Dernières lignes des Essais de Montaigne :
« Les plus belles vies sont, à mon avis, celles qui se conforment au modèle commun et humain, avec ordre, mais sans rien d’extraordinaire et sans s’écarter [de ce modèle]. [Je dirai] maintenant que la vieillesse a quelque peu besoin d’être traitée plus tendrement.
Recommandons-la au dieu protecteur de la santé et de la sagesse* – mais une sagesse gaie et sociable :
Frui paratis et valido mihi,
Latoe, dones, et precor, integra
Cum mente, nec turpem senectam
Degere, nec cythara carentem.**
[Accorde-moi, ô fils de Latone, de jouir avec une santé robuste des biens que j’ai acquis et, je t’en prie, avec des facultés intellectuelles intactes ; fais que ma vieillesse ne soit pas déshonorante et qu’elle puisse encore toucher la lyre.]
* Apollon / ** Horace, Odes, I, 31, v.17-20.
Anonyme, Portrait de Montaigne, vers 1590.