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Failles

vanessa schneider,la peau dure,récit,littérature française,autobiographie,portrait,michel schneider,famille,éducation,père,culture« Quand tu t’es soulagé de toute ta noirceur, tu tournes les talons, nous laissant seuls, hébétés, meurtris, ne sachant que faire de ces phrases assénées comme des gifles, de toute cette violence, devinant peut-être dans ton comportement des failles profondes qui ne nous concernent pas. Nous savons aussi que, comme avec maman, tu reviendras plus tard, contrit, honteux, débordant d’excuses emberlificotées. Tu étais fatigué, énervé, tu n’aurais pas dû parler comme ça, tu ne pensais pas ce que tu avais dit, et puis si tu étais aussi exigeant, c’était pour notre bien. Enfin, tu demanderas pardon et des câlins, et évidemment on te pardonnera, et évidemment on te câlinera, n’était-ce pas toi que ces horribles scènes avaient rendu le plus malheureux de tous ? »

Vanessa Schneider, La peau dure

Bandeau de couverture : photo de Michel et Vanessa Schneider

Commentaires

  • Que c'est fatigant et destructeur ce genre de père ! Plusieurs filles de ces soixante-huitards parisiens en vue ont écrit sur leur père et dans la sphère privée ce n'est jamais très brillant.

  • Sans être un règlement de comptes, ce récit témoigne de cette ambivalence si pesante pour les proches et en cherche les racines.

  • Ce genre de maltraitance des proches, absolument inacceptable, et destructif comme écrit Aifelle, fait penser que la toute puissance masculine a fait, fait encore, des dégâts psychologiques souvent irréparables. À l'époque on ne dénonçait pas, on pardonnait....

  • Vanessa Schneider décrit cela avec sang-froid, elle est "solide" comme disait son père. Un père "connu" n'est pas forcément un cadeau.
    Bonne journée, Colo.

  • Un père qui s'emporte facilement et prononce des mots destructeurs, forcément elle le lui a pardonné, mais la destruction est toujours là en toile de fond. Pas facile de se construire avec ça. Merci pour cet extrait édifiant. C'est bien vrai que c'est une forme de maltraitance psychologique.

  • Elle avait un frère pour qui ce n'était pas plus facile de supporter ces excès. Merci de réagir, Manou.

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