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exposition

  • Robe installation

    Taulignan robe installation.jpg« Réalisée à partir de papier de récupération, cette installation interroge la mémoire, la Trace et la Transformation. Ces anciens papiers d’emballage voués à disparaître deviennent ici matière vivante.
    Au dos de la robe, une lettre de la marquise à sa fille est écrite, alors, le vêtement devient page, peau et archive. L’écriture se mêle à la matière brouillant la frontière entre corps et langage.

    Taulignan robe.jpgLa plume monumentale qui surgit de son buste symbolise l’acte d’écrire, la pensée en mouvement.
    Dans sa poitrine, une lumière évoque « le cœur n’a pas de rides ». Entre déchet et mémoire, cette robe installation propose une réflexion sur ce qui demeure.
    Les mots, les Traces, et l’art redonnent corps à ce qui n’est plus. »

    Cristina Tallone, « Le cœur n’a pas de rides », mars 2026

    Exposition La marquise sinvite au musée,
    Musée de la Soie, Taulignan > 20.12 2026

  • Au Musée de la Soie

    A chacun de nos séjours dans la Drôme provençale, nous nous disions : s’il pleut, nous irons visiter le Musée de la Soie à Taulignan. Cette fois, nous y sommes allés – c’est un musée à voir par tous les temps, bien sûr. En plus de tout ce qu’on y découvre sur l’élevage des vers à soie et la fabrication de la plus raffinée des étoffes, le musée (à 7 km du château de Grignan) présentait une belle exposition tout au long du parcours : « La marquise s’invite au musée », onze artistes inspirés par les lettres de Mme de Sévigné, née il y a 400 ans. A voir jusqu’en décembre.

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    Près d’une vitrine contenant des cocons, le directeur du musée a commencé par nous expliquer l’élevage du ver à soie, nourri de feuilles de mûrier blanc quatre fois par jour. Son cocon produira un fil d’environ 1500 mètres. Puis il a présenté le musée, constitué à partir d’une collection privée, et résumé l’histoire de la soie à Taulignan depuis le XVIIIe siècle : « La commune devient l’un des fleurons de la production de fil de soie, avec plus de 3000 employés qui seront hébergés dans les usines pensionnats au fil des années » (site du musée).

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    Un petit film explique les origines, le développement et le déclin de l’industrie soyeuse. Toutes les étapes – sériciculture, filature, moulinage et tissage – sont illustrées concrètement : photographies d’époque, panneaux didactiques et machines anciennes qu’on peut même actionner en poussant sur un bouton. Les amateurs de technique et de patrimoine trouvent leur bonheur au Musée de la Soie et les amateurs d’art aussi à travers lexposition.

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    "La jeune Marie au coeur du Marais vibrant" © Cristina Barr

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    Les artistes étaient invités non seulement à s’inspirer de la correspondance de Marie de Rabutin-Chantal mais à écrire un commentaire  à la main. Carole Gourrat, qui « pense être autant peintre qu’illustratrice » présente L’île-femme où la distance entre la silhouette sur la rive et la femme-île symbolise l’éloignement entre Mme de Sévigné et sa fille, d’où sont nés leurs échanges épistolaires, et Jardin à la française où la « robe-panier » de la marquise, à la fois tonnelle ou cage vide, rend hommage à « la Plume » de l’époque de Louis XIV, entourée des oiseaux si présents alors à Versailles.

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    "L'île-femme" © Carole Gourrat

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    "Jardin à la française" © Carole Gourrat

    Après une magnifique chasuble de la fin du XIXe siècle (Lyon) où se répète le motif des trois anges, une broderie d’une grande finesse (soie, fil, métal, lampas, lancé) on découvre  à l’étage des œuvres contemporaines très diverses. Le peintre August Aupalt propose Shot Sévigné, icône du XVIIe siècle, d’après Shot Marilyns d’Andy Warhol en 1964.

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    Détail d'une chasuble "aux trois anges" (fin XIXe)

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    "Shot Sévigné" ©  August Aupalt

    Christine Eynard, plasticienne, met en valeur le fil de l’écriture dans un ensemble de textes écrits sur du papier cristal, notamment à propos de la correspondance entre la marquise et son cousin Bussy-Rabutin, leur « rabutinage ». Dernier paragraphe des « Broderies sur le cousinage » : « Des extraits de ces correspondances écrits sur papier cristal, montés sur tulle et rehaussés de broderies composent cette installation, avec en fond la présence discrète de madame de Sévigné, fine observatrice de son temps. »

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    "Broderies sur le cousinage" © Christine Eynard

    On découvre la machinerie de la soie, de plus en plus sophistiquée avec le temps. Plus loin, une grande vitrine montre des portraits, des robes dont un ensemble de mariée en soie moirée, des souliers d’élégantes. Le long du mur, d’autres vitrines présentent les ingrédients naturels qui servaient à colorer la soie en rouge, en violet, en bleu, en jaune…

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    Deux belles pièces à la fin du parcours : du sol au plafond, un velours de soie qu’on a envie de caresser, offert par un donateur ; « Le paradis de la soie », un superbe patchwork réalisé par Danielle Bernier, autre don au musée de Taulignan.

