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famille - Page 57

  • Couple avec enfant

    J’aurais pu simplement garder le titre de Zeruya Shalev : Mari et femme (Baal ve-isha, 2000, traduit par Laurence Sendrowicz) ou intervertir – c’est une femme qui parle dans ce roman : « Femme et mari ». (Distingue-t-on « femme » et « épouse », « homme » et « mari » en hébreu ?) Mais Naama et Oudi ont une fille, Noga, dix ans, et cela importe.

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    C’est pour elle que le réveil sonne ce matin-là. Son père, absent durant une semaine pour guider des touristes en excursion, lui a beaucoup manqué. Naama s’irrite de l’entendre maugréer parce qu’on le tire de son sommeil, de le voir traîner au lit, alors que la petite part pour l’école, et n’en croit pas ses oreilles quand il déclare qu’il ne sent plus ses jambes, qu’il ne peut pas se lever, lui, le marcheur infatigable. Oudi est incapable de bouger, elle finit par appeler une ambulance.

     

    En route vers l’hôpital, Naama se rappelle le jour où son mari, qui tenait la petite dans ses bras, l’avait laissé tomber du haut de la terrasse, quand elle n’avait que deux ans. Elle voit qu’on rase le café où un homme, un jour, lui avait montré le portrait qu’il avait fait d’elle au fusain, en hommage à sa beauté. Dans la panique de l’admission aux urgences, elle craint le pire : « Me voilà soudain sans lui, à distance respectueuse de ses jambes inertes, de ses yeux fermés qui m’observent depuis que j’ai douze ans, de toute sa présence qui me définit, moi, plus qu’elle ne le définit, lui. »

     

    Assistante sociale, Naama s’occupe de très jeunes femmes enceintes sans l’avoir voulu et qui se demandent comment elles vont élever leur bébé ou l’abandonner. Elle croit reconnaître parmi les patients une mère à qui l’on a fini par enlever son fils qu’elle maltraitait. Quand le juge avait déclaré « La question n’est pas de savoir si elle l’aime mais comment elle l’aime », Naama avait appliqué cette façon de voir à sa vie de couple : « je me suis répété pendant tellement d’années qu’il m’aimait au lieu de me demander comment il m’aimait et si, moi, j’aimais cet amour. »

     

    Le mal soudain dont souffre Oudi réveille les démons. Naama ressent sa maladie comme dirigée contre elle, contre leur famille. Depuis l’accident de Noga, miraculeusement sauvée par le seau d’une femme de ménage qui avait amorti sa chute, elle n’a plus osé les laisser seuls, « un fossé empoisonné » s’est creusé entre son mari et elle. Quand elle a admis avoir posé, en secret, pour le peintre jamais lassé de sa beauté, l’incompréhension s’est encore aggravée.

     

    « Je me tourne vers Noga, viens à la cafétéria, allons manger quelque chose, mais elle se plaque contre le lit vide, je reste ici jusqu’à ce que papa revienne, elle s’agrippe au drap comme elle s’agrippait, petite, à son doudou. Nogui, je la supplie, je n’en peux plus, j’étouffe, viens, allons prendre un peu l’air, mais elle s’entête, on doit rester ici si on veut que papa guérisse, moi je sens que je perds patience, ma chérie, ça ne dépend pas de nous, j’aimerais bien, mais ça ne dépend vraiment pas de nous. »

     

    Les examens médicaux d’Oudi ne révélant rien, un psychiatre diagnostique une « paralysie de conversion », une réaction somatique au stress mental. Oudi ne supporte pas de voir Naama accaparée par son métier, même à l’hôpital une collègue l’appelle pour une accouchée de quinze ans qui la réclame. Il n’arrête pas de la culpabiliser pour ce travail et de la dénigrer. Menacé d’un transfert en hôpital psychiatrique, Oudi arrive à remarcher avec un déambulateur et décide de quitter l’hôpital, furieux d’être considéré comme un simulateur.

     

    Entre Naama et Oudi, les retrouvailles sexuelles ont toujours servi d’exutoire, et cela les rapproche à nouveau. Ils décident de confier leur fille deux jours à sa grand-mère pour partir à deux dans un bel endroit avec piscine où ils pourront évacuer la pression. Tout se passe bien, Oudi nage, sourit, enchanté de sentir sa femme disponible. Mais le lendemain matin, il se plaint cette fois de ne plus rien voir et l’accuse de le rendre malade. Naama est prête à tout « sauf à entrer dans le périmètre de sa cécité ». D’autant plus qu’Oudi ressasse des passages bibliques qu’il interprète comme des mises en garde, voire des interdits, et décide d’éviter tout contact avec elle.

