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Bernard van Orley

Bernard van Orley. Bruxelles et la Renaissance est sans conteste une des expositions à voir au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles (Bozar), dans le cadre de l’année Bruegel. C’est la « toute première exposition monographique consacrée à Bernard van Orley, figure-clé de la Renaissance durant laquelle Bruegel a grandi et a été formé. » Ses œuvres venues des quatre coins du monde ont été créées à Bruxelles où ce peintre de la cour était à la tête d’un grand atelier surchargé de commandes : tableaux religieux et portraits, tapisseries et vitraux.

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Bernard van Orley & atelier bruxellois inconnu, La légende de Notre-Dame du Sablon :
la statue de la Vierge accueillie en grande pompe à Bruxelles
, détail, MRBAB, Bruxelles

Dès le début de l’exposition, une magnifique tapisserie en laine et soie, La légende de Notre-Dame du Sablon : la statue de la Vierge accueillie en grande pompe à Bruxelles (1516-1518), illustre la qualité renommée des tapisseries de Bruxelles. Très coûteuses, ce sont des œuvres de prestige. « Seuls les maîtres-peintres sont autorisés à les concevoir. » (Guide du visiteur)

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Bernard van Orley & atelier Pannemaker, Passion carrée : La Crucifixion,
1518-1520, détail, Patrimonio nacional, Madrid 

Des églises, des confréries de tout le pays commandent des sujets religieux à Bernard van Orley (1487/88-1541). On voit dès ses premières huiles l’influence italienne par l’importance donnée au cadre architectural et aux ornements. En 1518, Marguerite d’Autriche, gouvernante des Pays-Bas méridionaux, l’engage et lui commande, en plus des peintures, des tapisseries « d’un raffinement extrême ». En laine et soie, fils d’or et d’argent.

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Bernard van Orley & atelier Pannemaker, Passion carrée : Le Portement de Croix
et Le Christ au jardin des oliviers, détail, 1522, Patrimonio nacional, Madrid 

La Passion carrée désigne une série de quatre, La Crucifixion et La Déposition en 1518, Le Portement de Croix et Le Christ au jardin des oliviers en 1522. Le style de van Orley évolue, en quelques années, vers une composition simplifiée, des figures plus monumentales, plus dynamiques. J’ai été éblouie par la qualité de ces tapisseries, les couleurs et les nuances, l’expression des visages. C’est très beau. Des gravures de Dürer témoignent des contacts entre les deux peintres qui s’influencent l’un l’autre.

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Atelier de Bernard van Orley, Sainte Famille, détail, après 1520, MRBAB, Bruxelles

De grands retables sur des sujets religieux voire historiques – L’adoubement de saint Martin par l’Empereur Constantin ou Charlemagne déposant les reliques de la Passion à Aix-la-Chapelle – voisinent avec des tableaux de petit format, des « œuvres de dévotion ». Avant d’admirer une Sainte Famille du Louvre, où l’enfant Jésus dévoile un sein maternel, j’ai aimé celle attribuée à l’atelier de van Orley, avec ce Jésus joufflu tirant la barbe de Joseph.

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Bernard van Orley, Polyptique de Job et Lazare, 1521, MRBAB, Bruxelles

Le Guide du visiteur présente le grand Polyptique de Job et Lazare comme un remarquable mélange de tradition flamande, pour le paysage et la division en plusieurs épisodes, et de Renaissance italienne pour l’architecture et le sens dramatique. Un chef-d’œuvre de la maturité. Il faut tourner autour des retables pour admirer aussi les peintures à l’arrière des volets.

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Bernard van Orley & atelier Dermoyen, Bruxelles, Les Chasses de Charles-Quint,
Mars 
(détail) et Septembre, Le Louvre, Paris

Et puis voici les superbes tapisseries conçues pour Charles-Quint : douze scènes de chasse, une par mois – Les Chasses de Charles-Quint font 73 mètres de longueur au total ! Le Louvre, qui possède la série complète (sous le titre de « Chasses de Maximilien ») a prêté celle du mois de Mars et celle du mois de Septembre. La première montre Charles-Quint en rouge sur son cheval devant un magnifique panorama de Bruxelles où on reconnaît entre autres la flèche de l’Hôtel de ville.

