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Huit monologues

Sous une jolie couverture bleu piscine assez trompeuse, Huit monologues de femmes de Barzou Abdourazzoqov (Ispoved’, traduit du russe (Tadjikistan) par Stéphane A. Dudoignon) sont de très réalistes confessions de femmes que la vie a désillusionnées. D’un écrivain et dramaturge né en 1959, ces monologues « ont rencontré un franc succès au Tadjikistan – et ailleurs » (note de l’éditeur).

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Huit monologues de femmes de Barzou Abdourazzoqov par La Compagnie La Petite Grenade

« Qui aurait dit que j’en arriverais là ? » Une femme mariée proche de la quarantaine, un fils, une fille – elle s’imagine bientôt grand-mère – se réjouit de ne pas avoir encore un seul cheveu blanc ; elle se souvient de ses grossesses qui la rendaient insupportable pour son mari. Devenu papa, celui-ci était « aux anges ». Une famille heureuse. « Le malheur arrive toujours quand on s’y attend le moins. » Une toute jeune fille a fait perdre la tête à son mari, détruit sa vie, ne leur laissant que la misère et la honte.

Une épouse dont le mari parti en voyage d’affaires rentre à l’improviste, alors qu’elle a invité un autre homme chez elle, une mère indigne, une fille abusée et enceinte, une prof de fac, une conseillère officielle toujours en réunion, une prostituée, une mère à la recherche de sa fille disparue : toutes ces femmes interpellent le lecteur, prennent le monde à témoin de leur situation, de leur destin.

J’ai pensé parfois, en lisant ces monologues, à La Chute de Camus. Abdourazzoqov condense en quelques pages ces tranches de vie contemporaine. « Beaucoup de verve et d’humour » dans ces récits de femmes, peut-on lire en quatrième de couverture. C’est plutôt brutal, sans rien d’enjolivé. L’alcool, la violence, l’infidélité… Le tableau n’est pas réjouissant.

Huit monologues de femmes, autant de prises de conscience : on ne peut compter que sur soi-même. Certaines de ces femmes se reconstruisent, toutes s’acharnent, bon gré mal gré. « Le secret, il est là : quoi qu’il t’arrive, même si le destin s’est joué de toi, et quoi qu’en pensent les gens – crois en toi, et tout ira bien. »

Commentaires

  • @ Dominique : Je vais faire un tour chez toi pour éclaircir ça.

    @ Plumes d'Anges : Cette phrase m'a paru la plus encourageante.

  • Toutes s'acharnent et ne peuvent compter que sur elles-mêmes...pas de solidarités féminines dans ce livre?
    Bien des drames, je suppose que tu t'es sentie "interpellée".

  • Des vies dures on dirait, avec peu ou pas du tout d'aide extérieure. Les femmes doivent décidément beaucoup lutter pour se maintenir seulement à flots.

  • @ Colo : Peu de solidarité, on semble surtout cacher ses problèmes aux autres dans cette société plutôt dure.

    @ Aifelle : C'est cela, elles bataillent ferme.

  • Après avoir lu votre article intéressant sur
    "Huit Monolgues de femmes" Je voulais en savoir plus sur le Tadjikistan. La langue tadjik est une variante du persan et l'illustration que vous avez choisie ressemble à de l'art persan. Merci, Tania.

  • Merci pour votre commentaire, Jane. J'ai choisi cette illustration d'une compagnie de théâtre parce qu'elle me paraît nettement plus significative que la couverture du livre et parce que ces textes sont faits pour être dits, interprétés, indubitablement. A bientôt sous votre lanterne.

  • bizarrement, quand on entend "Tadjikistan", on ne pense pas "littérature"
    Alors peut-être que rien que pour ça, il faudrait le lire :-)

  • "C'est le seul État issu de l'ancienne Asie centrale soviétique où la langue dominante n'est pas une langue turque mais iranienne, le tadjik. Les Tadjiks (80 % de la population) appartiennent à la famille des peuples iraniens." (Wikipedia) L'histoire même de ce pays d'Asie centrale nous est méconnue.

  • Je termine : depuis la sortie de l'ex-URSS, la langue russe, celle d'Abdourazzoqov, y reste tout de même une langue officielle.

  • Livre terrible, drôle et attachant donc.
    Comme une commentatrice le remarque, le Tadjikistan produit sans doute peu de livres traduits pour nous.
    J'aime beaucoup la présentation, le format des éditions Zulma..

  • Ces éditions nous font faire tant de découvertes en littérature étrangère et dans une présentation agréable, vous avez raison de le souligner.

  • Tu me tentes beaucoup Tania. Déjà Tadjikistan, le mot m'attire. Et puis j'aime beaucoup les destins de femmes. Ton article m'a fait penser aux livres de l'iranienne Zoyâ Pirzâd, dans un tout autre style pourtant, que j'ai beaucoup appréciés.

  • Ici le style est oral et familier, loin de celui de l'Iranienne. Bonne lecture si tu te lances.

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