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Sortir

fernandez,sois un monde à toi-même,essai sur la solitude,littérature française,essai,solitude,art,création,tiepolo,seurat,kiefer,culture« Paradis pour quelques-uns, la solitude est une punition pour la majorité. Le désir impérieux de communiquer ses émotions, d’échanger ses soucis et ses joies, de partager ses idées, entraîne les gens dans une agitation incessante. Ils attendent des autres ce qu’ils sont incapables de trouver en eux. Aller au café, au restaurant, au théâtre, au cinéma, répond à ce besoin de « sortir », sortir à tout prix, s’évader de ce qu’on est par peur de n’y trouver que du vide. Jouit de la solitude celui à qui elle apporte la tranquillité de l’âme, la paix intérieure. Souffre de la solitude celui qui a besoin d’amitié et d’amour et s’en voit privé par quelque fatalité injuste. La plupart des humains se croient abandonnés lorsqu’ils n’ont ni proches à qui se confier, ni amis, ni enfants ; c’est la douleur de l’isolement, lequel n’est pas du tout la même chose que la solitude. Peu nombreux sont les hommes qui prêtent à celle-ci une vertu philosophique. »

Dominique Fernandez, Sois un monde à toi-même. Essai sur la solitude

Georges Lemmen (1865-1916), Dame lisant

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