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Colloque au manoir

Colloque sentimental de Julie Wolkenstein présente des points communs avec Adèle et moi : une maison, une femme qu’on cherche à mieux cerner à travers ses écrits – ici l’écrivaine Ann Hellbrown, sujet d’un « petit colloque français » dans le manoir près de la mer où elle a vécu avant de s’installer en Angleterre. Le roman raconte quatre journées découpées en séquences autour des différents protagonistes.

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Janet Anguerillos, une Américaine qui prépare une biographie critique, est l’invitée la plus prestigieuse de l’organisateur, Bernard Grabant. Elle a retrouvé dans les archives de l’éditeur londonien d’Ann H. (conservées dans la bibliothèque de l’université de San Diego) quelques lignes datées du 19 septembre 1895 où celle-ci affirmait qu’elle n’écrirait plus ; c’était le jour de la mort de son mari, Joseph Bernier. Il y a bien une vieille Française qui l’avait contactée pour lui promettre un inédit, sans donner suite. Son voyage en France pour ce colloque sera en fait le premier de Janet hors de son pays.

Déjanire Mulot y communiquera un point de vue d’historienne. Quand elle avait lu pour sa thèse sur la maternité (grossesse, accouchement, petite enfance) Devenir mère, « un recueil de réflexions et de conseils » signé d’un pseudonyme, Déjanire ignorait que c’était Ann H. qui l’avait écrit. Cela complétait ses recherches basées sur plus de deux mille témoignages de mères de famille (de 1875 à 1924) réunies par un médecin parisien. Dans le train, elle avait découvert, à sa grande surprise, que la première des Nouvelles Héroïdes d’Ann H. s’intitulait « Déjanire ».

Au manoir Hellbrown, Lili, une étudiante, s’affaire aux préparatifs : elle a toute la confiance de la propriétaire, elle connaît le passé et les moindres recoins de l’hôtel. Bernard Grabant aussi se repose sur elle pour l’intendance, il l’imagine amoureuse de lui. Les imprévus d’un colloque l’inquiètent (cet inédit ?) et en même temps, il est impatient de rencontrer la spécialiste californienne, lui qui rêve de s’exiler pour échapper à ses parents.

Le poème éponyme de Verlaine est la première annexe insérée entre deux séquences du roman – « Dans le vieux parc solitaire et glacé, / Deux spectres ont évoqué le passé » – où de petites intrigues sentimentales se nouent.  Les autres annexes, en italiques, semblent de la plume d’Ann H. Il y a des secrets dans la vie de cette romancière, et peut-être dans celle de certains intervenants et auditeurs du colloque. Les quatre jours dans ce manoir réserveront-ils des surprises ? des réponses ?

Lu jusqu’au bout dans l’attente d’éclaircissements, Colloque sentimental manque de peps, à mon goût. Il me semble que les Anglo-Saxons mettent plus de vie et d’humour dans la représentation de ces échanges entre universitaires. Julie Wolkenstein avance lentement ses pions. « Ses romans, au-delà de leur diversité de ton et de cadre, ont en commun de mettre en scène des enquêtes : ses personnages fouillent documents et souvenirs, découvrant ou reconstruisant un récit lacunaire, entraînant le lecteur vers ce mystère autour duquel l’intrigue est tissée. » (Pascale Roux)

Commentaires

  • Je lis, et abandonne de plus en plus souvent, des romans parfaitement construits, techniquement sans reproche, mais qui ne touchent pas, manquent de ce que tu appelles peps. Leurs auteurs viennent souvent d'ateliers d'écriture ai-je remarqué, et moi me laissent indifférente, voire je m'ennuie et passe à autre chose.
    C'est le cas ici tu penses?

  • L'autrice enseigne à l'université, je ne sais pas grand-chose d'elle. Un titre mal choisi, à mon avis, la référence au poème de Verlaine me semble plaquée et les sentiments plutôt maigres. Il y a tout de même des pistes qui m'ont retenue...
    Contrairement au livre que je viens de lâcher ce matin, bien que primé (sujet verbe complément, énumérations...). Oui, passons.

  • (quel est donc ce livre primé sur le mode sujet verbe complément?)
    Et j'avoue avoir été plus enthousiaste (j'aime beaucoup l'auteure)
    https://enlisantenvoyageant.blogspot.com/2023/10/colloque-sentimental.html

  • C'est justement pour cela que j'ai mis ton billet en lien, au dernier paragraphe. (Pour le livre lâché, comme à mon habitude, je ne le citerai pas ici, où je partage uniquement les lectures appréciées un peu, beaucoup ou passionnément ;-).

  • Si je me réfère aux billets lus ici et là, ses lives sont un peu inégaux. Je ne l'ai pas encore abordée. Je voudrais en lire un qui se passe partiellement dans un château de ma région que je connais : https://bibliobs.nouvelobs.com/critique/20170901.OBS4101/julie-wolkenstein-sur-la-piste-du-film-disparu-d-eric-rohmer.html

  • Un lieu que l'on connaît, un bon cinéaste, voilà des incitants à cette lecture, en effet.

  • Je n'ai encore pas lu l'auteur mais je l'ai souvent vu passer dans la blogosphère et j'ai noté quelques titres présents dans ma médiathèque (pas celui-ci il n'y est pas). J'aime bien me faire ma propre opinion mais je reconnais qu'en ce moment je n'ai pas envie de m'ennuyer dans mes lectures...en tous les cas merci pour ton ressenti.

  • Merci à toi. Cette lecture-ci ne fait pas partie des indispensables, sans être inintéressante, tu l'auras compris.

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