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Location privée

Pfeijffer Grand-Hotel-Europa.jpg« […] la location de logements privés par des particuliers via Airbnb constitue un sérieux problème, tant pour les habitants que pour l’administration municipale. Cela cause un nombre inacceptable de désagréments aux riverains, il n’y a pas à polémiquer là-dessus. Lorsque la maison de vos voisins, toute l’année durant, été comme hiver, abrite de joyeux vacanciers qui traînent leurs valises à roulettes dans l’escalier et ne tiennent compte de rien d’autre que leur propre plaisir, vous avez un problème. Ces nuisances se traduisent en outre par une hausse exorbitante des prix de l’immobilier. Si un modeste bien au centre-ville peut rapporter de l’or en barre, les petits malins sautent sur l’occasion, avec pour corollaire qu’un logement en centre-ville, pour celui qui voudrait juste y vivre, est devenu inabordable. Résultat des courses, les Amstellodamois qui vivent encore ici tirent leurs marrons du feu, s’empressent d’empocher la plus-value de leur habitation, tournent le dos aux nuisances et à la ville, et c’est une maison de plus qui tombe définitivement aux mains du business du tourisme, devenant inaccessible en qualité de logement. Avec pour conséquence ultime un dépeuplement de la ville. Mais vous vivez à Venise. Vous connaissez ça par cœur. 
Pfeijffer 10 18.jpgEn outre, la location privée constitue une concurrence déloyale vis-à-vis des hôtels. Vous pourriez objecter que c’est le problème des hôtels, mais je me devrais de vous corriger vivement. Pour ces hôtels, nous avons élaboré une kyrielle de permis, de normes anti-incendie, de règles d’hygiène, etc., et nous ne l’avons pas fait par sadisme ou parce que nous voulions pourrir la vie des hôteliers. Il y a de bonnes raisons à toutes ces règles qui, en fin de compte, servent à protéger le consommateur et les riverains. La location privée se soustrait à ces règles et peut donc pratiquer des tarifs inférieurs à ceux des hôtels.
[...] L’argent ne va pas dans la poche des honnêtes citoyens qui ont une chambre d’amis. On estime que près des deux tiers des logements proposés à la location via Airbnb appartiennent à des multipropriétaires. L’argent va dans la poche des truands de l’immobilier et d’Airbnb lui-même. »

Ilja Leonard Pfeijffer, Grand Hotel Europa

Commentaires

  • Mon coin n'est pas encore impacté à ce point, mais louer à l'année devient déjà compliqué... Et certains vacanciers semblent ignorer que des gens habitent là toute l'année...
    En France les lois vont sans doute changer.

  • Il vaut mieux que les règlementations prennent les devants pour éviter ce problème. Un ami qui habite dans le centre de Bruxelles a dû faire de très gros frais d'isolation sonore pour ne plus souffrir de ces nuisances dans l'immeuble mitoyen.

  • Les municipalités commencent tout juste à se saisir du problème alors que les ravages sont déjà bien avancés. Les clients ont aussi des questions à se poser sur leur utilisation de cette plateforme alors que l'on en connaît les dégâts.

  • Tout à fait d'accord, Aifelle.

  • C'est très bien vu et joliment écrit. J'aime la couverture , ce jeune homme me parait un peu perdu, en pleine réflexion... Merci Tania des bises du soir. brigitte

  • Tout le roman n'est pas dans cette veine critique, ce passage montre que les propos sont bien argumentés. Merci, Brigitte, bonne soirée.

  • Une commentatrice annonce en France des changements, mais moi, j'ai une très grande maison à la campagne et je loue aux beaux jours une partie indépendante; ça met du beurre dans les épinards, et je n'ai pas de souci majeur. A la campagne, les airBNB rendent vraiment service car il n'y a pas d'hôtels abordables. Je rentre d'Arles, j'avais un studio airBNB et j'étais contente!! Mais bon, c'est un pamphlet, et il y a du vrai sûrement dans certains coins...

  • À la campagne, les effets sont limités, j'imagine (moins de monde, plus de distances), par rapport aux nuisances occasionnées dans les villes. Et il y a des locataires plus respectueux du voisinage que d'autres. Vaste débat.

  • Je ne doute pas cependant qu’un étudiant ou un jeune qui commence à travailler aurait bien besoin de se loger à l’année dans ce studio.

  • Je ne doute pas cependant qu’un étudiant ou un jeune qui commence à travailler aurait bien besoin de se loger à l’année dans ce studio.

  • Désolée pour le doublon, Azerty. Le commentaire met parfois du temps à apparaître. Des logements qui ne sont plus disponibles à la location à long terme, c'est un des effets pervers de ces locations éphémères.

  • Un extrait édifiant et qui me parle beaucoup car même en campagne ce n'est pas rose. Nous avons connu des locations saisonnières dans le petit hameau où j'habite en Provence et je t'assure que je m'en souviens encore. La veille du baccalauréat de mon fils ainé j'avais été obligé de sortir en pleine de nuit en disant que j'allais prévenir la gendarmerie. J'y suis allée le lendemain parce que les épreuves durent comme tu le sais plusieurs jours, les gens en avaient vraiment rien à faire ils avaient payé leur semaine de vacances et comptaient bien en profiter.... Maintenant heureusement le propriétaire loue à l'année, et les voisins sont adorables, ils recherchent la tranquillité et surtout on communique. C'est important...et je ne te parle pas des prix des loyers, mes deux fils ont du quitter la région pour pouvoir enfin s'installer chez eux, les prix des locations sont indécents...mais voilà du coup je ne les vois presque plus, tout ça à cause du tourisme :)

  • Profit pour les uns, profiter pour les autres, tu décris bien les dégâts collatéraux.

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