     

    Leur vie de famille est de plus en plus gâchée par ces accès dépressifs. Pendant qu’Oudi traîne et maigrit dans leur chambre où il dort seul désormais, Naama s’empiffre, grossit, évite ses collègues qui l’ont déjà accusée de se plaindre de sa situation sans jamais agir. Elle passe ses nuits sur le canapé, se montre de plus en plus distraite au travail, se sent devenir indifférente aux problèmes des autres. Noga trouve souvent refuge chez sa grand-mère, la seule à qui elle peut se confier.

     

    Désespérée, Naama fait alors appel à une doctoresse tibétaine dont on lui a parlé comme d’une excellente guérisseuse. Celle-ci, Zohara, est une jeune femme étonnante, maigrichonne, qui se présente à leur porte, son bébé au sein. Après avoir vu Oudi, elle choque Naama en lui parlant de la maladie comme d’une opportunité, d’une épreuve dont ils peuvent sortir renforcés : « Vous êtes maître de votre bonheur, indépendamment des aléas de la vie. »

     

    Mari et femme, c’est l’histoire d’une crise, d’un couple, d’une famille, à travers laquelle Zeruya Shalev (née en 1959) interroge les rapports entre les hommes et les femmes, et pas seulement entre ces deux-là. Elle fait parler les corps autant que les esprits. Ce roman sur « l’humiliation de la vie conjugale » est au centre d’une « trilogie de l’amour moderne », dit-elle dans un entretien à Libération, entre Vie amoureuse (la passion) et Théra (la rupture et la reconstruction).

     

    Cela dit, l’originalité du roman tient à la manière dont il est écrit, à la première personne et au présent : grossissant de virgule en virgule, un flux irrépressible, souvent véhément, parfois logorrhéique, d’observations, de paroles, de pensées, nous fait découvrir le point de vue de Naama, attachante et épuisante, ses angoisses, sa culpabilité, ses doutes, ses souvenirs, ses désirs, entremêlés aux éléments extérieurs. Elle en a tant voulu à sa propre mère d’avoir quitté la maison familiale, est-elle condamnée à revivre elle aussi la séparation ?

  • Histoires vraies

    « Les histoires que l’on me racontait étaient-elles plus vraies que celles que je fabriquais moi-même à partir de souvenirs épars, de suppositions et de choses apprises en écoutant aux portes ? Les histoires inventées devenaient parfois vraies au fur et à mesure, et nombre d’histoires inventaient la vérité. »

     

    Katharina Hagena, Le goût des pépins de pommes

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  • Un jardin enchanté

    Jolie couverture pour Le goût des pépins de pomme, un premier roman à succès de Katharina Hagena (2008, traduit de l’allemand par Bernard Kreiss) : une gravure botanique de Friedrich Guimpel (XVIIIe) – Pomme (Pyrus Malus) – reprise aussi dans le format de poche. Les pommiers de cox orange ou de boscop tiennent une belle place dans cette histoire de famille, et le verger, le jardin, la maison dont Iris Berger, bibliothécaire à Fribourg, hérite de sa grand-mère.

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    Pissarro, La cueillette des pommes © Ohara Museum of Art (Japon) 

    « La mémoire ne nous servirait à rien si elle fût rigoureusement fidèle » (Paul Valéry) : l’épigraphe indique la trame profonde du récit, nourri des souvenirs de trois générations de femmes. La maison des grands-parents à Bootshaven, dans le nord de l’Allemagne, Iris la redécouvre aux obsèques de sa grand-mère Bertha. Elle y revoit sa tante Harriet qu’elle n’a plus revue depuis treize ans, depuis un autre enterrement, celui de sa fille Rosemarie, pendant lequel Iris s’était évanouie.

     

    Pourquoi Bertha n’a-t-elle pas légué sa maison à sa fille Christa ? En ouvrant les portes, de pièce en pièce, Iris se souvient de tant de choses. Veut-elle de cette maison pleine de livres et de robes d’antan ? Pas vraiment. Elle préfère enfourcher son vélo et pique-niquer à l’écluse. Là, pour la première fois mais pas la dernière, Iris se fait surprendre par Max, l’avoué, le frère de Mira, son amie d’enfance et surtout l’amie de Rosemarie.

     

    Dans la famille d’Iris, les femmes ont des dons particuliers. Sa tante Inga, née en plein orage, dégage de l’électricité au moindre contact. La belle Inga porte des bijoux d'ambre. La jeune bibiothécaire s’étonne de trouver la maison et le jardin de Bertha si bien en ordre, alors que sa grand-mère a terminé sa vie dans un home, mais l’arrivée de M. Lexow, l’ancien instituteur, éclaire la situation : il en a les clés, il a aimé Bertha, il prétend même être le père de sa tante Inga, sans en avoir jamais eu la confirmation, fruit d’une nuit d’amour sous le pommier.