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    "Le paradis de la soie", patchwork réalisé par Danielle Bernier

    Près des dernières marches, des listes intéressantes pour qui s’intéresse aux textiles : les descriptions de quelques tissus soyeux (pongé, mousseline, twill, satin, crêpe de soie) et des gammes de couleurs avec un échantillon en regard. Découvrir le nom d’une couleur a toujours été un plaisir pour moi, voici « colombe » suivi de « praline », « Biarritz » et « Lido », « Cyclamen » et « Chartreuse »…

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    Vue de Taulignan © Chadam Communication – DDP

    Outre le Musée de la Soie, Taulignan vaut la visite pour ses remparts – il reste onze tours de l’enceinte, dont les deux de la belle porte fortifiée – et ses nombreuses maisons anciennes. Il faudra y retourner pour se balader aussi sur le Chemin de la soie, un itinéraire en pleine nature.

  • Delvaux et Giron

    Robert Giron RC (31) Couple dans la rue détail.jpgPaul Delvaux et Robert Giron, histoire d’affinités électives (extrait) :

    « Dès 1921, ils volent de leurs propres ailes, poursuivant leur apprentissage en autodidactes. En 1925, ils exposent de concert à la Galerie Brekpot, une première occasion de montrer  publiquement leurs travaux en duo.

    Sur le plan plastique, le point de convergence entre les œuvres des deux artistes en herbe est à trouver dans la représentation de la figure humaine. Les huiles produites de la fin des années 1920 par les deux compères révèlent des thématiques communes auxquelles s’appliquent des traitements similaires.

    Delvaux Le Couple détail.jpgAinsi, ils auront à cœur de traiter le Couple selon un modèle plusieurs fois répété, s’inscrivant dans une veine expressionniste : l’homme à la peau mate se présente vêtu d’un costume sombre tandis que la femme à la peau claire et parée d’un habit éclatant se tient à son bras ou l’enlace. D’autres compositions font la part belle à l’attroupement de figures. Les deux artistes se plaisent à mêler un foisonnement de personnages qui s’échelonnent sur les différents plans de la toile et vont jusqu’à saturer l’image de leurs présences. »

    Camille Brasseur,
    Directrice de la Fondation Paul Delvaux

    Robert Giron, peintre et promoteur de l’art
    (B
    rochure illustrée disponible en ligne.)

    A droite : © Robert Giron, Couple dans la rue (détail), huile sur toile, 100 x 80 cm, s.d.
    A gauche : © Paul Delvaux, Le Couple (détail), huile sur toile, 154 x 110 cm. Collection privée en dépôt au Musée Paul Delvaux de St Idesbald

  • Robert Giron, XXe

    « Robert Giron, l’heure de la révélation » : l’article de Gwennaëlle Gribaumont dans Arts Libre et ses deux illustrations m’ont donné envie de découvrir ce peintre dont l’exposition vient de s’achever au Centre d’Art de Rouge-Cloître. Je ne connaissais pas ce peintre méconnu. Pourtant Robert Giron (1897-1967) était l’ami de Paul Delvaux, ils ont exposé ensemble. Au début des années 1930, il a rejoint son père et son cousin à la tête du Palais des Beaux-Arts de Bruxelles, dont il est devenu le directeur des expositions en 1933 et un « infatigable promoteur de l’art ». Sa peinture est alors passée au second plan.

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    © Robert Giron, Autoportrait, huile sur panneau, 88,5 x 68,5 cm, s.d.

    Robert Giron peint avant tout la figure humaine, comme ce Couple au café (1923) qui donne déjà des indications sur son univers pictural : des couleurs chaudes, des tons de terre, des personnages représentés à mi-corps, des visages stylisés, distants – une peinture d’ambiance, devant d’autres figures esquissées à l’arrière-plan. Idem pour Agents de change à la bourse de Bruxelles. De la même année encore, un beau Portrait d’enfant très expressif, sur un carton bombé.

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    © Robert Giron, Couple au café (détail), huile sur carton, 77,5 x 73 cm, 1923

    La qualité du dessin et l’art du cadrage se révèlent dans ses eaux-fortes. Femme au chapeau dans la rue n’est pas datée ; c’est le plus souvent le cas pour les œuvres exposées, issues de collections privées. On y observe la volonté moderniste de l’artiste qui n’hésite pas à peindre dans une veine plus burlesque (Le clown et le chat) ou à présenter des figures dans une composition plus abstraite (Deux femmes, dénudées debout).

