« Il rayonne d’une grâce stupéfiante tempérée par un regard légèrement fuyant, comme si la conscience de sa beauté l’intimidait face au photographe. Lequel a dû être payé par un autre que lui, à en juger par la dédicace manuscrite en bas du passe-partout : « Gratiniano Obando a su querido amigo concolega E.H., como recuerdo de amistad. Freiberg 2.XII.1856. » Dès lors, à qui s’adresse ce regard indéchiffrable sinon au commanditaire de la photo qui l’offre à son « cher ami et condisciple comme souvenir d’amitié » ? Et qui est ce Gratiniano Obando ?
Edmond, ici, est glabre, la lèvre supérieure à peine ombrée. Son attitude est détendue, presque nonchalante. Assis sur un socle bas, jambes écartées, les avant-bras sur les cuisses, il est vêtu d’un costume coupé dans une matière sombre et légèrement brillante. La veste, proche du corps, est allégée par un grand col à rabats et des manches froncées aux poignets. Son élégance mélancolique me fait penser à Gaspard Ulliel, comédien et égérie de la maison Dior, mort prématurément lui aussi. Même grâce dépourvue d’arrogance, même regard rêveur. »
Caroline Lamarche, Le Bel Obscur

Commentaires
La comparaison avec Gaspard Ulliel est fort juste. J'avais rendu un court hommage à ce jeune acteur que j'aimais beaucoup. J'avais cité ce très bel hommage de François Morel
c'est injuste de mourir à 37 ans . (je ne sais pas inclure les liens).
Bonjour, Zoë. J'ai retrouvé et relu votre hommage à Gaspard Ulliel, à la fin de ce billet de janvier 2022 : https://zolucider.blogspot.com/2022/01/reconnaitre-son-propre-desir.html
Merci Tania