« […] au musée du Prado à Madrid, elle fut hypnotisée non seulement par les grands tableaux de Vélasquez comme Les Ménines, mais encore et surtout par les peintures noires de Goya dont notamment Le Chien, ce tableau presque abstrait qui représente au milieu d’une surface jaune et marron verdâtre la minuscule tête d’un chien presque entièrement enseveli, comme s’il subissait solitairement la destruction du monde par une catastrophe innommable. Une fraction de seconde, tout au fond des yeux d’Aya, l’image de Hanna se superposa à celle du chien qui tournait son regard vide vers le ciel s’effondrant.
A chaque pas qu’elle faisait dans un musée, où qu’elle fût, elle se demandait si son père avait marché là où elle marchait. »
Akira Mizubayashi, La forêt de flammes et d’ombres
Commentaires
Un tableau qui fascine, “ le vide du ciel s’effondrant “,
et le chien, et nous avec lui, dans une grande solitude.
Beau et terrible à la fois.
Merci
Je n'avais jamais vu cette peinture, toi oui ? Bonne journée, Colo.
Oh oui, je le connais très bien et il a fait l’objet
de nombreuses analyses/interprétations ici en Espagne.
En effet, sur le Wiki espagnol, on montre une photo d'un état ancien où le chien observerait deux oiseaux :
https://es.wikipedia.org/wiki/Perro_semihundido
Le fait de ne représenter le chien que par cette petite tête tendue vers la nuée, augmente l’émotion ressentie.
Merci Tania pour cette découverte littéraire..et picturale !
Terriblement expressif. Avec plaisir, Claudie.
Un extrait intéressant comme toujours et ce tableau que je ne connaissais pas et que je découvre non sans une certaine surprise. Je n'aurai pas pensé à Goya en le voyant je le reconnais.
J'aime quand la littérature nous invite à découvrir l'art.