     

    D’après la légende familiale, c’était pourtant Anna qui était amoureuse de lui, Anna qui mangeait tout des pommes, même les pépins qu’elle mâchonnait, Anna morte à seize ans d’une pneumonie. Sa sœur Bertha a épousé Hinnerk, le fils de l’aubergiste, qui deviendra notaire. Et c’est d’un pommier que Bertha est tombée, beaucoup plus tard. Alors elle a commencé à changer, à oublier, à fuguer.

     

    Iris a besoin de quelques jours pour prendre une décision, elle prolonge son congé. Chaque fois qu’elle prend son vélo pour aller se baigner quelque part, Max Ohmstedt surgit, mais lui prétend que c’est elle qui hante ses endroits préférés. Il lui apprend que Mira travaille comme juriste à Berlin, et que l’adolescente qui ne portait et ne mangeait que du noir n’en a plus jamais porté depuis la mort de Rosemarie. Max aide Iris à repeindre la maisonnette du jardin où elle a découvert sur un mur le mot « nazi » en lettres rouges. Son grand-père a été « dénazifié » après la guerre ; dans un tiroir de son bureau, elle découvre un carnet de poèmes. Que sait-elle vraiment de lui ?

     

    Iris porte tour à tour, selon l’inspiration du moment, les robes anciennes de sa mère et de ses tantes : la verte, la dorée, la vaporeuse… Elle se souvient de ses jeux, parfois cruels, avec Rosemarie et Mira, se remémore les tensions, les drames de leur jeunesse. « Quiconque oublie le temps cesse de vieillir. L’oubli triomphe du temps, ennemi de la mémoire. Car le temps, en définitive, ne guérit toutes les blessures qu’en s’alliant à l’oubli. » .

     

    Katharina Hagena convoque tous les sens dans Le goût des pépins de pommes, ce qui donne au récit sa texture particulière où le concret flirte avec l’imaginaire. Sous le pommier, l’herbe fauchée accueillera-t-elle d’autres amours ? Dans la maison de sa grand-mère, le passé et l’avenir d’Iris prennent la forme de questions dont les clés, sans doute, se cachent dans un jardin enchanté.

  • Chiffres

    « Papa pense les choses autrement, le monde tient par des chiffres : ils sont au cœur même de la création et on peut lire dans les dates une vérité profonde, y voir de la beauté. Ce que moi j’appelle hasard ou occasion, selon le cas, est pour papa un élément d’un système complexe. Trop de coïncidences, ça n’existe pas, une à la rigueur, mais pas trois ; pas de coïncidences en série, dit-il : l’anniversaire de maman, la date de naissance de sa petite-fille et le jour de la mort de maman, tout ça le même jour du calendrier, le sept août. Pour ma part, je ne comprends pas les calculs de papa ; d’après mon expérience, c’est justement quand on se met à escompter quelque chose de précis, que tout autre chose arrive. » 

    Audur Ava Olafsdóttir, Rosa candida

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  • Une rose islandaise

    Rosa candida (Afleggjarinn, 2007), le nom latin d’une fleur, ce n’est pas un titre ordinaire. La romancière islandaise, Audur Ava Olafsdóttir, se révèle aux francophones grâce à la traduction de ce roman (son troisième) par Catherine Eyjólfsson (2010). L’histoire d’un fils qui devient un père. L’histoire d’un jardinier. L’histoire de Flóra Sól.  

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    Vitrail de la Genèse (Cathédrale de Clermont-Ferrand) 

    « Comme je vais quitter le pays et qu’il est difficile de dire quand je reviendrai, mon vieux père de soixante-dix-sept ans veut rendre notre dernier repas mémorable. » Le « petit Lobbi », comme l’appelle son père, l’accompagne dans la serre : celui-ci y coupe de la ciboulette, lui, « le seul héritier de la serre de maman », prépare les boutures de rosier qu’il va emporter. Son père s’inquiète : n’oubliera-t-il pas la demoiselle qui a eu un enfant de lui (l’accident d’une nuit avec l’amie d’un ami dans la serre maternelle, ce qui ne suffit pas à faire un couple) ? Ne ferait-il pas mieux d’opter pour des études sérieuses plutôt que d’accepter un emploi de jardinier dans un monastère ? 

    Pour cette dernière soirée ensemble, son père et son frère jumeau, Jósef, se sont habillés avec soin. Son frère « demeuré » aime porter des couleurs vives. Ce dernier écarte la sauce verte du poisson, mais lui s’en sert largement, pour faire honneur au cuisinier, et ressent alors pour la première fois « une douleur au ventre ».  

