« L’été 1904, Klimt peignit Rosiers sous les arbres, tableau réalisé en cadrage serré, sans horizon, déferlement pointilliste dans lequel les rosiers prennent un aspect anthropomorphe. Les paysages composent un chapitre relativement confidentiel de l’œuvre de Klimt. Ce n’est pas à eux qu’on pense en premier lieu lorsqu’on évoque le peintre, sans doute parce qu’ils sont moins spectaculaires que ses grandes réalisations agrémentées de feuilles d’or. »

Gustav Klimt, Rosiers sous les arbres, vers 1905 © Musée d’Orsay, Dist. RMN-Grand Palais / Patrice Schmidt
« Mais pour Klimt, les paysages ne sont pas uniquement des formes, ce sont aussi des sentiments ou des idées. Ainsi, peut-on dire que le rosier est pour la végétation ce que l’or est pour la matière, ou l’âme pour le corps ; un mystère qui se tient hors du temps, le signe d’un au-delà éternel ou le vecteur d’une mélancolie (car le rosier ne dure guère) qui n’exclut pas la sérénité. En tournant son regard vers la terre, Klimt contemplait le ciel. Et ses paysages constituaient des étapes non sur le chemin de la simple représentation (qu’importe le beau !), mais sur celui, primordial, qui consiste à voir. »
Serge Sanchez, Klimt