journalistes « pique-assiettes » et réplique. Sylvain Borgen, « architecte liégeois et bien dans son siècle » comme il se présente, critique ceux qui défendent les vieilles pierres au détriment de l’architecture contemporaine. La journaliste est présente au Congrès pour parler du cas de la Maison du Peuple de Victor Horta, dont son interlocuteur raille les « arabesques démodées ».

    Un autre architecte qui a surpris la conversation, Michel du Lac, l’aborde avec une coupe de champagne. Elle lui confie que l’homme décédé voulait lui donner une interview et lui communiquer des renseignements importants, il lui avait parlé d’un testament d’Horta, ce qui surprend du Lac. En tout cas, la motion contre la destruction de la Maison du Peuple est votée à l’unanimité. Avant de quitter Venise, Kathleen se rend à la police : l’autopsie a confirmé qu’il y a bien eu meurtre, une enquête est ouverte.

    A Bruxelles, quelques jours plus tard, certains s’inquiètent de cette motion, qui risque de contrarier leur plan : détruire la Maison du Peuple et ériger à la place un immeuble en hauteur, qui sera de bon rapport malgré la faible superficie au sol. A la rédaction de la RTB, vu le remous suscité par l’affaire et le « scoop » éventuel de Kathleen, on lui donne carte blanche pour enquêter sur le sujet.

    Je n’en dirai pas plus sur l’intrigue, à suspense, même si la fin de la Maison du Peuple est connue. Les allées et venues de Kathleen Van Overstraeten permettent aux lecteurs de découvrir le patrimoine bruxellois, non seulement les demeures art nouveau de Victor Horta, dont sa propre maison, mais aussi les monuments les plus célèbres de la capitale belge, sa Grand-Place alors encore encombrée par les voitures qui pouvaient s’y garer.

    L’élément central de l’histoire est le fameux testament de l’architecte que la veuve de Durand a retrouvé dans ses papiers et confié à la journaliste : un testament « créatif » en forme d’énigme à six éléments, des détails de ses créations - un mystère à résoudre. Bien que confidentielle, la nouvelle finit par se savoir et fait réapparaître Michel du Lac. Kathleen est cambriolée et se trouve en danger comme d’autres de ses contacts. Les promoteurs immobiliers sont à l’affût.

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    Page 7

    Le récit est bien monté. Seul bémol : trop de fautes d’orthographe ou de langue dans le texte. L’atmosphère des années soixante est bien rendue : vêtements et coiffures d’époque, objets, voitures, enseignes commerciales… Le dessin à la ligne claire, le soin des détails et les couleurs m’ont plu, avec ici et là une case à fond blanc pour aérer la page. A la fin de l’album, Patrick Weber présente un dossier sur la Maison du Peuple, l’art nouveau à Bruxelles, et sur Victor Horta. Un complément utile pour qui souhaite en savoir plus. Bonne lecture, si vous suivez la journaliste dans son enquête, doublée d’une balade architecturale.

  • Chambre verte

    Dans la chambre verte de la Maison Autrique, en contraste avec le style graphique et l’esprit intimiste d’Elisa Sartori, j’ai été très intéressée par l’univers de Jeroen Janssen, un « journaliste de terrain » et dessinateur belge néerlandophone, son voisin à l’exposition Maisons Bulles.

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    Ce Gantois d’origine se passionne pour le village de Doel (dont je vous avais déjà parlé à propos d’un roman de Geneviève Damas, Jacky). Tout est fait à la main dans son reportage : des dessins très colorés, vivants, accompagnent le texte manuscrit. 
    A la fin des années 1990, un projet d’extension du port d’Anvers a mené à l’expropriation de plusieurs zones urbanisées. La plupart des habitants de Doel ont évacué leurs maisons (non loin de centrales nucléaires), quelques irréductibles y sont restés.

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    Jeroen Janssen est allé à leur rencontre et s’est passionné pour eux. Après Doel, en 2013, il a poursuivi sur le sujet avec Er wonen nog mensen (Des gens y habitent encore) en 2018. Il s’était lié là-bas avec Marcella, « une habitante très âgée qui a toujours vécu à Doel », décédée en 2019, une amitié de presque dix ans. Il a repris sa silhouette en couverture.

    Exposition Maisons Bulles, Maison Autrique, Schaerbeek > 07.03.2027

  • Maisons Bulles

    La nouvelle exposition de la Maison Autrique, joliment appelée « Maisons Bulles », a pour thème les relations entre maison et bande dessinée. Je vous ai déjà parlé de cette Maison, « le premier hôtel particulier construit par Victor Horta », une commande de son ami ingénieur Eugène Autrique en 1893. La bande dessinée est bien chez elle dans cette maison schaerbeekoise que François Schuiten et Benoît Peeters, auteurs de la série Les Cités obscures, ont aménagée à leur façon un siècle plus tard. Au-dessus du comptoir d’accueil, on voit une grande planche originale de leur album La Théorie du grain de sable.