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Bernard van Orley & atelier Dermoyen, Bruxelles, La bataille de Pavie.
Le camp français et la fuite des civils
, 1525-1531, (détail),
Museo et Real Bosco di Capodimonte, Napoli

Une évocation très réaliste de La bataille de Pavie (série de sept tapisseries, Naples) leur fait face. Le grand format de ces tapisseries permet d’y intégrer un luxe de détails sur lesquels l’œil s’attarde : personnages et animaux, arbres et plantes, montures, armes, bâtiments, costumes, visages… La composition, les couleurs, la finesse, quel art ! Les peintures préparatoires sont exposées sous verre dans la salle.

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D'après Bernard van Orley, Portrait de Marguerite d’Autriche, après 1518,
Musées Royaux des Beaux-Arts de Belgique, Bruxelles
Lire "un bref aperçu de sa vie agitée, entre pouvoir et tragédie" sur le site de Bozar

Deux versions du portrait de Marguerite d’Autriche, celui de son neveu Charles-Quint à quinze ans, les commanditaires de Bernard van Orley, sont présentés avec quelques autres dans la salle suivante. Ces portraits officiels ont été diffusés et copiés à grande échelle et dans divers médias. De quoi attirer vers le peintre de cour et vers son atelier les commandes de notables de l’entourage des souverains.

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Bernard van Orley, Portrait de Charles-Quint, après 1516,
Musée du monastère royal de Brou, Bourg-en-Bresse

Dans les années 1530, le peintre participe encore à la création d’une série de tapisseries sur un thème biblique, la vie de Jacob, avec l’atelier de Guillaume De Kempeneer à Bruxelles. Dans La répartition du bétail entre Jacob et Laban, à nouveau, on admire aussi les scènes annexes dans le bas, dans le haut, sur les côtés : les moutons, les enfants, une paysanne assise près de son panier, les bordures fleuries…

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Bernard van Orley & atelier Kempeneere, Bruxelles, Histoire de Jacob :
La répartition du bétail entre Jacob et Laban
, 1530-1534 (détails)

Œuvres tardives, œuvres d’atelier, vitraux brièvement évoqués (notamment avec une saisissante tête d’assassin de la cathédrale de Bruxelles), l’univers de Bernard van Orley est lié à sa ville devenue à cette époque « siège de la cour et capitale par excellence des Habsbourg » (Guide du visiteur). Les services du patrimoine bruxellois proposent pour la circonstance un guide et un itinéraire pédestre pour suivre les traces de l’artiste dans Bruxelles au XVIe siècle.

Commentaires

  • Toute cette splendeur bourguignonne des anciens Pays-Bas ressuscitée , avec les souvenirs de la Dame de Brou et son artiste Van Orley , , Charles Quint , étranges et romanesques destins d'enfants ducaux entourés d'un luxe inouï , que la vie n'a pas épargnés pour autant ! Quel patrimoine possède ici Bruxelles !

  • C'est splendide, en effet.
    Merci pour cet enthousiasme, Béatrice.

  • Je possédais une ancienne copie (mais faite sur un métier mécanique) de deux des panneaux des chasses de Maximilien. Hélas, c'était si grand qu'on ne pouvait plus les mettre que dans une cage d'escalier... et je les ai vendues à un antiquaire allemand...

  • Oh, oh, ce devait être impressionnant ! Des oeuvres de château, à tout le moins.

  • Quelles merveilles!
    J'ai vu au Prado beaucoup de tapisseries flamandes, les sujets étaient assez semblables, mais je n'avais jamais rencontré le nom de Bernard van Orley.
    Merci pour ce billet si abondamment illustré!
    Bonne journée Tania, enfin sous la pluie ici!!! (

  • Je ne me souviens pas des tapisseries du Prado, trop éblouie sans doute par Vélasquez, Zurbaran et autres peintres merveilleux.
    Contente de la pluie pour votre île qui en avait besoin. Ici une alternance d'éclaircies et de giboulées. Bonne fin de journée, Colo.

  • Je suis un néophyte des tableaux et particulièrement, ceux relatifs aux saints, églises et tutti quanti, mais j'en suis bien impressionné, par ta présentation de cette exposition.
    Merci Tania

  • Il y a beaucoup plus de peintures religieuses que de tapisseries en fait, ce sont celles-ci qui m'ont le plus impressionnée.

  • C'est une expo épatante ! La qualité des oeuvres, la finesse des détails, leur magnifique état de conservation valent vraiment le coup d'oeil. Il me faut avouer que je n'avais jamais entendu le nom de Bernard Van Orley avant de voir l'expo...

