« Je suis une adepte du micromanagement. Je commence avec la première phrase d’un roman, et je finis avec la dernière. L’idée ne me viendrait jamais de choisir entre trois dénouements différents, car je ne sais pas comment s’achève mon roman avant d’arriver à la fin – ce qui ne surprendra pas mes lecteurs.

© Michaël Borremans The House of Opportunity (Im Rhönlandshaft) 2004
Stedelijk Museum voor Actuele Kunst, Ghent Courtesy Zeno X Gallery Antwerp
Les adeptes du macroplanning ont déjà pour ainsi dire achevé la construction de leur maison dès le premier jour ; ainsi, leur obsession est interne : ils changent sans cesse le mobilier de place. Ils mettront une chaise dans la chambre, dans le salon, dans la cuisine, puis à nouveau dans la chambre. Les adeptes du micromanagement construisent leur maison étage par étage, discrètement et dans sa globalité. Chaque étage doit être solide, entièrement décoré, avec tout le mobilier bien en place avant de procéder à l’étage suivant. Il y a du papier peint sur les murs du couloir, même si les escaliers ne mènent nulle part. »
Zadie Smith, Mille fois sur le métier (Changer d’avis)