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    Affiche © Anne Baltus / Ben Gijsemans / Jeroen Janssen / Emilie Plateau

    Dans l’entrée, en hommage à Horta, on découvre un grand dessin de la fameuse Maison du Peuple que l’architecte phare de l’art nouveau a conçue pour le Parti Ouvrier Belge, inaugurée en 1899... et démolie en 1965 – « un point noir de l’histoire architecturale » (Guide de la visite, source des citations). Baudouin Deville, dessinateur, Patrick Weber, scénariste, et Bérengère Marquebreuck pour la mise en lumière, racontent une fiction autour de ce célèbre lieu disparu, sous le titre Maison du Peuple 65 (2024).

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    © Loïc Gaume

    A l’office, on découvre des Constructions, des dessins au trait et d’autres travaux de Loïc Gaume. J’ai surtout été retenue par Ribambelles, sorte d’inventaire du patrimoine dessiné à la plume : des façades de maisons dans différents quartiers, comme celui de Josaphat à Schaerbeek, et aussi dans des villes étrangères.

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    © Emilie Plateau, dessin original

    Au bel-étage, des dessins originaux de la franco-bruxelloise Emilie Plateau, au stylo plume, comme cette enfilade de maisons mitoyennes. Elle aime montrer le monde « dans ses moindres détails » : maisons, arbres, gens… Ses personnages sont souvent petits dans les cases « comme nous le sommes devant nos maisons ». A côté de dessins pour Noire, la vie méconnue de Claudette Colvin (2019, d’après Tania de Montaigne), pour Vivian Maier : Claire-Obscure, entre autres, je suis attirée par ses dioramas, petites maquettes en papiers découpés.

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    © Emilie Plateau, diorama Mexico

    Patrimoine bruxellois fameux encore inaccessible au public, le Palais Stoclet a inspiré Le Palais sans divertissement à Etienne Schréder : Gustav Klimt erre dans ce palais où nous aimerions tant admirer un jour ses mosaïques décoratives. Frédéric Bézian, « un curieux d’architecture », montre des intérieurs dans ses planches art nouveau, puis art déco. « Quel que soit le style, les maisons dans lesquelles évoluent ses personnages sont elles-mêmes des personnages. »

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    © Etienne Schréder

    La chambre à coucher, au premier étage, comporte des planches originales de Dolorès, une bande dessinée par Anne Baltus. Une villa sert de cadre à cette histoire créée par Schuiten & Peeters. A l’occasion d’une panne de voiture devant cette maison, l’actrice Dolorès Moore fait connaissance avec un maquettiste de talent qui lui propose de reproduire sa villa. Mais ce projet « tourne au délire », vu les interactions entre la maquette et la demeure. La maison dessinée sur l’affiche est inspirée par la villa moderniste Dirickz (Rhode-Saint-Genèse) qui a servi de décor.

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    © Anne Baltus, planche originale de Dolorès à l'encre de Chine, 1991

    Je lis très peu de bandes dessinées, la plupart des dessinateurs présentés à l’exposition, belges et français, m’étaient inconnus. Les dessins montrés donnent envie de lire leurs livres, on peut d’ailleurs le faire sur place dans la salle où l’on diffuse les vidéos de cinq auteurs. Parfois c’est la façon d’habiter la maison qui est dessinée, l’aménagement des espaces de vie, qu’ils soient grands ou petits. Par exemple, Elisa Sartori raconte dans Déplacements le déménagement d’une mère dans une nouvelle ville ; son style très graphique me plaît beaucoup.

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    © Elisa Sartori; Déplacements, 2025

    Comme chaque fois, l’exposition propose des découvertes dans tous les recoins de la Maison Autrique : une centaine de planches, dessins originaux et objets. Vous trouverez les noms des intervenants que je n’ai pas tous cités sur son site. Si le sujet vous intéresse, le carnet du visiteur est disponible en ligne (pdf), ainsi que le cahier destiné aux enfants. Maisons Bulles se visite à Schaerbeek jusqu’au 7 mars 2027.

  • Boucle

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    « Le passé est une chose longue et lente à guérir. On le croit derrière nous alors qu’il est devant, qu’il nous mène et nous guide. C’est un cercle. Une boucle. J’ai mis longtemps avant de comprendre que certains de mes choix n’avaient pas été des choix, mais des nécessités, et de la même manière, que certains choix de Josef étaient de simples moments de cette boucle. »

    Antoine Wauters, Haute-Folie


    Modest Huys (1857-1932), Ferme au soleil couchant