  • Tout à fait d'accord, Anne. Pour moi, van Orley n'était qu'un nom et l'expo m'a fait découvrir l'artiste.

  • Je retiens que les tapisseries des chasses de Maximilien sont au Louvre .. à prévoir pour une future visite. Elles ont l'air superbes.

  • Plus que l'air ;-). Bonne journée, Aifelle.

  • merci de nous faire profiter de cette expo
    j'aime bien le portrait de charles Quint, non que j'aime particulièrement le personnage mais après avoir lu le livre d'Amélie de Bourbon Parme : le secret de l'empereur j'ai une certaine empathie pour ce roi

  • Tant de responsabilités à porter si jeune ! (Tu peux comparer ce portrait avec celui à 7 ans sur Wikipedia.)

  • Merci Tania pour ton article ! Tes photos étant très nettes, elles supportent bien l'agrandissement sur l'ordi et m'ont permis la découverte d'une foule de détails. Je suis éblouie par la finesse des visages de Marie et des femmes au pied de la croix dans "la Passion carrée", leurs expressions, la qualité de ces œuvres prestigieuses. Ces supports grandeur nature sont stupéfiants !
    Encore Merci pour ton partage ! Bises à toi.

  • Heureuse que ces gros plans te permettent d'apprécier la finesse de ces tapisseries, Claudie. Je suis contente de ce petit appareil qui permet de prendre de bonnes photos sans flash. Bonne soirée, bises.

  • de van orley je connaissais les portraits de marguerite d'autriche et charles quint, et cela ne me tentait guère pour l'expo - mais je change d'avis après ton billet, car il y a bien d'autres choses très intéressantes que je pense que j'aimerai - merci Tania

  • Extra. Il ne me reste qu'à te souhaiter une bonne visite de cette exposition, très bien présentée, tu verras.

  • Bonne visite, prends ton temps. Bises.

  • L'art de la tapisserie est incroyable, comment peut-on tisser autant de détails, c'est un grand mystère. Je vais faire une recherche à ce sujet, pour mieux comprendre, merci Tania de m'en donner l'occasion. Quelle chance d'avoir autour de toi autant d'expositions si prestigieuses ! Bises printanières et douce fin de journée. brigitte

  • C'est un art auquel je me suis peu intéressée jusqu'à présent, mais à cette exposition, j'ai vraiment ressenti un choc esthétique devant ces grandes tapisseries. Merci, Brigitte. Les éclaircies se font plus présentes ici, le printemps tant attendu arrive. Bises.

  • Quelle merveille que ces tapisseries, un art que j'aime beaucoup. Quelle précision dans le trait et quelle douceur dans les teintes. Une exposition rare je trouve. Merci à toi de l'avoir partagée avec nous.

  • Quelle merveille que la conservation de ces couleurs, de cette fraîcheur ! Avec plaisir, Annie.

  • En y repensant, as-tu jamais visité à Malines le grand atelier spécialisé dans la restauration de tapisseries anciennes? Je sais que , par exemple, les tapisseries du Prado et de beaucoup d'endroits d' Europe y sont envoyés. Ma soeur l'avais visité...impressionnant avait-elle dit.

  • J'ai vu un reportage sur la Manufacture Royale De Wit à Malines, mais je ne l'ai jamais visitée. Merci pour ce rappel.

  • Merci Tania pour ce compte-rendu si détaillé. Comment procèdes-tu? Tu prends des notes en visitant? Tu photographies les panneaux explicatifs? Tu achètes le catalogue? Tu cherches sur Internet? J'admire chaque fois tes comptes-rendus de visites d'exposition.

  • Souvent je prends des notes, et beaucoup de photos quand c'est autorisé (cartels, panneaux). Bozar a le grand mérite d'offrir à l'entrée de l'exposition un Guide du Visiteur qui reprend le parcours salle par salle.
    J'achète parfois le catalogue, ça dépend du sujet et du prix. Une fois mon brouillon terminé, j'ai grand plaisir à chercher sur la Toile des informations complémentaires, mais seulement après, pour rester fidèle à mes propres impressions. Merci pour ton appréciation !

  • Formidable exposition et qu'est-ce que ça doit être beau de voir les tapisseries en vrai.Tu as une démarche très intéressante et respectueuse qui nous fait apprécier tes visites d'expositions.
    Bientôt l'exposition Bruegel non? J'attends de voir.

  • C'est une très belle exposition. Merci à toi.

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