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Egaré

Tolstoï Le Journal d'un fou.jpg« Je m’étais égaré. La maison, les chasseurs, tout était loin, et le silence seul à l’entour. Transpirant, fatigué, je ne savais que faire. M’arrêter, c’était m’exposer à mourir de froid. Marcher ? Je n’avais plus de forces. Nulle réponse à mes appels. Tout autour, c’était la forêt, sans points de direction. Je m’arrêtai et, atterré, je sentis que l’atroce inquiétude d’Arzamas et de Moscou, mais cent fois plus forte, revenait. Le cœur battant, grelottant de tout le corps, j’attendais quelque chose. Etait-ce la mort ? Pourquoi ? Je n’en veux pas ! et comme à Moscou, j’allais encore questionner Dieu, quand je sentis nettement que je ne devais pas le faire, qu’il ne fallait pas compter sur lui, qu’il avait dit tout ce qu’il fallait et que moi seul étais coupable. »

Léon Tolstoï, Les mémoires d’un fou

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