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oedipe sur la route

  • La vague

     Lire & relire Bauchau / 1 

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    Camille Claudel, La Vague 

    « Le lendemain, Clios travaille aux raccords entre les parties de la vague qui s’élèvent et celles qui déferlent. Œdipe sculpte le corps du troisième rameur. Antigone est frappée par la mesure, la légèreté de ses gestes. Rien de comparable à la violence, à la fureur des coups de celui qui a contraint la vague à plier. Elle voit que des cheveux gris commencent à parsemer sa belle chevelure fauve. Il tourne vers elle son visage aux yeux bandés et sur ses lèvres apparaît le sourire qui lui gagnait autrefois tous les cœurs. Elle dit : « Je vous retarde. » Il répond : « Tu as le temps. » Elle sent qu’il lui ouvre ainsi, malgré l’automne qui est là et l’hiver qui approche, un immense espace de temps. Qu’il lui signifie qu’elle ne doit surtout pas se hâter. Elle s’installe en face des contours qu’elle a tracés pour le pilote, elle est effrayée un instant par l’ampleur de ce qui reste à faire. Puisqu’il lui a donné le temps, elle contemple la pierre, elle se recueille en elle, elle y appuie son visage, la parcourt de ses mains. Une masse de calme est sous son front, elle s’en inspire et la fait très doucement descendre dans tout son corps. Elle commence. Au milieu du jour, le pied, la cheville et la jambe sont esquissés. »

    Henry Bauchau, Œdipe sur la route (Actes Sud, 1990)