    Peu de bagages, quelques boutures, et les voilà dans la vieille Saab du père qui conduit très lentement entre les champs de lave hérissée. Quand ses parents se sont installés dans cette zone dénudée, sa mère a été la première à y planter des arbres. Puis son père a bâti une serre, ce qui a permis à son épouse d’exercer sa passion : faire pousser des plantes, les mettre à l’abri des gelées. « Petit à petit le lopin de terre se transforma en jardin enchanté qui attirait l’attention et provoquait l’étonnement. » 

    Lobbi (Arnljótur Thórir) partage cette passion pour l’horticulture. Il a planté un pin nain à l’endroit où elle a perdu la vie dans un accident. A l’aéroport, il reçoit un cadeau de son père et de l’argent. Mais le mal au ventre ne passe pas, ni les nausées qui le font vomir dans l’avion, et encore dans le taxi qui le mène à l’hôpital dès son arrivée sur le continent. A l’infirmière, il confie ses boutures de « rosa candida » et montre la photo de sa fille en grenouillère, Flóra Sól. On l’opère d’une appendicite. Le cadeau, un pyjama en flanelle, tombe à point. Après avoir dormi trois jours et rassuré son père par téléphone, il se rend chez une amie qui lui a proposé de loger dans son appartement en son absence et se réjouit : « Il n’y a pas de jour ordinaire tant qu’on est en vie, tant que ses jours ne sont pas comptés. » 

    Reposé, Lobbi trouve une voiture d’occasion pour entreprendre le voyage de cinq jours vers une roseraie ancienne qu’on lui a demandé de restaurer. Le temps de repenser à cette « demi-nuit » dans la serre lourde de conséquences, aux quelques rencontres avec Anna pendant sa grossesse puis à la maternité, où il a assisté à l’accouchement. Et enfin, le voilà près du monastère au sommet d’un rocher : « Cela paraît invraisemblable que l’on puisse trouver là-haut un jardin qui figure dans tous les manuels consacrés à la culture des roses depuis le Moyen Age. » 

    Une nouvelle vie commence là. Accueilli par frère Thomas, cinéphile et polyglotte, le jardinier découvre, presque à l’abandon, le fameux jardin des moines dont lui parlait sa mère. C’est là qu’il va planter la rose à huit pétales, d’une rare couleur pourpre, dont il a pris soin pendant tout son voyage (une fleur fictive, à ma connaissance, au nom symbolique - merci aux botanistes de me contredire s'il y a lieu). Il lui faudra deux à trois mois pour faire revivre ce jardin : les moines, plus intéressés par les livres, ont négligé cette collection exceptionnelle de plus de cent variétés de roses. 

    Davantage encore depuis son opération, Lobbi, vingt-deux ans, est hanté par le corps, celui des autres, le sien, et par la mort. Il n’a pas du tout envie de se faire moine. A l’extérieur du monastère, il a peu de contacts, mais les gens du bourg reconnaissent « le garçon aux roses ». Une lettre d’Anna, inattendue, vient bouleverser sa routine : elle a besoin d’un mois pour terminer son mémoire et lui demande de garder le bébé pendant ce temps. Il accepte. Frère Thomas lui trouve un petit meublé à louer hors du monastère, le jeune homme se fait couper les cheveux, aménage l’appartement, y installe quelques plantes, s’inquiète de son inexpérience culinaire (repas et recettes constituent en quelque sorte le ventre du récit d'Audur Ava Olafsdóttir).

    « Il émane de cette enfant de la clarté » : l’arrivée d’Anna et de Flóra Sól l’éblouit. La petite est merveilleuse, elle ressemble à sa grand-mère paternelle. La jeune femme, fatiguée, lui est reconnaissante pour son accueil et le repas qu’il a préparé lui-même. Ses attentions envers leur fille la rassurent. Mais à peine repartie, elle revient : serait-il possible qu’elle reste là, elle aussi, à bouquiner et travailler ? Pris de court, le jardinier accepte encore. Et voilà sa vie complètement chamboulée par son nouveau rôle. Anna et lui ont à présent le temps de faire vraiment connaissance. Aux yeux des autres, ils forment un couple, mais ils dorment séparément, elle dans la chambre avec Flóra, lui sur le canapé. 

    Conçu comme une « ode à la sensibilité masculine », Rosa candida (sous une couverture moins pertinente que l’original), montre avec une grande délicatesse comment un jeune homme plutôt candide, un « Saint François des fleurs » pour qui l’essence d’un jardin est « le jeu de l’ombre et de la lumière », découvre les gestes de l’amour paternel, de la vie sociale, rend la vie à une roseraie, s’initie à la cuisine, et s’interroge sur les raisons de vivre avec une femme dont il ne saisit pas encore toutes les intentions, présente et absente en même temps, imprévisible.