« La plupart du temps, Simone arrivait à le détourner vers l’appentis du jardinier. L’endroit qu’il préférait. Il retrouvait toujours au-dessus du chambranle l’endroit où le jardinier cachait la clé. Lorsqu’il ouvrait la porte,
il disait d’un air mystérieux : « Il faut que tu sentes maintenant. »
Ils respiraient tous deux cette odeur de terreau, d’engrais et d’oignons de fleurs, qui remplissait la petite baraque. Puis il fallait que Simone s’asseye à côté de lui sur une caisse à claire-voie. Alors, après quelques secondes, il plongeait dans un autre temps qui, à en juger par l’expression de son visage, avait dû être plus heureux. »
Martin Suter, Small world