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    © Robert Giron, Femme au chapeau dans la rue, eau-forte sur papier, 16 x 12 cm, s.d.

    Le Nu allongé (1929) choisi pour l’affiche représente de dos une femme blonde étendue sur un tissu blanc, entre deux figures qui font face au spectateur : devant elle, un homme brun en pull à col roulé ; derrière, une autre femme aux épaules nues, cheveux foncés et peau verdâtre, qui brandit un tissu plissé – pour couvrir ou découvrir celle qui est couchée ?

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    Dans les œuvres exposées, seules des femmes sont nues, si j’ai bien vu, même dans les groupes habillés. La nudité féminine semble pour Robert Giron le lieu d’exploration de toute la gamme du rose chair (Nus sur les rochers), du plus clair au rose sanguin (Nu rose), en passant par le rose orangé très doux de Nue aux rideaux (1927).

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    © Robert Giron, Nue aux rideaux, huile sur papier marouflé sur toile, 100 x 80 cm, 1927

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    © Robert Giron, Nue entourée de trois figures, huile sur toile, 110 x 80 cm, s.d.

    A l’étage, Nue entourée de trois figures montre à l’avant d’un groupe, devant un bois, une jeune fille qui baigne dans la lumière, une scène énigmatique. Encore plus onirique, Apparition m’a paru symboliser cette place singulière que le peintre octroie au nu féminin, même si c’est moins marqué que chez Paul Delvaux : un homme en veste sombre et chapeau y aperçoit une femme nue, telle une nymphe, dans une diagonale lumineuse qui contraste avec ce qui l’entoure.

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    © Robert Giron, Apparition, huile sur toile, 35 x 50 cm, 1923

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    © Robert Giron, Etudes de nu, fusain sur papier, 29 x 19 cm, s.d.

    Un magnifique ensemble de dessins au fusain, Etudes de nu, montre cette attention de l’artiste à la lumière et aux ombres, au rendu des volumes. J’ai beaucoup aimé aussi Yvonne endormie à l’aquarelle, un délicat portrait de sa femme. On la retrouve à la fin du parcours d’exposition sur un Portrait de la famille Giron par Magritte (1943) ; celui-ci fréquentait déjà Giron et Delvaux à l’Académie royale des Beaux-Arts de Bruxelles.

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    © Robert Giron, Yvonne Giron endormie, aquarelle sur papier, 34,5 x 26,5 cm, s.d.

    Leurs familles étaient amies, comme le montrent aussi un beau Delvaux de 1980, une épreuve d’artiste, dédiée « très affectueusement » à Françoise et Bernard, le fils de Robert Giron ; et une carte de vœux avec un dessin de Paul Delvaux à l’encre, « Tam et Paul vous souhaitent 365 jours heureux ».

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    © Robert Giron, Couple, elle en jaune endormie (détail), huile sur toile, 130 x 100 cm; s.d.

    « "Un artiste dont le pays s’enorgueillirait." C’est en ces termes que l’écrivain belge Jean Tousseul saluait Robert Giron (1897-1967), après l’avoir rencontré dans son atelier. […] Il faut le reconnaître et le dire simplement : pour beaucoup d’entre nous, Robert Giron est une pure découverte. Et quel délice, la rare joie des premières fois, de constater que l’histoire de l’art nous réserve encore de telles surprises. On croyait la cartographie de la modernité belge connue, balisée par ses figures consacrées et ses récits dominants. Et voici que cette œuvre surgit, dense, sensuelle, troublante, à la fois familière par ses résonances et unique par sa manière d’inquiéter le regard. » (Gwennaëlle Gribaumont, La Libre Belgique, 10/6/2026)

  • Brique

    Othoniel : « La brique est un symbole universel existant dans de nombreuses cultures, un dénominateur commun, tout comme la perle. Ce module me permet de réaliser des œuvres entre sculpture et architecture. »
    (Chambre nord : Inde)

    Othoniel à la Villa Empain (35) Precious Stonewall.jpg
    Othoniel, Precious Stonewall, 2025,
    verre indien miroité émeraude et bleu

    « Plus tard, les Precious Stonewall, ces blocs de briques abstraits accrochés au mur, sont venus conforter la mémoire des événements de la rébellion de Stonewall, en 1969, qui a donné naissance à la première gay pride, à New York. »
    (Salle d’escrime : New York)

    Source : Othoniel, Diary of Happiness, Guide du visiteur, Villa Empain > 4/10/2026