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Duplicité

amélie nothomb,tant mieux,roman,littérature française,belgique,famille,enfance,mère,amour,culture,extrait« Tant mieux : elle avait eu raison de l’invoquer. Elle plaçait son existence entière sous la bannière de cette formule.
D’avoir réussi à utiliser cette clef dans une serrure qui ne lui était pas destinée força le cerveau d’Adrienne. A son insu, ses méninges en subirent un dommage étrange.
Ce que l’enfant avait découvert au sujet de sa mère portait un nom qu’elle ignorait : la duplicité. Maman était double, une part d’elle lui échappait. »

Amélie Nothomb, Tant mieux

Source de l'illustration (détail) : La Croix

 

Commentaires

  • Je me souviens bien de ce passage ; je me demandais jusqu'où allait aller ce genre de révélation ..

  • Il y a longtemps qu'on sentait un silence chez Amélie Nothomb concernant sa mère. Il me semble même que son nom ne figurait pas dans sa biographie sur Wikipedia, il y est maintenant.
    Elle a choisi une façon indirecte, via une fiction, de parler de son histoire, dans des situations rendues avec intensité, et a fini par trouver les mots, dans la dernière partie, pour parler de ses rapports si différents avec son père et sa mère. Pour ma part, je trouve qu'elle se sort bien de cet exercice délicat et si personnel.

  • Je le lirai sûrement.
    L’ a -t-elle écrit pour sortir sa mère de l’ombre ? Pour faire une suite au livre sur son père ? Pour mettre ses propres sentiments au clair?
    Un peu de tout probablement, non ?

  • L'un et l'autre livres ont été écrits à la suite du décès de son père en 2020, puis de sa mère en 2024.
    Bon dimanche, Colo. .

  • Merci, oui je le savais.
    Mes questions étaient plutôt: pourquoi ce besoin de sortir de la fiction. Mais seule elle le sait…
    Un beso.

  • Ici, après d'autres récits autobiographiques, ce serait plutôt : pourquoi ce recours à la fiction ? Je recopie un paragraphe de la dernière partie : "Le silence injuste qui a entouré la mort de ma mère a rendu plus vif encore mon besoin d'écrire son livre à elle. J'ai voulu, tellement, l'écrire à la première personne. J'ai découvert que j'en étais incapable. C'eût été un artifice absolu. Pourquoi ? Parce que je suis mon père, parce que je ne suis pas ma mère." (Ce qu'elle nuance ensuite.)
    Toute cette dernière partie est très éclairante. Bonne lecture, Colo.

  • Sauf quand le père est insupportable, (voir "Un perdant magnifique" Florence Seyros), l'amour d'une fille pour son père surpassera toujours celui éprouvé pour la mère. Freud n'a rien dit d'autre

  • Permettez-moi de contester ce "toujours", Zoë, pour ma part. Merci de me signaler ce livre.

  • Le toujours est excessif, vous avez raison Tania

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