23 août. Matin d’orage. Grande lessive sur la ville. Ce jour d’été charrie des montagnes de nuages chargés d’éclairs, les verveines déplumées par les grêlons ont renversé sur la table de jardin leurs étoiles rouges. Où êtes-vous, couleurs lumineuses des fleurs d’été, ciels d’azur, jeux des formes ? En voici, en voilà.
Symphonie en jaune et mauve des lotiers, des orchis et des trèfles, cadeau inattendu sur le bord d’un chemin. Danseuse étoile, la centaurée des montagnes.
Le jaune est la couleur de l’été. Une fleur-soleil irradie. Dans un bouquet des prés, le jaune réchauffe les marguerites, éclate en bouton d’or, mousse sur les gaillets. Un tournesol à table, joliment présenté, vous met l’été à la bouche.
Rose et bleu aiment faire alliance. Epilobes et lupins s’élancent à la conquête du vert. Toujours sur la défensive, un cirse laineux tend vers le ciel ses soies pourpres.
Voilà, voici. Des éclairs encore, signatures vives, éphémères. Sur la terrasse, un ballet d’eau s’improvise, les gouttes sautillent, dessinent des arceaux. Quand le ciel aura changé d’humeur, j’irai voir où l’épeire diadème va tendre à nouveau ses fils, tracer ses lignes, prendre sa place sur la toile.






